Des communes sans racines

Comme Boischampré, certaines nouvelles communes ont tout effacé de l’histoire des anciennes communes, en se cantonnant à des noms géographiques sans âme (vallée, lac,…)

La commune de Val-en-Vignes, créée en 2017 dans les Deux-Sèvres, fait tellement dans l’originalité qu’elle prend quasiment le même nom que s’était donné en 2016 la nouvelle commune de Val-des-Vignes, en Charente.

Que penser du nom d’Eole-en-Beauce, qui efface et remplace en 2016 quelques communes d’Eure-et-Loir ?

Et Bourgvallées, dans la Manche ?

Et Entrelacs, en Savoie ?

Les-Premiers-Sapins, dans le Doubs ?

La palme du ridicule revient probablement en 2016 à Capavenir-Vosges. Capavenir-Vosges, c’est un nom de commune ? On dirait le nom d’un contrat d’assurance-vie d’une banque régionale ou d’un magasin d’électroménager des années 60 ! D’autres, comme les conseillers municipaux FN de Thaon-les-Vosges (une des communes fusionnées), y voient1 « un nom de centre commercial sans âme qui nous fait perdre notre identité ». Il est probable que ceux qui ont choisi ce nom ringard et sans âme pensaient probablement être à la pointe de la modernité……

Où sont donc passées la fierté, l’estime de soi de ces villageois qui acceptent sans broncher que disparaissent les noms de leurs communes, héritage de dizaines de générations de paysans et d’artisans, remplacés par des noms qui évoquent des marques de lessive ou de yaourt, voire des noms de compagnies d’assurance ?

.

1- Tribune libre dans le bulletin municipal de Capavenir-Vosges d’avril 2016.

Déchristianisation toponymique

Ces dernières années, beaucoup de communes se sont regroupées en France, notamment sous la menace de sanctions financières de l’Etat.

Les noms des nouvelles communes sont parfois déconnectés de leur histoire et de leurs racines ; j’ai déjà évoqué la commune nouvelle de Boischampré1.

Mais une autre conséquence de ces regroupement, volontaire ou non, a aussi été la disparition de beaucoup de toponymes chrétiens.

Dans le tableau suivant, j’ai établi quelques statistiques à ce sujet. L’expression « communes regroupées » désigne les anciennes communes ; l’expression « communes nouvelles » désigne les communes obtenues par regroupement des anciennes. Ainsi, si l’on prend l’année 2015, 89 communes ont disparu (113 moins 24).

Années

2015

2016

2017

Total 2015-2017

Communes nouvelles

24

325

182

531

Communes regroupées

113

1111

576

1800

Nombre de noms de communes comportant une référence chrétienne supprimés

30

155

79

264

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom ne comporte pas de référence chrétienne

11

102

55

168

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

4

29

18

51

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont aucune n’avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

0

2

1

3

Si l’on examine l’année 2015, 24 communes regroupées ont été créées. Ces regroupements ont conduit à la disparition de 30 communes ayant un nom religieux, qui sont détaillées ci-après (pour chaque nouvelle commune, ne sont inscrites ensuite que les communes supprimées comportant une référence chrétienne).

La commune nouvelle de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-du-Genêt, de Saint-Philbert-en-Mauges et de Villedieu-la-Blouère.

La commune nouvelle de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Rousselin, de Sainte-Christine, de Saint-Georges-des-Gardes et de Saint-Lézin.

La commune nouvelle de Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Saint-Florent, de Saint-Florent-le-Vieil, de Saint-Laurent-de-la-Plaine et de Saint-Laurent-du-Mottay.

La commune nouvelle de Montrevault-sur-Èvre (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Pierre-Montlimart, de Saint-Quentin-en-Mauges, de Saint-Rémy-en-Mauges et de la Salle-et-Chapelle-Aubry.

La commune nouvelle d’Orée d’Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-la-Couperie, de Saint-Laurent-des-Autels et de Saint-Sauveur-de-Landemont.

La commune nouvelle de Sèvremoine (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-André-de-la-Marche, de Saint-Crespin-sur-Moine, de Saint-Germain-sur-Moine et de Saint-Macaire-en-Mauges.

La commune nouvelle de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Aubin-de-Luigné et de Saint-Lambert-du-Lattay.

La commune nouvelle de Boischampré (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-le-Jajolet et de Saint-Loyer-des-Champs.

La commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Cornier-des-Landes et de Saint-Jean-des-Bois.

La commune nouvelle de Vaugneray (Rhône) a fait disparaître la commune de Saint-Laurent-de-Vaux.

La commune nouvelle de Villeneuve-en-Perseigne (Sarthe) a fait disparaître la commune de Saint-Rigomer-des-Bois.

