Décès en Guyane

Le ministère de la Défense a indiqué que trois militaires français étaient morts accidentellement en Guyane le 17 juillet 2019. Ils appartenaient au 19ème régiment du génie de Besançon, et étaient en Guyane dans le cadre de l’opération Harpie. « Alors que les militaires s’apprêtaient à disposer des charges explosives pour détruire les installations souterraines des orpailleurs, huit d’entre-eux ont été victimes d’un accident au fond d’une galerie. Immédiatement évacués et pris en charge par les premiers secours, trois militaires sont décédés », indique le site Internet du ministère de la Défense.

Les trois militaires sont le sergent-chef Edgar Roellinger, né en 1992 à Toulon, spécialisé dans le déminage, envoyé en 2014 au Mali, et en 2016 à Djibouti et en Ouganda au sein d’un détachement d’instruction ; le caporal-chef Cédric Guyot, né en 1987 à Marseille, envoyé en 2008 au Kosovo, en 2010 au Liban, en 2012 en Afghanistan, en 2014 au Tchad, en 2016 à Djibouti ; le caporal-chef Mickaël Vandeville, né en 1988 à Villiers-le-Bel, envoyé en Afghanistan en 2011, au Mali en 2013, à Djibouti en 2016.

D’après la presse, les militaires auraient été victimes d’émanations toxiques dans une galerie.

L’opération Harpie a commencé en Guyane en 2008 ; son but est de lutter contre les chercheurs d’or illégaux. En janvier 2019, le ministère de la Défense indiquait que l’opération Harpie avait permis en 2018 « la destruction de 765 sites d’orpaillage illégal, de 4 449 carbets, 215 puits et 51 galeries, ainsi que du matériel nécessaire aux orpailleurs tels que 82 concasseurs, 758 tables de levée et 401 motopompes. 110 quads, 205 armes, 120 kilos de mercure et 5 kilos d’or ont également été saisis ».

Plusieurs militaires français sont déjà morts dans le cadre de l’opération Harpie, soit accidentellement, soit directement du fait des orpailleurs ; en juillet 2010 notamment, le fantassin Julien Giffard du 1er régiment d’infanterie, âgé de 25 ans, dans une pirogue volontairement percutée par une embarcation clandestine, tombait à l’eau sous l’impact (son corps fut retrouvé 4 jours plus tard) ; en juin 2012, lors de combats avec les orpailleurs, étaient tués par balle deux militaires du 9ème régiment d’infanterie de marine, l’adjudant Stéphane Moralia et le caporal-chef Sébastien Pissot.

Identité et Démocratie

Suite aux dernières élections européennes, les groupes parlementaires européens se sont recomposés, en particulier pour les droites nationales, par rapport à la situation de la précédente législature1.

Le groupe ELDD (Europe de la Liberté et de la Démocratie directe) n’existe plus. Il était essentiellement formé autour du UKIP britannique de Nigel Farage et du M5S italien. Nigel Farage est revenu en force au parlement européen avec son nouveau parti du Brexit, mais la seule priorité de ce parti étant désormais le Brexit, Nigel Farage ne semble pas s’être impliqué dans la reconstitution d’un groupe parlementaire. Et former un groupe parlementaire nécessite du travail et des démarchages ; il faut au minimum 25 députés, ce qui peut ne pas poser de problèmes, mais il faut surtout qu’ils soient issus au minimum de 7 pays différents, ce qui est parfois plus difficile à atteindre.

Le groupe ENL (Europe des Nations et des Libertés) s’est transformé en groupe ID (Identité et Démocratie).

Il comprend désormais 73 députés, ce qui représente un doublement de son effectif. Ils sont issus de 9 pays.

Identité et Démocratie comprend :

  • 28 députés de la Ligue (Italie)
  • 22 députés du rassemblement national (France)
  • 11 députés de l’AFD (Allemagne)
  • 3 députés du FPO (Autriche)
  • 3 députés du Vlaams Belang (Belgique)
  • 2 députés des Vrais Finlandais (Finlande)
  • 2 députés du SPD (république tchèque)
  • 1 député de l’EKRE (Estonie)
  • 1 député du parti du peuple danois (Danemark)

L’EKRE et le SPD n’avaient pas de députés dans le précédent parlement. Le parti du peuple danois et les Vrais Finlandais étaient dans le groupe CRE (Conservateurs et Réformistes Européens) dans la précédente législature.

Le président d’Identité et Démocratie est l’Italien Marco Zanni.

