L’élection des gouverneurs américains

 

39 sièges de gouverneurs étaient en jeu ce 4 novembre 2014: 36 gouverneurs d’Etats et 3 gouverneurs de territoires associés. Je ne parlerai ici que des gouverneurs d’Etats.

A l’issue des élections, 31 gouverneurs d’Etats sont républicains, 18 sont démocrates et le gouverneur de l’Alaska est indépendant. Les démocrates ont eu une perte nette de 3 Etats, et les républicains un gain net de 2 Etats.

En Pennsylvanie, le gouverneur républicain sortant est battu par le candidat démocrate.

Les républicains prennent 4 Etats aux démocrates (Arkansas, Illinois, Maryland et Massachusetts).

Le gouverneur républicain sortant de l’Alaska est battu par un candidat indépendant (un candidat dissident républicain s’étant allié avec les démocrates).

Ces élections sont importantes dans la perspective de l’élection présidentielle de 2016, où les grands électeurs sont élus par Etats; à l’exception du Maine et du Nebraska (à ce jour), le candidat qui arrivera en tête dans un Etat remportera tous les grands électeurs de l’Etat. Même si elle est à relativiser, ces élections des gouverneurs donnent une première indication. Globalement, les républicains se consolident dans le sud et le centre du pays, tandis que les démocrates conservent leurs bastions des Etats de la côte Est et de la côte Ouest.

Les démocrates ont notamment conservé la Californie (59% des voix) et l’Etat de New York (54%).

Les républicains ont notamment conservé l’Alabama (64% des voix), l’Iowa (59%), le Nebraska (58%), le Nevada (71%), le Nouveau Mexique (57%), l’Ohio (64%), l’Oklahoma (56%), la Caroline du Sud (56%), le Dakota du Sud (70%), le Tennessee (70%), le Texas (59%) et le Wyoming (62%).

Il faut rappeler que la Californie est l’Etat qui élit le plus grand nombre de grands électeurs (55 sur 538).

Le gouverneur républicain de Floride est réélu avec 48% des voix, contre 47% à son concurrent démocrate. Rappelons qu’à l’élection présidentielle de 2012, le candidat démocrate Barack Obama avait gagné les 29 grands électeurs de la Floride en obtenant 50,01% des voix dans cet Etat, contre 49,13% à son concurrent  républicain Mitt Romney. Vu le faible écart, nul doute que la Floride est déjà au cœur des préoccupations des deux camps pour la présidentielle de 2016.

 

 

 

La Chambre des représentants 2014

 

La Chambre des représentants des Etats-Unis était entièrement renouvelée le 4 novembre. Le mandat des représentants est de 2 ans. La chambre des représentants comprend 435 sièges depuis 1912.

La Chambre sortante était à majorité républicaine (234 républicains contre 201 démocrates). Les républicains conservent le contrôle de la chambre et augmentent leur majorité. 5 sièges ne sont pas encore officiellement attribués. 430 circonscriptions ont actuellement des résultats définitifs: les élus sont répartis à 244 pour les républicains et 186 pour les démocrates; soit pour l’instant un gain de 10 sièges pour les républicains.

Les années Obama ont été l’occasion de succès historiques pour les républicains à la Chambre. On ne saisit pas au premier abord le caractère historique de ces résultats pour les républicains; après tout, ils obtiennent 244 sièges, donc à peine plus que les 234 obtenus en 2012, ou que les 242 obtenus en 2010.

Il faut comprendre que la Chambre, depuis les années 1930, a souvent été à majorité démocrate. Les républicains y sont majoritaires depuis 2010, et y ont été majoritaires de 1994 à 2006, soit 12 ans. Pendant les 62 années entre 1932 et 1994, les démocrates y ont été majoritaires pendant 58 ans, en particulier sans discontinuité pendant 40 ans entre 1954 et 1994, y compris pendant les mandats du grand président républicain Ronald Reagan (1980-1988).

Les démocrates y ont été majoritaires, et avec quelle majorité! Par exemple, les démocrates avaient 257 sièges en 2008, 267 en 1990, 292 en 1974 et 1976; sans oublier en 1936 les 334 démocrates (contre 88 républicains et 13 d’autres partis).

Pour les républicains, les 244 sièges actuels sont un record historique; il faut remonter à 1946 pour trouver mieux (246 sièges). C’est donc un résultat historique. Rappelons que 5 sièges ne sont pas encore attribués; si les républicains en emportaient 3, ils auraient alors 247 sièges, et il faudrait remonter à 1928 pour trouver mieux (270 sièges).