Vu le nombre de communes concernées en 2016 et 2017, il serait fastidieux d’en dresser ici une liste exhaustive (voir chiffres dans le tableau précédent).

Sur 3 ans, de 2015 à 2017, 264 communes au nom comportant une référence chrétienne ont disparu. Sur cette période, 168 nouvelles communes, qui regroupaient des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, ont été créées avec un nom qui ne comporte pas de référence chrétienne.

Cette disparition de toponymes chrétiens n’est pas systématiquement voulue.

D’abord, le regroupement implique nécessairement des disparitions de communes et de toponymes.

Ensuite, le choix logique de désignation du nouveau nom impliquait parfois que la commune nouvelle ne comporte pas ce type de références.

Prenons l’exemple de Chemillé-en-Anjou, obtenue par le regroupement de 12 communes en 2015 ; en 2013, Chemillé avait déjà été fusionnée avec la commune de Melay. Le tableau ci-après donne la population des 13 communes.

Commune

Population (2013)

Chanzeaux

1177

La Chapelle-Rousselin

778

Chemillé

8822

Cossé-d’Anjou

430

La Jumellière

1419

Melay

1608

Neuvy-en-Mauges

802

Sainte-Christine

813

Saint-Georges-des-Gardes

1616

Saint-Lézin

777

La-Salle-de-Vihiers

1036

La Tourlandry

1344

Valanjou

2290

Au vu de la population de chaque commune initiale, il n’est pas illogique que la commune nouvelle s’appelle Chemillé.

Il y a en revanche des cas où, bien que toutes les communes comportaient une référence chrétienne, la commune nouvelle n’en comporte plus. Par exemple, en 2015, la création de la commune de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) par regroupement de 2 communes : Saint-Aubin-de-Luigné et Saint-Lambert-du-Lattay. En 2016, dans le Lot, les communes de Saint-Cernin et Saint-Martin-de-Vers ont été regroupées sous le nom des-Pechs-du-Vers ; en Lozère, les communes de Saint-Andéol-de-Clerguemort et de Saint-Frézal-de-Ventalon ont été regroupées sous le nom de Ventalon-en-Cevennes ; toujours en Lozère, les communes de Saint-Julien-d’Arpaon et de Saint-Laurent-de-Trèves ont été regroupées sous le nom de Cans-et-Cevennes ; dans l’Yonne, les communes de Saint-Aubin-Château-Neuf et de Saint-Martin-sur-Ocre ont été regroupées sous le nom du-Val-d’Ocre.

Dans 3 rares cas cependant, la nouvelle commune a pris un nom comportant une référence chrétienne, alors que ce n’était le cas d’aucune commune initiale : il s’agit de Saint-Augustin (Pas-de-Calais) et de Saint-Martin-de-l’If (Seine-Maritime) créées en 2016, et de Saint-Martin-la-Pallu (Vienne) créée en 2017. Saint-Augustin a été créée par le regroupement de Clarques et de Rebecques ; son nom aurait été choisi en référence à l’abbaye Saint-Augustin, qui fut en activité du XIIème siècle jusqu’à la Révolution, et dont les possessions s’étendaient sur les deux communes.

.

1- Voir chronique du 10 juin 2015 : « Boischampré ».

9000

Si mes calculs sont exacts, le 9000ème numéro du quotidien Présent sera celui de samedi prochain.

Depuis son premier numéro en 1982, ce quotidien national et catholique a réussi à paraître sans interruption depuis plus de 35 ans.

9000 numéros ; et quasiment aucune citation dans les journaux du système, ni sur les radios et télévisions dominantes, en particulier les radios et télévisions d’Etat.

Jamais cité dans les revues de presse.

En 9000 numéros, le quotidien n’aurait donc pas publié quelques rares articles dignes d’être cités ? Aucune analyse pertinente ? Aucun commentaire intéressant ?

Tous ces journalistes du système qui se disent libres, indépendants, courageux, rebelles, respectueux du pluralisme, n’osent pas citer ce quotidien, même pas pour réfuter ses analyses !

La date la plus terrible du siècle précédent

Il y a 100 ans, le 7 novembre 1917, le coup d’Etat bolchevique en Russie, appelé « révolution d’octobre », marquait le début de la mise en pratique d’une idéologie meurtrière. Si un siècle plus tard une très grande partie des pays asservis s’est libérée, il reste malheureusement encore quelques pays à souffrir du communisme.