Après le Brexit, il y aura un pays supplémentaire dans ce groupe : les Pays-Bas, avec un député du PVV.

Le groupe CRE (Conservateurs et Réformistes Européens), qui comprend 62 députés, est désormais dominé par le PiS polonais. Il comprend notamment Frères d’Italie, le FvD néerlandais, le parti espagnol Vox, les Démocrates de Suède.

Enfin le FIDESZ hongrois fait toujours parti du PPE.

.

1- Voir chronique du 5 novembre 2016 : « Les droites nationales européennes dans les groupes parlementaires ».

La droite nationale aux élections européennes aux Pays-Bas

Les élections européennes étaient organisées aux Pays-Bas le jeudi 23 mai 2019.

Les Néerlandais avaient élu 26 députés européens aux précédentes élections de 2014 ; ils en ont élu le même nombre en 2019, mais ils seront 29 députés après le Brexit.

Le résultat de la droite nationale reste stable. Mais le PVV de Geert Wilders, allié du rassemblement national français, est en très forte chute, et n’obtient aucun député (il en aura un après le Brexit).

Le FvD de Thierry Baudet, créé en 2016, avait fait entrer deux députés au parlement néerlandais1 en 2017 avec un petit score de 1,78%. Avec 10,96% des voix aux élections européennes de 2019, le FvD supplante le PVV.

Cette inversion entre le PVV et le FvD avait déjà été observée il y a quelques mois aux élections provinciales2 de mars 2019 ; le FvD avait recueilli 14,53% des voix et le PVV 6,94%. Même si l’on ne peut pas comparer des élections provinciales et européennes, il faut constater que ces deux partis n’ont pas réussi à atteindre aux élections européennes le haut score global qu’ils avaient atteint aux élections provinciales.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2017 EURO2019 EURO2019 EURO2019

voix sièges voix voix Sièges Sièges postBREXIT
PVV 13,32% 4 13,06% 3,53% 0 1
FvD

1,78% 10,96% 3 4

.

1- Voir chronique du 27 mars 2017 : « Elections législatives aux Pays-Bas ».

2- Voir chronique du 23 avril 2019 : « Elections provinciales aux Pays-Bas ».

Elections européennes en Autriche

Les élections européennes étaient organisées en Autriche le 26 mai 2019. Les Autrichiens avaient élu 18 députés européens aux précédentes élections de 2014 ; ils en ont élu le même nombre en 2019, mais ils seront 19 députés autrichiens après le Brexit.

Les conservateurs de l’OVP progressent par rapport aux élections européennes de 2014 et aux élections législatives de 20171.

Le SPO reste stable.

Le FPO baisse fortement par rapport aux élections législatives de 2017, mais peu par rapport aux précédentes élections européennes. Le FPO a somme toute assez bien limité la casse suite au scandale d’Ibiza2.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2017 EURO2019 EURO2019

voix sièges voix voix Sièges postBREXIT
OVP 26,98% 5 31,47% 34,55% 7
SPO 24,09% 5 26,86% 23,89% 5
FPO 19,72% 4 25,97% 17,20% 3
Verts 14,52% 3 3,80% 14,08% 3

.

1- Voir chronique du 11 décembre 2017 : « Remontée des conservateurs en Autriche ».

2- Voir chronique du 24 mai 2019 : « Les caméras d’Ibiza ».

Elections européennes en Espagne

Les élections européennes étaient organisées en Espagne le 26 mai 2019. Les Espagnols avaient élu 54 députés européens aux précédentes élections de 2014 ; ils en ont élu le même nombre en 2019, mais ils seront 59 députés après le Brexit.

Le parti socialiste (PSOE), en chute depuis plusieurs années, continue son redressement opéré aux élections législatives d’avril 2019 ; il obtient 32,86%. Cette remontée illustre l’imprudence qu’il peut y avoir à considérer un parti politique comme en voie de mourir ou définitivement mort…..

A droite, le parti populaire reste loin de ses meilleurs scores, même s’il limite un peu la casse par rapport aux élections législatives de 2019 ; Ciudadanos, en forte progression par rapport aux précédentes élections européennes de 2014, obtient un score du même ordre de grandeur qu’aux dernières élections législatives ; Vox, qui n’avait pas réussi à envoyer de député au parlement européen en 2014, y parvient cette fois-ci, mais son score est nettement inférieur à celui des dernières élections législatives1.