 

 

Les républicains ont conquis le Sénat

 

Les élections américaines avaient lieu le 4 novembre. Difficile à croire pour un pays moderne, mais une semaine après, il n’y a toujours pas de résultat définitif.

Ce n’est apparemment que depuis hier, le 12 novembre, qu’on sait qui a gagné le poste de sénateur dans l’Alaska. Même si l’on n’a pas encore les pourcentages de voix partout, on a au moins un résultat définitif de l’élection pour le Sénat en nombre de sièges.

Le sénat comprend 100 sièges, c’est-à-dire 2 pour chacun des 50 Etats américains. Avant l’élection de ce mardi, il était composé de 45 sénateurs républicains, 53 démocrates et 2 « indépendants » (mais qui sont en fait du côté démocrate).

Les sénateurs ont un mandat de 6 ans, et le sénat est renouvelé par tiers, tous les 2 ans. 36 mandats de sénateurs sont renouvelés cette année: 33 élus seront du groupe 2 (2014-2020); 3 correspondent à des élections partielles du groupe 3 (2010-2016).

Les trois élections partielles avaient lieu à Hawaï, dans l’Oklahoma et en Caroline du Sud; les deux sièges de sénateurs étaient donc renouvelés dans les Etats de l’Oklahoma et de Caroline du Sud. A Hawaï, après la mort du sénateur démocrate en décembre 2012, le gouverneur démocrate de l’Etat désigna son lieutenant-gouverneur (démocrate lui aussi) comme sénateur intérimaire jusqu’aux élections de 2014. Dans l’Oklahoma, le sénateur républicain a annoncé son intention de démissionner à la fin de la 113ème législature le 3 janvier 2015, et son siège a donc été remis en jeu le 4 novembre. En Caroline du Sud, le sénateur républicain Jim DeMint démissionna en janvier 2013 et Madame le gouverneur républicain Nikki Haley désigna un « représentant » (député) républicain comme sénateur intérimaire jusqu’aux élections de 2014.

Sur les 36 sièges à renouveler cette année, 21 étaient détenus par les démocrates et 15 par les républicains.

35 sièges (sur 36) ont été attribués. Les démocrates ont obtenus 12 sièges et les républicains 23 sièges. Soit pour l’instant un gain global de 8 sièges pour les républicains. Les républicains n’ont pas perdu un seul siège, en ont conquis 8, et les démocrates en ont perdu 8. Les républicains ont conquis un siège de sénateur dans les Etats suivants: Alaska, Arkansas, Colorado, Iowa, Montana, Caroline du Nord, Dakota du Sud et Virginie occidentale.

Après ce gain de 8 sièges, le Sénat est donc maintenant constitué de 53 républicains et 46 démocrates (dont 2 « indépendants »).

Le siège manquant est le poste de sénateur de Louisiane. La loi électorale en vigueur dans cet Etat impose d’obtenir plus de 50% pour être élu. Aucun candidat n’ayant franchi ce seuil, un second tour sera organisé le 6 décembre. Il est probable, en tout cas mathématiquement, que les républicains gagneront un 9ème siège à cette date. En effet, la sénatrice démocrate sortante arrive en tête, mais n’obtient que 42% des voix; son concurrent républicain la suit avec 41%; 2 autres candidats républicains obtiennent 14% et 1%.

Notons l’élection particulièrement remarquée de 2 militaires républicains au Sénat. Galanterie oblige, nous commencerons par une sénatrice, le lieutenant-colonel Joni Ernst qui conquiert le siège de l’Iowa, précédemment démocrate, avec un score de 52%. Le capitaine Tom Cotton bat quant à lui le sénateur démocrate sortant de l’Arkansas; en 2012, il avait conquis le siège de « représentant » du 4ème district de l’Arkansas avec 59,5% des voix (alors que 2 ans plus tôt, le candidat démocrate avait été élu avec 57,5%); cette année, il a écrasé le sénateur démocrate sortant en obtenant 57% des voix.

Les républicains ont donc conquis le Sénat. Rappelons que la dernière fois qu’un Sénat républicain avait été élu, c’était en 2004; les républicains avaient perdu la majorité au Sénat en 2006.

 

 

 

Le Mur en chansons

 

Le mur de Berlin a inspiré quelques chansons.

Parmi les chanteurs du Mur, le plus important est évidemment Jean-Pax Méfret.

Certes, il faut d’abord citer « le soir du 9 novembre » (1999):

« C’était le soir du 9 novembre

Un peuple entier se libérait

Près de 40 ans à attendre

Pour passer de l’autre côté. »

Mais cette chanson n’est pas la meilleure de Jean-Pax Méfret sur le mur de Berlin. En revanche, deux autres de ses chansons sont les plus importantes de la discographie française sur le Mur: « Véronika » et « Professeur Muller ».