Pour la commémoration de ce centenaire, les télévisions ont été très discrètes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Un siècle de massacres communistes, il y avait quand même de quoi diffuser quelques documentaires……. Et rien là-dessus. Rien……

Dominant et majoritaire

Il y a un an ou deux, j’ai souvent entendu dans les médias le discours suivant, à l’encontre des conservateurs, des nationaux, des identitaires ou des souverainistes, comme par exemple Eric Zemmour ; on les accusait de se « victimiser », de se prétendre victime d’un « discours dominant », d’un politiquement correct, alors que leurs livres se vendaient extrêmement bien, et qu’ils étaient massivement soutenus par la population, et que c’étaient donc eux le « discours dominant ».

J’avais prévu de rédiger quelques lignes pour expliquer que le fait que des idées soient massivement partagées et soutenues dans le pays était différent du fait que les médias étaient soumis aux idées contraires, et qu’il était assez malhonnête pour des gens du « système » de se prétendre contre le « système », de se prétendre mal-aimés par le « système », sous prétexte que leurs livres se vendent mal ou qu’ils ne sont pas aimés par la population, alors qu’ils sont précisément le « système ».

Mais Eric Zemmour m’avait devancé, et expliqué çà avant moi, et probablement mieux que je ne saurais le faire. J’avais en conséquence décidé de renoncer à mon projet, et de le remplacer par les explications de Zemmour.

Ce que je vais donc faire aujourd’hui, certes avec grand retard. Mais les idées et mises au point intéressantes restent intéressantes, même quelques années plus tard.

En février 2016, Eric Zemmour et Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste, débattaient sur BFMTV. La présentatrice commence par comparer les ventes du dernier livre de Zemmour (plus de 500.000 exemplaires pour « Le suicide français1« ) et de celui de Cambadélis (moins de 500 exemplaires), puis explique que Cambadélis évoque la « zemmourisation de la société française » et considère qu’Eric Zemmour et le « bloc réactionnaire » ont gagné la bataille des idées.

Eric Zemmour explique ensuite :

« Monsieur Cambadélis distingue, et fait semblant de confondre, parce qu’en fait il sait bien que ce n’est pas la même chose, idéologie majoritaire et idéologie dominante. L’idéologie dominante, c’est l’idéologie des élites, c’est-à-dire des politiques, des médias, des patrons, qui est diffusée largement et qui domine la société. Et cette idéologie dominante (…), elle est née dans les années 50-60 dans la tête de grands intellectuels français, les Foucault, Deleuze et compagnie, elle est passée par les universités américaines, les fameux campus des années 60, et elle a un principe : la déconstruction. C’est-à-dire que rien n’est naturel, rien n’existe, tout est une construction artificielle, sociale ; tout peut donc être déconstruit ; c’est-à-dire qu’il n’y a plus de nation, il n’y a plus de famille, il n’y a plus rien ; et même le sexe n’existe pas ; çà, c’est l’idéologie de la gauche depuis les années 60, çà c’est l’idéologie dominante. Maintenant, (…) il y a une idéologie majoritaire, c’est-à-dire que la majorité du peuple est en révolte contre votre idéologie dominante, et quand elle achète mon livre, c’est une manière de se révolter contre votre idéologie dominante qui domine dans les médias, dans les cercles politiques, dans les cercles universitaires, dans les cercles patronaux. C’est çà la différence ».

.

1- Voir chronique du 3 mai 2015 : « Eric Zemmour : le suicide français ».

Superbe nom pour une voiture

Il y a quelques mois, j’ai vu des publicités télévisées pour une nouvelle voiture, de marque Audi me semble-t-il. Cette voiture, c’est l’e-tron ; apparemment, personne chez Audi France n’avait un vocabulaire suffisamment développé en français pour réaliser que c’était un nom un peu bizarre.

En tous cas, même plus besoin de se fatiguer pour chercher des jeux de mots. Audi nous propose une voiture dont il suffit de prononcer le nom pour provoquer l’hilarité…..

Viande de luxe

Dans les grandes surfaces commerciales, il est d’usage de mettre des antivols sur certains produits : les vêtements par exemple. Les petites boîtes de lames de rasoir sont quant à elles mises dans des boîtes en plastique transparent très rigide, dans lesquelles un dispositif antivol est incorporé ; lors du passage en caisse pour le paiement, la caissière enlève l’antivol. La raison de ce traitement particulier est sans doute que les lames de rasoir sont à la fois chères, et dans un petit paquet, donc facile à dissimuler, ce qui en fait apparemment un objet de convoitise pour les voleurs.

Cet été pour la première fois, dans le supermarché dans lequel je faisais mes courses à Wasquehal près de Lille, j’ai vu que la viande de bœuf était désormais dans des boîtes antivol du même type que pour les lames de rasoir, mais évidemment en plus grand.

C’est à des petits détails comme çà qu’on voit que la situation s’améliore en France…..