Quant à l’extrême-gauche, Unidas Podemos confirme la très forte baisse subie aux élections législatives de 2019 (dans le tableau ci-après, la ligne « Unidas PODEMOS » donne les résultats des deux listes d’extrême-gauche aux élections européennes de 2014, PODEMOS et la gauche plurielle créée autour d’Izquierda Unida ; la coalition « Unidas PODEMOS » n’ayant été créée qu’en 2016).


EURO2014 EURO2014 LEGIS2016 LEGIS2019 EURO2019 EURO2019

voix sièges voix voix voix Sièges postBREXIT
Parti populaire 26,09% 16 33,01% 16,70% 20,15% 13
Ciudadanos 3,16% 2 13,06% 15,86% 12,18% 8
Vox 1,57% 0 0,20% 10,26% 6,21% 4
PSOE 23,01% 14 22,63% 28,68% 32,86% 21
Unidas PODEMOS 7,98%+10,03% 5+6 21,15% 11,06% 10,07% 6

.

1- Voir chronique du 23 mai 2019 : « Percée de Vox au niveau national ».

Puissances lunaires

A ce jour, sauf erreur de ma part, seuls 3 pays ont réussi à poser une sonde sur la lune : les Soviétiques, les Américains et les Chinois.

Récemment, les Israéliens ont presque réussi à entrer dans ce club des puissances lunaires. La sonde Beresheet, lancée en février 2019, devait alunir en avril 2019 ; mais ne réussissant pas à freiner comme prévu, elle s’écrase sur la lune.

On a marché sur la lune

Il y a 50 ans, le 20 juillet 1969, un homme posait pour la première fois le pied sur la lune. La mission américaine Apollo 11, lancée par la fusée Saturn V, permettait à Neil Armstrong de fouler le sol lunaire.

Les Etats-Unis restent le seul pays à avoir envoyé des hommes sur la lune.

Plusieurs missions américaines ont permis d’emmener d’autres astronautes sur la lune. Au total, 12 Américains ont pu se promener sur la lune. Depuis 1972, aucun homme n’y est retourné.

Les 12 astronautes furent, dans l’ordre :

  • Neil Armstrong (civil ; Apollo 11) ;
  • Buzz Aldrin (US Air Force ; Apollo 11) ;
  • Charles Conrad (US Navy ; Apollo 12) ;
  • Alan Bean (US Navy ; Apollo 12) ;
  • Alan Shepard (US Navy ; Apollo 14) ;
  • Edgar Mitchell (US Navy ; Apollo 14) ;
  • David Scott (US Air Force ; Apollo 15) ;
  • James Irwin (US Air Force ; Apollo 15) ;
  • John Young (US Navy ; Apollo 16) ;
  • Charles Duke (US Air Force ; Apollo 16) ;
  • Eugene Cernan (US Navy ; Apollo 17) ;
  • Harrison Schmitt (civil ; Apollo 17).

Eugene Cernan fut le dernier homme à quitter la lune.

David Scott fut le premier homme à rouler sur la lune, en conduisant la première voiture dans l’espace, la Jeep lunaire, en 1971.

Elections européennes en Allemagne

Les élections européennes ont eu lieu en Allemagne le 26 mai 2019.

Les résultats allemands sont toujours très importants, l’Allemagne envoyant le plus grand nombre de députés au parlement européen1 : 96 sur 751 maintenant, et 96 sur 705 après le Brexit.

Ce scrutin s’inscrit dans la continuité des élections régionales (qui ont eu lieu depuis les élections législatives2 de 2017), en Bavière3 et en Hesse4.

Dans ces élections régionales, on a assisté à une baisse des chrétiens-démocrates de la CDU, et des sociaux-démocrates du SPD, et à une montée de l’AFD et des Verts.

Pour ces élections européennes, l’AFD progresse légèrement par rapport aux précédentes élections européennes, mais est en baisse par rapport aux élections législatives de 2017. Ce sont les Verts qui progressent le plus fortement.

La CDU continue de baisser. Le SPD continue à baisser fortement, se faisant désormais dépasser par les Verts, qui arrivent en deuxième position.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2017 EURO2019 EURO2019

voix sièges voix voix sièges
CDU/CSU 35,36% 34 33% 28,86% 29
FDP 3,36% 3 10,7% 5,42% 5
AFD 7,04% 7 12,6% 10,97% 11
SPD 27,27% 27 20,5% 15,82% 16
Verts 10,70% 11 8,9% 20,53% 21
Die Linke 7,39% 7 9,2% 5,50% 5

Du côté des petites listes, les Freie Wähler5, augmentent leur score à 2,16% et passent de 1 à 2 députés.

