Andrej Babis en tête

Les élections législatives tchèques étaient organisées les 20 et 21 octobre 2017, pour renouveler les 200 sièges de la chambre des députés, quelques mois avant l’élection présidentielle1.

Trois partis sont en fort recul par rapport aux précédentes élections de 2013 :

– les communistes : le KSCM passe de 14,91% à 7,76%, et de 33 à 15 députés ;

– les sociaux-démocrates : le CSSD s’effondre de 20,46% à 7,27% et passe de 50 à 15 députés ;

– les centristes de TOP09 qui passent de 12% à 5,31%, et de 26 à 7 députés.

Quatre partis sont en progression :

– l’ANO d’Andrej Babis qui progresse de 18,66% à 29,64% des voix, et de 47 à 78 députés ;

– les conservateurs de l’ODS (parti de l’ancien président Vaclav Klaus) qui montent de 7,73% à 11,32%, et de 16 à 25 députés ;

– le SPD2, qui se présentait pour la première fois, obtient 10,64% des voix et 22 députés ; le SPD a été créé en 2015 par une scission de l’USVIT3 ; présidé par Tomio Okamura, le SPD est membre du MENL4 aux côtés notamment du front national français et du FPO autrichien, actuellement dans la coalition au pouvoir en Autriche ; l’USVIT, qui avait obtenu 6,88% des voix et 14 députés en 2013, a disparu électoralement (0,1% des voix en 2017).

– le parti pirate qui passe de 2,66% à 10,79% et entre à la chambre avec 22 députés.

L’ANO arrive donc très largement en tête avec 29,64% ; et trois partis sont loin derrière, dans un mouchoir de poche : l’ODS à 11,32%, le parti pirate à 10,79% et le SPD à 10,64%.

Andrej Babis, classé « populiste de droite » par les médias, semble avoir un appui partiel du président Zeman. Arrivé largement en tête, et chargé de former le gouvernement, il n’est pas encore parvenu à trouver un accord avec d’autres partis pour former une coalition de gouvernement.

.

1- Voir chronique du 11 février 2018 : « « Milos Zeman réélu ».

2- Ne pas confondre le SPD tchèque (droite nationale) avec le SPD allemand (sociaux-démocrates).

3- USVIT : Aube -Coalition nationale

4- MENL : voir chronique du 6 novembre 2016 : « Les droites nationales dans les partis politiques européens ».

Des communes sans racines

Comme Boischampré, certaines nouvelles communes ont tout effacé de l’histoire des anciennes communes, en se cantonnant à des noms géographiques sans âme (vallée, lac,…)

La commune de Val-en-Vignes, créée en 2017 dans les Deux-Sèvres, fait tellement dans l’originalité qu’elle prend quasiment le même nom que s’était donné en 2016 la nouvelle commune de Val-des-Vignes, en Charente.

Que penser du nom d’Eole-en-Beauce, qui efface et remplace en 2016 quelques communes d’Eure-et-Loir ?

Et Bourgvallées, dans la Manche ?

Et Entrelacs, en Savoie ?

Les-Premiers-Sapins, dans le Doubs ?

La palme du ridicule revient probablement en 2016 à Capavenir-Vosges. Capavenir-Vosges, c’est un nom de commune ? On dirait le nom d’un contrat d’assurance-vie d’une banque régionale ou d’un magasin d’électroménager des années 60 ! D’autres, comme les conseillers municipaux FN de Thaon-les-Vosges (une des communes fusionnées), y voient1 « un nom de centre commercial sans âme qui nous fait perdre notre identité ». Il est probable que ceux qui ont choisi ce nom ringard et sans âme pensaient probablement être à la pointe de la modernité……

Où sont donc passées la fierté, l’estime de soi de ces villageois qui acceptent sans broncher que disparaissent les noms de leurs communes, héritage de dizaines de générations de paysans et d’artisans, remplacés par des noms qui évoquent des marques de lessive ou de yaourt, voire des noms de compagnies d’assurance ?

.

1- Tribune libre dans le bulletin municipal de Capavenir-Vosges d’avril 2016.

Déchristianisation toponymique

Ces dernières années, beaucoup de communes se sont regroupées en France, notamment sous la menace de sanctions financières de l’Etat.

Les noms des nouvelles communes sont parfois déconnectés de leur histoire et de leurs racines ; j’ai déjà évoqué la commune nouvelle de Boischampré1.

Mais une autre conséquence de ces regroupement, volontaire ou non, a aussi été la disparition de beaucoup de toponymes chrétiens.

Dans le tableau suivant, j’ai établi quelques statistiques à ce sujet. L’expression « communes regroupées » désigne les anciennes communes ; l’expression « communes nouvelles » désigne les communes obtenues par regroupement des anciennes. Ainsi, si l’on prend l’année 2015, 89 communes ont disparu (113 moins 24).

