Alliance entre la ligue et le M5S

Les élections du 4 mars 2018 n’ont donné de majorité absolue à aucun des trois blocs qui s’affrontaient1 en Italie.

Après des semaines de discussion, un gouvernement a été nommé le 1er juin, suite à l’établissement d’un accord entre la ligue et le M5S2.

Le premier ministre (président du conseil) est le professeur Giuseppe Conte, proche du M5S. Il est secondé par deux vice-présidents du conseil : Luigi Di Maio (dirigeant du M5S), également ministre du travail et Matteo Salvini (dirigeant de la ligue), également ministre de l’intérieur.

Les négociations entre le M5S et la ligue ont un temps semblé sans issue ; le M5S ne voulait pas du mouvement Forza Italia de Silvio Berlusconi dans la coalition ; de son côté, Matteo Salvini, le dirigeant de la ligue, restait loyal envers son allié de la coalition des droites, et refusait cette exigence du M5S. La situation s’est finalement débloquée quand Silvio Berlusconi a indiqué qu’il ne soutiendrait pas une coalition entre le M5S et la ligue, mais que la ligue avait la liberté de conclure une telle alliance.

Avec cette nouvelle coalition s’ouvre donc une nouvelle page de l’histoire italienne. Il est évidemment trop tôt pour savoir si cette alliance tiendra toute la durée de la législature, ou si des tensions entre les deux mouvements la fera éclater plus tôt.

En tous cas, aux prochaines élections législatives se posera la question de la pérennité de cette alliance. Restera-t-elle en vigueur pour ces futures élections ? Ou la ligue se représentera-t-elle dans le cadre de la coalition des droites ?

En effet, pour l’instant, cette coalition entre le M5S et la ligue peut faire figure d’arrangement temporaire, même si c’est pour quelques années. Car elle n’a pas remis en cause le principe de l’unité des droites dans le pays. En effet, la coalition des droites existe toujours au niveau local et régional ; elle n’a pas été remise en cause par la création de l’alliance gouvernementale. La ligue, Forza Italia et Frères d’Italie gèrent ensemble des communes et des régions.

Par exemple, la région du Frioul-Vénétie julienne a été conquise par l’alliance des droites en 2018 ; le nouveau président de la région, Massimiliano Fedriga, appartient à la ligue, et s’appuie sur une coalition comprenant notamment Forza Italia et Frères d’Italie.

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1- Voir chronique du 5 mai 2018 : « Quelle coalition pour l’Italie ? ».

2- M5S : movimento 5 stelle.

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