Véronika:

« Elle avait des cheveux blond fou, Véronika

Des yeux bleus tristes et un air doux, Véronika

A Berlin-Est, elle balayait les allées.

Elle a voulu s’évader.

Aujourd’hui, il ne reste rien de Véronika.

Un peu de terre, une petite croix de bois.

La rose rouge et l’œillet sont fânés

Près de ce mur droit,

Ce mur froid. »

Professeur Muller (1982):

« Derrière lui, le rideau de pierre,

Les miradors, les Vopos armés.

Les tilleuls ne forment plus la frontière;

Il y a un mur à Berlin, professeur Muller »

« Dans sa chambre, il oublie ses misères,

Sur son violon au bois usé.

Le vieil homme s’évade par la prière.

La nuit s’achève loin des barbelés »

Daniel Balavoine avait aussi interprété des chansons sur le mur de Berlin. Il avait sorti en 1977 un album: « les aventures de Simon et Guenther ». Les chansons racontent l’histoire de deux frères vivant à Berlin, de chaque côté du Mur; celui habitant Berlin-Est est tué lorsqu’il essaie de passer à l’Ouest. Chansons intéressantes, mais qui ne sont pas au niveau de celles de Jean-Pax Méfret, tant pour les paroles que pour la musique.

Mon pauvre Guenther (1977):

« C’est vrai, d’autres ont voulu s’envoler.

Je sais qu’ils ont été fusillés.

Mais j’aimerais mieux mourir libre,

Que mourir de vivre en prison. »

Lady Marlène (1977):

« A Berlin, tu sais, rien n’a changé.

C’est trop difficile de s’évader.

Les hommes en vert ont tiré. »

Pour terminer notre liste de chansons françaises, on citera enfin celle de Jean-Jacques Debout (accessoirement le mari de Chantal Goya) « Berlin » (1968):

« Qu’ils sont hauts les murs de Berlin,

Pour tous les enfants de Berlin.

Qu’ils sont hauts les murs qui s’élèvent,

Pour les enfants qui s’aiment. »

Dans la musique anglophone, on peut citer la chanson de David Bowie « heroes » (1977):

« I can remember

Standing by the wall

And the guards

Shout above our heads

And we kissed

As though nothing could fall

And the shame was on the other side

Oh we can beat them

For ever and ever

Then we can be heroes

Just for one day »

La même année, David Bowie sort une version française de sa chanson; on peut saluer l’effort de chanter en français, mais, artistiquement, la version anglaise est nettement préférable.

« Je me rappelle

Debout près du Mur,

Les gardes tirant

Au-delà de nous

Et je t’embrassais

Comme si rien ne tombait.

Et la honte était de l’autre côté.

Oh! Nous les vaincrons,

Nous les vaincrons à jamais

On pourra être héros

Pour juste une journée. »

David Bowie: "Heroes" en version française

 

Pour conclure, Pierre Bachelet avait en 1985 chanté « le no man’s land » (musique: Pierre Bachelet; paroles: Jean-Pierre Lang); cette superbe chanson ne parlait pas de Berlin, mais du rideau de fer en général.

« J’ai tenté de passer, cinquante mètres à faire.

J’ai entendu tirer, je suis tombé par terre.

J’ai la vie qui s’enfuit au milieu de ma chemise.

Mais que c’est beau la vie, même s’il y a des surprises.

Je regarde les nuages, j’aimerais être comme eux.

On ne tire pas au passage les flocons du ciel bleu.

Etendu sur le dos, je regarde une dernière fois.

Mais que le monde est beau, est beau autour de moi.

Et le soleil se levait

Sur le no man’s land. »

 

Victoire républicaine aux Etats-Unis

 

Mardi 4 novembre avaient lieu les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Les électeurs renouvelaient la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, les gouverneurs de certains Etats et participaient à des référendums.

Les républicains étaient déjà majoritaires à la Chambre des représentants. En revanche, le Sénat était majoritairement démocrate. A l’issue des élections de ce mardi, les républicains conservent le contrôle de la Chambre, et deviennent majoritaires au Sénat.

Cette victoire républicaine n’est pas un obstacle insurmontable pour Barack Obama; il faut rappeler que certains de ses prédécesseurs ont dû vivre avec un Congrès du bord opposé; mais çà va évidemment compliquer les deux dernières années du second mandat de sa présidence.