Années

2015

2016

2017

Total 2015-2017

Communes nouvelles

24

325

182

531

Communes regroupées

113

1111

576

1800

Nombre de noms de communes comportant une référence chrétienne supprimés

30

155

79

264

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom ne comporte pas de référence chrétienne

11

102

55

168

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

4

29

18

51

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont aucune n’avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

0

2

1

3

Si l’on examine l’année 2015, 24 communes regroupées ont été créées. Ces regroupements ont conduit à la disparition de 30 communes ayant un nom religieux, qui sont détaillées ci-après (pour chaque nouvelle commune, ne sont inscrites ensuite que les communes supprimées comportant une référence chrétienne).

La commune nouvelle de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-du-Genêt, de Saint-Philbert-en-Mauges et de Villedieu-la-Blouère.

La commune nouvelle de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Rousselin, de Sainte-Christine, de Saint-Georges-des-Gardes et de Saint-Lézin.

La commune nouvelle de Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Saint-Florent, de Saint-Florent-le-Vieil, de Saint-Laurent-de-la-Plaine et de Saint-Laurent-du-Mottay.

La commune nouvelle de Montrevault-sur-Èvre (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Pierre-Montlimart, de Saint-Quentin-en-Mauges, de Saint-Rémy-en-Mauges et de la Salle-et-Chapelle-Aubry.

La commune nouvelle d’Orée d’Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-la-Couperie, de Saint-Laurent-des-Autels et de Saint-Sauveur-de-Landemont.

La commune nouvelle de Sèvremoine (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-André-de-la-Marche, de Saint-Crespin-sur-Moine, de Saint-Germain-sur-Moine et de Saint-Macaire-en-Mauges.

La commune nouvelle de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Aubin-de-Luigné et de Saint-Lambert-du-Lattay.

La commune nouvelle de Boischampré (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-le-Jajolet et de Saint-Loyer-des-Champs.

La commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Cornier-des-Landes et de Saint-Jean-des-Bois.

La commune nouvelle de Vaugneray (Rhône) a fait disparaître la commune de Saint-Laurent-de-Vaux.

La commune nouvelle de Villeneuve-en-Perseigne (Sarthe) a fait disparaître la commune de Saint-Rigomer-des-Bois.

Vu le nombre de communes concernées en 2016 et 2017, il serait fastidieux d’en dresser ici une liste exhaustive (voir chiffres dans le tableau précédent).

Sur 3 ans, de 2015 à 2017, 264 communes au nom comportant une référence chrétienne ont disparu. Sur cette période, 168 nouvelles communes, qui regroupaient des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, ont été créées avec un nom qui ne comporte pas de référence chrétienne.

Cette disparition de toponymes chrétiens n’est pas systématiquement voulue.

D’abord, le regroupement implique nécessairement des disparitions de communes et de toponymes.

Ensuite, le choix logique de désignation du nouveau nom impliquait parfois que la commune nouvelle ne comporte pas ce type de références.

Prenons l’exemple de Chemillé-en-Anjou, obtenue par le regroupement de 12 communes en 2015 ; en 2013, Chemillé avait déjà été fusionnée avec la commune de Melay. Le tableau ci-après donne la population des 13 communes.

Commune

Population (2013)

Chanzeaux

1177

La Chapelle-Rousselin

778

Chemillé

8822

Cossé-d’Anjou

430

La Jumellière

1419

Melay

1608

Neuvy-en-Mauges

802

Sainte-Christine

813

Saint-Georges-des-Gardes

1616

Saint-Lézin

777

La-Salle-de-Vihiers

1036

La Tourlandry

1344

Valanjou

2290

Au vu de la population de chaque commune initiale, il n’est pas illogique que la commune nouvelle s’appelle Chemillé.

Il y a en revanche des cas où, bien que toutes les communes comportaient une référence chrétienne, la commune nouvelle n’en comporte plus. Par exemple, en 2015, la création de la commune de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) par regroupement de 2 communes : Saint-Aubin-de-Luigné et Saint-Lambert-du-Lattay. En 2016, dans le Lot, les communes de Saint-Cernin et Saint-Martin-de-Vers ont été regroupées sous le nom des-Pechs-du-Vers ; en Lozère, les communes de Saint-Andéol-de-Clerguemort et de Saint-Frézal-de-Ventalon ont été regroupées sous le nom de Ventalon-en-Cevennes ; toujours en Lozère, les communes de Saint-Julien-d’Arpaon et de Saint-Laurent-de-Trèves ont été regroupées sous le nom de Cans-et-Cevennes ; dans l’Yonne, les communes de Saint-Aubin-Château-Neuf et de Saint-Martin-sur-Ocre ont été regroupées sous le nom du-Val-d’Ocre.

Dans 3 rares cas cependant, la nouvelle commune a pris un nom comportant une référence chrétienne, alors que ce n’était le cas d’aucune commune initiale : il s’agit de Saint-Augustin (Pas-de-Calais) et de Saint-Martin-de-l’If (Seine-Maritime) créées en 2016, et de Saint-Martin-la-Pallu (Vienne) créée en 2017. Saint-Augustin a été créée par le regroupement de Clarques et de Rebecques ; son nom aurait été choisi en référence à l’abbaye Saint-Augustin, qui fut en activité du XIIème siècle jusqu’à la Révolution, et dont les possessions s’étendaient sur les deux communes.