FAMILIE, le parti des familles d’Allemagne, reste stable, à 0,73% et 1 député. Une mesure-phare du programme de FAMILIE est l’instauration du « vote familial » (droit de vote accordé aux enfants par le biais de leurs représentants légaux qui votent en leur nom), mesure qui figurait il y a une quinzaine d’années dans le programme du front national français.

Le NPD, avec 0,27% des voix, perd son député au parlement européen.

.

1- Voir chronique du 25 mai 2019 : « Répartition nationale des députés européens ».

2- Voir chronique du 17 décembre 2017 : « Angela Merkel paie l’addition ».

3- Voir chronique du 20 octobre 2018 : « Elections bavaroises ».

4- Voir chronique du 26 décembre 2018 : « Election régionale en Hesse ».

5- Voir chronique du 20 octobre 2018 : « Elections bavaroises ».

Elections européennes en Italie

Les élections européennes en Italie sont un succès éclatant pour la Ligue, et son dirigeant, le vice-premier ministre Matteo Salvini, qui arrive très largement en tête du scrutin avec 34% des voix. La Ligue progresse fortement par rapport au précédent scrutin européen de 2014, et par rapport aux élections législatives de 2018.

L’Italie est gouvernée depuis 2018 par une alliance1 entre la ligue et le M5S (mouvement 5 étoiles).

Cette élection de 2019 marque une inversion du rapport de force entre le M5S et la Ligue par rapport aux élections législatives de 20182.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2018 EURO2019 EURO2019

voix sièges
voix Sièges post-BREXIT
Ligue 6,15% 5 17,34% 34,26% 29
M5S 21,15% 17 32,68% 17,06% 14

En dehors de la Ligue, le tableau ci-après donne les résultats des autres partis de droite. Le parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia, continue sa chute, en passant au-dessous des 10%. Les Frères d’Italie poursuivent leur lente progression, et entrent au parlement européen avec 6 élus. La coalition de droite (Ligue + FI + FdI), qui avait obtenu 37% des voix aux élections législatives de 2018, totalise désormais 49,5% des voix.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2018 EURO2019 EURO2019

voix sièges
voix Sièges post-BREXIT
FI 16,81% 13 13,98% 8,78% 7
FdI 3,66% 0 4,37% 6,44% 6

A gauche, le parti démocrate se redresse un peu par rapport aux élections législatives de 2018, mais la chute par rapport au précédent scrutin européen de 2014 reste vertigineuse.


EURO2014 EURO2014 LEGIS2018 EURO2019 EURO2019

voix sièges
voix Sièges post-BREXIT
PD 40,81% 31 18,76% 22,74% 19

On peut enfin constater que les rapports de force nationaux au sein du groupe ENL3 ont été substantiellement modifiés après ce succès de la Ligue italienne. En effet, le front national français en était la principale composante (plus de 20 députés lors de la constitution du groupe en 2015), alors que ses alliés n’apportaient chacun que quelques sièges au groupe, soit en raison de leur faible score dans leur pays, soit en raison du faible nombre global de députés du pays concerné ; à l’époque la Ligue italienne avait 6 députés. Après les élections de 2019, la Ligue italienne envoie désormais plus de députés au parlement européen que le rassemblement national ; 29 contre 23.

.

1- Voir chronique du 21 juin 2018 : « Alliance entre la ligue et le M5S ».

2- Voir chronique du 5 mai 2018 : « Quelle coalition pour l’Italie ? ».

3- ENL : Europe des nations et des libertés.

Elections européennes en Pologne

Les élections européennes du 26 mai 2019 en Pologne ont vu l’affrontement de deux coalitions.

D’un côté, la Droite unie, regroupant le Pis au pouvoir depuis 20151, et deux petits partis de droite.

De l’autre, la Coalition européenne, regroupant notamment le PO (plateforme civique) membre du groupe PPE au parlement européen (aux côtés de la CDU allemande et de LR français), le parti paysan polonais membre du PPE, le SLD (anciens communistes) membre du groupe socialiste au parlement européen, et les Verts.

La Droite unie arrive en tête avec 45,38% des voix et 27 députés sur 52. La Coalition européenne, qui ratissait assez large, n’est qu’en deuxième position, avec 38,47% des voix (22 députés).

Le mouvement Wiosna, de gauche, obtient 6,06% et 3 députés.

Deux mouvements classés à droite, à l’extrême-droite ou comme populistes n’obtiennent pas de sièges ; la Confédération Korwin et Kukiz15 obtiennent respectivement 4,55% et 3,69% des voix.

