Lagasnerie et le débat démocratique

Geoffroy de Lagasnerie, professeur, philosophe et sociologue, accordait le 5 octobre 2018 un entretien au nouveau magazine littéraire1.

Le « philosophe » s’était déjà distingué en 2014, avec l’« écrivain » Edouard Louis, en appelant2 au boycott de la 17ème édition des « rendez-vous de l’histoire » de Blois, parce que la conférence inaugurale devait être prononcée par Marcel Gauchet. Savoir que Marcel Gauchet, « ce militant de la réaction », allait parler, avait provoqué chez eux de la « stupéfaction », « et même un certain dégoût ». Et les deux démocrates de gauche de conclure : « Tout intellectuel ou écrivain soucieux de l’état de la pensée démocratique et de la pensée tout court devrait boycotter cet événement cette année ».

Cet entretien récent dans le nouveau magazine littéraire est donc l’occasion de connaître un peu mieux la pensée du sociologue Lagasnerie.

Et d’avoir une meilleure compréhension de la sociologie. Ou d’une certaine sociologie ?

Quelques passages de l’entretien sont édifiants.

Le but du sociologue semble clair : « Rendre infréquentables un certain nombre d’auteurs et de thèmes me paraît (…) la définition même d’une démarche progressiste ».

Au moins, c’est clair, et çà confirme sa position à propos de Blois. La sociologie et la démocratie servent à débattre et à discuter, mais seulement avec ceux qui pensent pareil.

Et quatre ans plus tard, il n’exprime d’ailleurs aucun regret pour son appel au boycott de Blois. « Non. Bien au contraire. J’aurais aimé être plus violent. La quantité de tolérance qu’il faut pour fréquenter de tels auteurs, pour supporter tout simplement de les côtoyer, de leur dire bonjour, de les citer, d’être assis à côté d’eux, de les faire exister, me paraît incroyable ».

C’est dur d’être sociologue de gauche ; dire bonjour à quelqu’un qui n’est pas de gauche, voire même qui n’est pas de gauche de la même façon, est un véritable calvaire…. Mais ce n’est pas de sa faute. « Ce n’est pas de ma faute si, quand j’entends quelqu’un de droite parler, je n’y comprends rien. Je n’y vois que des mensonges, des pulsions violentes maquillées en raisonnement, des mystifications, des absurdités ».

N’y a-t-il pas un peu de sectarisme dans tout çà ? « Si la droite voit cela comme du sectarisme, tant mieux, cela prouve qu’elle se vit comme faible et méprisée ».

Sans commentaires……

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1- Sur le site Internet du magazine.

2- Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis : « Pourquoi nous appelons à boycotter les rendez-vous de l’histoire de Blois », Libération, 30 juillet 2014 (site Internet).

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