En revanche, les résultats de cette élection sont importants en vue de l’élection présidentielle de 2016. Certes, ces résultats ne garantissent pas une victoire républicaine en 2016; ils constituent néanmoins un immense encouragement pour eux. Les démocrates ont été désavoués; c’est évidemment le cas pour le président Obama; il semble que ce soit aussi le cas pour les Clinton, dont les soutiens n’ont pas assuré le succès de leurs obligés.

 

 

 

La danse à Cogolin

Le site internet du nouvel observateur a publié le 3 octobre une tribune d’une certaine Aude Mathis, professeur de danse orientale: « Le maire FN de Cogolin a interdit mon numéro de danse orientale : écœurant et intolérant ».

 Allons donc voir du côté de Cogolin. Cogolin est une petite ville du Var de 11.000 habitants, entre Toulon et Fréjus, près de Sainte-Maxime.

Les résultats des élections cogolinoises du 23 mars 2014 étaient les suivants:

  • FN: 39%
  • divers droite:27%
  • divers gauche: 19%
  • UMP: 15%

Au second tour, la liste du Front national, conduite par Marc-Etienne Lansade, remporte l’élection avec 53% des voix.

 Le week-end des 6 et 7 septembre 2014, était organisée la fête traditionnelle de Cogolin, appelée la fête du Coq. Et la municipalité semble donc avoir préféré les fifres et les tambourins pour sa traditionnelle fête provençale, plutôt que les danses orientales.

 Aude Mathis semble avoir ruminé près d’un mois son article dénonçant cette attitude écœurante et intolérante. J’ai sorti mon mouchoir pour pleurer avec Aude; « cette nouvelle m’a dévastée pendant plusieurs jours », nous confie-t-elle. Mais il y a pire: « le plus dur a été de l’annoncer à mes élèves ». J’ai dû sortir là un autre mouchoir, car « elles ont toutes été choquées ».

Mais j’ai vite rangé mes mouchoirs. Les élèves en question sont quand même des adultes; on aurait peut-être pu créer une cellule d’aide psychologique, pour pousser le ridicule jusqu’au bout.

J’ai vite rangé mon mouchoir, car on est très vite entré dans le délire socialo-désirien. Admirez d’abord le passage suivant: « Elles ont vite fait le rapprochement entre danse orientale et idées frontistes.  Elles ont toutes été choquées et n’ont pas compris pourquoi on interdisait leur spectacle. » Je cite ce passage sans ajout, ni retrait: je vous laisse apprécier la contradiction que notre professeur ne semble pas avoir notée: d’abord ses élèves ont tout compris, puis elles n’ont rien compris.

 Je vous résume la suite: interdire des danses orientales, c’est « une forme de racisme », c’est « une atteinte à l’art », c’est une atteinte à la liberté des femmes, un « manque de tolérance, une démarche totalement antirépublicaine ». Et pour finir, les débilités des années 80: « le métissage des cultures et des hommes, c’est cela la richesse de la France »; « ce qui fait la force la France c’est bien son multiculturalisme ». Mais ce que n’a pas compris notre professeur, c’est que nous ne sommes plus dans les années 80; vous vous souvenez, c’est à cette époque qu’on devait répéter, sous peine de se retrouver exclu, que l’immigration est une chance pour la France, et qu’il n’y a pas d’insécurité, mais juste un sentiment d’insécurité,…. Je ne connais pas précisément Cogolin, mais il y a fort à parier que cette dame est en train de faciliter grandement la réélection du maire FN avec son délire multiculturaliste.

Dans le quotidien Présent du 10 octobre, le maire de Cogolin répond. « Il s’agit en effet de la programmation d’une fête locale, une fête provençale s’il en est, la fête du Coq, qui fait la part belle à Cogolin et à ses racines. Ainsi, je n’ai pas laissé programmer un spectacle de danse orientale, mais je n’aurais pas davantage laissé programmer de spectacle de danse bretonne, basque ou norvégienne. »

Et Aude Mathis ne va pas s’arrêter la; elle prévoit de continuer à faire campagne pour le FN en décembre. A la fin de sa tribune, elle espère qu’il y aura des danses africaines et orientales au spectacle de Noel, car toutes les cultures ont le droit d’y être représentées. Et bien non, Madame. Je ne sais pas ce que prévoit la municipalité de Cogolin pour Noel. Peut-être privilégiera-t-elle les santons et les tambourins bien provençaux. Peut-être associera-t-elle des étrangers, comme les chrétiens d’Irak ou de Syrie. Mais il y a une chose dont je suis sûr: je ne reconnais pas de DROIT à toutes les cultures étrangères d’être présentes dans les fêtes de France. Et je pense que les Cogolinois pensent probablement la même chose……