Les élections législatives polonaises auront lieu au second semestre 2019.

.

1- Voir chronique du 10 décembre 2015 : « Elections législatives polonaises ».

Elections européennes en Hongrie

Les élections européennes du 26 mai 2019 en Hongrie ont été un nouveau succès pour Viktor Orban, premier ministre depuis 2010. La coalition FIDESZ-KDNP a obtenu 52,56% des voix, caracolant largement en tête, devant la coalition démocratique, de sensibilité sociale-démocrate, qui arrive en deuxième position avec 16,05% des voix.

Ce résultat montre que Viktor Orban conserve son socle électoral important, qui avait été confirmé aux élections législatives d’avril 2018, où il avait obtenu 49,28% des voix1.

Les résultats de la coalition FIDESZ-KDNP ont été les suivants aux dernières élections européennes (les colonnes « sièges » indiquent le nombre de sièges de la coalition par rapport au nombre de sièges de la Hongrie au parlement européen).

EURO2009 EURO2009 EURO2014 EURO2014 EURO2019 EURO2019
voix sièges voix sièges voix sièges
56,36% 14/22 51,48% 12/21 52,56% 13/21

.

1- Voir chronique du 29 avril 2018 : « Triomphe pour Viktor Orban ».

Le rassemblement national outre-mer

J’ai précédemment évoqué1 la très forte poussée du front national dans la France d’outre-mer à l’occasion de la dernière élection présidentielle en 2017.

Le tableau ci-après donne les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 pour la candidate du front national Marine Le Pen, et le résultat obtenu par la liste du rassemblement national aux élections européennes menée par Jordan Bardella en 2019, ainsi que la position d’arrivée de la liste en 2019. Pour mettre ces résultats dans leur contexte, il faut rappeler que le score national de Marine Le Pen au premier tour de 2017 avait été de 21,30%, et que Jordan Bardella a obtenu 23,33% au niveau national en 2019.


2017 2019 Place 2019
Guadeloupe 13,51% 23,71% 1
Saint-Martin et Saint-Barthélémy 23,32% 28,38% 1
Martinique 10,94% 16,31% 2
Guyane 24,30% 27,47% 1
La Réunion 23,46% 31,24% 1
Mayotte 27,19% 46,12% 1
Saint-Pierre-et-Miquelon 18,16% 24,02% 1
Nouvelle-Calédonie 29,09% 27,30% 1
Wallis-et-Futuna 7,11% 13,33% 3
Polynésie française 32,54% 16,99% 2

On peut constater que la liste du rassemblement national est souvent arrivée en tête en 2019, et qu’à l’exception de la Nouvelle-Calédonie où elle baisse légèrement par rapport à 2017, et de la Polynésie où elle baisse très fortement, elle est en progression.

Une Guadeloupéenne figurait en 12ème position sur la liste Bardella et est donc élue : Maxette Pirbakas-Grisoni, dirigeante de la FDSEA2 de la Guadeloupe.

C’est à Mayotte (78.000 électeurs inscrits sur les listes électorales) que le score du rassemblement national est le plus spectaculaire : 46,12%. Pour mémoire, Marine Le Pen y obtenait 2,77% à l’élection présidentielle de 2012.

Il est évident qu’en Guadeloupe, en Guyane et à la Réunion, une partie des électeurs du rassemblement national est de race noire ; quant à Mayotte, la quasi-totalité de la population étant noire et musulmane, l’électorat du RN y est forcément à son image. Mais çà n’empêchera pas les médias de continuer à disserter sur le « racisme » du rassemblement national….

.

1- Voir chronique du 6 juin 2017 : « La diffusion du front national ».

2- FDSEA : fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles ; les FDSEA sont l’organisation départementale de la FNSEA.

Taggé

Elections européennes en France

Les Français ont voté le 26 mai 2019 pour élire leurs députés au parlement européen. Le scrutin s’est déroulé à la proportionnelle, comme pour les précédentes élections en 2014 ; mais contrairement à 2014, où le vote s’était effectué dans le cadre de 8 circonscriptions créées spécialement pour les élections européennes, on est revenu en 2019 à une liste nationale.

La liste du rassemblement national, conduite par Jordan Bardella, arrive en tête, mais en recul par rapport à 2014.

Le parti du président Macron (LREM), allié au MODEM, arrive en deuxième position. Ce parti, qui n’existait pas en 2014, réussit donc un excellent score pour sa première participation à une élection européenne.

