Etudiants en grève

Il n’y a pas que les trains qui sont en grève en ce moment, il y a aussi certains étudiants. Ils ne veulent pas travailler, mais veulent aussi empêcher les autres de travailler et de passer leurs examens.
Depuis longtemps, je trouve assez bizarre que des étudiants ou des lycéens puissent se considérer « en grève ».
En effet, un étudiant, un lycéen ne « travaille » pas ; comment pourrait-il être en grève ? Comment peut-il se considérer en grève ?
C’est très probablement la conséquence de la politique du tout-gratuit. En France, l’éducation est gratuite. Dans certaines régions, depuis quelques années, même les livres scolaires sont devenus gratuits, payés par les conseils régionaux.
Certains étudiants et lycéens ne perçoivent probablement même pas l’aspect ridicule des expressions « étudiant en grève » et « lycéen en grève ». Ils sont persuadés de travailler !
Etant donné que tout est gratuit, ils ne comprennent pas qu’ils ne « travaillent » pas ; ce sont les professeurs qui travaillent pour eux. Pour les instruire, les former, les aider à obtenir un diplôme. Normalement, ils devraient payer ; eux ou leurs parents. Ils devraient payer le salaire de ces enseignants, ils devraient payer la location et l’entretien des salles et du matériel d’instruction. Mais comme c’est l’argent des impôts qui finance çà à leur place, ils n’en ont même pas conscience.
D’ailleurs, pour renforcer encore ce sentiment, certaines collectivités locales ont même envisagé ou décidé de payer les élèves qui allaient en cours ! Le summum du ridicule, de la bêtise et de l’inversion des valeurs ; payer un élève pour qu’il aille à l’école !
Les étudiants et les lycéens en grève, c’est pourtant comme si l’Etat décidait que le pain et les brioches seraient désormais gratuits, c’est-dire que les boulangers seraient désormais payés directement par l’Etat avec l’argent des impôts, et que les clients décidaient de faire grève, et de ne pas aller chercher quotidiennement leur pain et leur brioche gratuits !
La vérité, c’est donc que si les étudiants et les lycéens veulent se mettre « en grève », on s’en fout ! Et l’Etat devrait aussi s’en foutre complètement. Si ces jeunes gens décident de ne pas bénéficier de l’instruction que les contribuables leur financent, tant pis pour eux, ou tant mieux pour eux ; on s’en fout !
Il y a en revanche deux problèmes que posent ces « grévistes », et que l’Etat doit correctement traiter.
Le premier est le blocage des établissements et des examens. Parce que les « grévistes » ne veulent pas aller en cours, ni passer les épreuves des examens, mais ils empêchent aussi les autres élèves d’aller en cours, et empêchent par la force la tenue des examens. L’Etat doit assurer le bon déroulement des examens.
Le second est la prétention des « grévistes » à ne pas passer leurs examens, et à se voir attribuer une note de 10/20, ou de 14/20, aux épreuves qu’ils auraient manquées. Il y a quelques mois, ou quelques années, cette notation avait reçu le soutien de certains professeurs ; en gros, l’argumentation était que le fait de participer à des luttes sociales était formateur. Pour l’instant, le président de la république Emmanuel Macron a indiqué que le rôle de l’Etat n’était pas d’attribuer des diplômes en chocolat. Si ce type de notation était néanmoins mis en œuvre, il me paraîtrait indispensable qu’une information adéquate soit ultérieurement mise en place. Avant d’être charcuté par un chirurgien, j’aimerais savoir s’il a eu son diplôme de médecine grâce à ses études universitaires, ou grâce à sa participation à des luttes sociales. Je parle ici de l’information des Français moyens ; parce que les syndicalistes et les professeurs favorables à ce genre de notation, qui nous imposeront par idéologie des professeurs, des architectes, des médecins ayant obtenu leur diplôme grâce à leur participation à des luttes sociales, sauront eux très probablement soigneusement éviter ces diplômés. Un peu comme ces admirateurs de l’hôpital public qui se font opérer dans des cliniques privées, ces défenseurs de l’immigration massive qui évitent cette « richesse » et cette diversité culturelles en habitant dans des quartiers clôturés et sécurisés, et ces défenseurs acharnés de l’école publique qui inscrivent leurs enfants dans des établissements privés.

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