Le rassemblement national réussit un score supérieur à la dernière élection présidentielle (Marine Le Pen) ; LREM est en revanche en baisse par rapport à l’élection présidentielle de 2017, où Emmanuel Macron était aussi soutenu par le MODEM.

Le parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France (DLF), obtient un score similaire à celui de 2014 ; à l’époque, DLF s’appelait Debout la République. Nicolas Dupont-Aignan s’est allié à Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017.


EURO 2014 ELUS 2014 2017 EURO 2019 ELUS 2019 ELUS Post-BREXIT
RN 24,86% 24 21,30% 23,33% 22 +1
DLF 3,82% 0 4,70% 3,51% 0
LREM/MODEM

24,01% 22,41% 21 +2

Les écologistes progressent et arrivent en troisième position, très loin cependant derrière le RN et LREM, et en-dessous de leur meilleur score historique aux élections européennes.


2004 2009 2014 2019
Verts 7,41% 16,28% 8,95% 13,48%

Les écologistes n’arrivent cependant pas forcément à transposer leurs scores aux européennes dans les scrutins nationaux ; ainsi, les Verts obtenaient un très bon résultat aux élections européennes de 2009 (16,28%), mais la candidate des Verts Eva Joly ne recueillait que 2,31% à l’élection présidentielle de 2012.

L’élection européenne de 2019 s’est aussi traduite par les très mauvais résultats de LR, de la France insoumise et des socialistes, qui sont en-dessous de 10%.

Elections européennes en Grande-Bretagne

Les Britanniques n’auraient pas dû élire de députés européens cette année. En effet, ils avaient adopté par référendum le Brexit1 (sortie de l’union européenne), qui aurait dû être effectif avant ces élections.

Ce retard est sans doute partiellement dû à la complexité des négociations. La presse française l’attribue essentiellement au « chaos » du Brexit ; le Brexit étant une mauvaise décision, il ne peut provoquer que le « chaos ». Une des raisons probablement fondamentale de ce retard doit néanmoins être la distorsion entre le vote populaire d’un côté, et le parlement et le gouvernement de l’autre ; quand le gouvernement met en oeuvre le Brexit, mais sans vouloir vraiment sortir complètement de l’Union européenne, et quand il n’y a pas de réelle et franche majorité pro-Brexit au parlement, çà complique forcément un peu le processus……

Les britanniques n’étant toujours pas sortis de l’Union européenne, il a donc fallu organiser en urgence les élections européennes en Grande-Bretagne le jeudi 23 mai 2019.

Dans ce contexte, les partisans du Brexit sont arrivés largement en tête. Le Brexit Party, récemment créé par Nigel Farage, l’ancien dirigeant du UKIP, atteint 30% des voix.


2014 2014 2019 2019

voix députés voix députés
Brexit Party

30,50% 29
UKIP 26,60% 24 3,20% 0

Derrière le Brexit Party, les libéraux-démocrates progressent aussi, très fortement, réussissant même à parvenir en deuxième position. Les conservateurs et les travaillistes s’effondrent, les conservateurs réussissant même l’exploit d’être en-dessous des écologistes.


2014 2014 2019 2019

voix députés voix députés
LibDem 6,60% 1 19,60% 16
travaillistes 24,40% 20 13,70% 10
Verts 6,90% 3 11,80% 7
conservateurs 23,10% 19 8,80% 4

Quant à Change UK, un parti politique récemment fondé par des députés travaillistes et conservateurs pour lutter contre le Brexit, il ne recueille que 3,3% des voix et n’obtient aucun député.

Le premier ministre britannique Theresa May ayant annoncé sa démission, un nouveau premier ministre conservateur va sans doute être désigné, et l’éventualité d’élections législatives anticipées n’est pas à exclure. Les résultats de ces élections européennes ne donnent pas forcément une indication fiable du résultat des élections législatives à venir. Notamment parce que les enjeux des élections européennes et des élections législatives nationales ne sont pas exactement les mêmes ; et aussi parce que les modes de scrutin sont radicalement différents (scrutin proportionnel pour les européennes, scrutin majoritaire uninominal à un tour pour les législatives). Par exemple, le UKIP de Nigel Farage, qui avait obtenu 26,6% des voix aux élections européennes de mai 2014, obtenait 1 seul député (sur 650) avec 12,65% des voix aux élections législatives2 de mai 2015.

.

1- Voir chronique du 24 juin 2016 : « Le souffle de la liberté ».

2- Voir chronique du 19 mai 2015 : « Elections britanniques ».