.

1- Voir chronique du 10 juin 2015 : « Boischampré ».

Le front fait du surplace

Le front national obtient 13,20% des voix au premier tour des élections législatives et fait élire 8 députés. C’est une nette progression par rapport à 2012 (2 députés), et son plus grand nombre de députés jamais obtenu au scrutin majoritaire. En 1986, le FN avait certes obtenu 35 députés, mais avec un mode de scrutin différent (proportionnelle départementale).

4 de ces 8 députés ont été élus dans le département du Pas-de-Calais, dans le bassin minier, dans les circonscriptions autour de la ville d’Hénin-Beaumont, qui a élu un maire FN en 2014 : Marine Le Pen, Bruno Bilde, José Evrard et Ludovic Pajot, benjamin de l’assemblée. Sébastien Chenu est élu dans le département du Nord. Gilbert Collard est réélu dans le Gard. Louis Aliot est élu dans les Pyrénées-Orientales et Emmanuelle Ménard dans l’Hérault.

Mais ce relatif succès en nombre d’élus masque un score électoral décevant : 13,20% en 2017 contre 13,60% aux législatives de 2012. Et des scores nettement plus élevés entre ces deux dates :

– européennes de 2014 (24,86%) ;

– départementales de mars 2015 (25,24% au premier tour) ;

– régionales de décembre 2015 (27,73% au premier tour et 27,10% au second).

– présidentielle de 2017 ((21,30% au premier tour et 33,90% au second).

Taggé

Pierrefitte-ès-Bois

Il y a quelques mois, l’émission de TVL1 I-Média2 évoquait un reportage3 de la radio Europe1. Sur le site Internet de la radio, le titre du reportage était : « Dans un petit village du Loiret, l’arrivée des migrants a fait reculer le FN ». Titre qui a été changé dans la journée en : « Dans le Loiret, l’arrivée sans encombre de migrants sur une terre FN ».

Le reportage décrit complaisamment l’arrivée des immigrés illégaux, appelés « migrants », dans le village ; ces immigrés qui « ont la main sur le cœur », qui « sont toujours extrêmement respectueux ».

Pour la radio, « l’annonce de l’arrivée de ces migrants avait suscité beaucoup d’inquiétudes parmi les villageois », mais depuis, ces « migrants » ont conquis le cœur des habitants. Même des méchants et craintifs électeurs FN apparemment.

« Cette cohésion et cette solidarité ont fait réfléchir Bernard, ancien électeur frontiste », poursuit la radio. Et Bernard, naguère électeur du FN, « marqué par sa rencontre avec les migrants », déclare qu’il ne votera pas pour le FN à l’élection présidentielle de 2017.

C’est effectivement magnifique. Pour lutter contre le FN, la solution miracle, c’est désormais d’augmenter massivement l’immigration.

Pour prouver ce recul du FN à Pierrefitte-ès-Bois, la radio n’a néanmoins qu’une interview d’un futur ex-électeur du FN. Mais Jean-Yves Le Gallou déclarait justement dans l’émission I-Média : « Faire reculer le FN, il y a une manière de le mesurer, c’est d’une élection à l’autre. Peut-être qu’on verra à l’élection présidentielle un recul (…). Mais quand il n’y a pas d’élection, on ne peut pas dire qu’il y a un recul électoral. (…) Le titre de l’article est purement mensonger ».

Mensonger peut-être, mais en phase avec une des théories politiquement-correctes en France : les gens votent FN par peur des immigrés ; mais cette peur relève du fantasme ; ils ont peur des immigrés, car ils ne connaissent pas les immigrés. Il est donc assez logique qu’une journaliste d’une radio politiquement-correcte déduise très rapidement que le vote FN va baisser à Pierrefitte-ès-Bois.

Je m’étais promis de regarder les résultats dans cette commune après l’élection présidentielle, afin de vérifier la sagacité de la journaliste d’Europe1.

Au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, la candidate FN avait obtenu 25,58% (55 voix), et n’était pas présente au second tour.

Aux élections européennes de mai 2014, la liste FN avait obtenu 42,37% (50 voix).

Aux élections cantonales de mars 2015, le couple de candidats FN avait obtenu 39,39% (52 voix) au premier tour et 52,50% (63 voix) au second.

Aux élections régionales de décembre 2015, la liste FN avait obtenu 51,75% (74 voix) au premier tour et 49,01% (74 voix) au second.

À l’élection présidentielle de 2017, la candidate FN a obtenu 35,60% (68 voix) au premier tour et 55,23% (95 voix) au second.

Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, le front national a donc obtenu le meilleur score de son histoire à Pierrefitte-ès-Bois, en voix comme en pourcentage.

.

1- TVL : TV Libertés.

2- Emission du 6 janvier 2017.

3- Mélanie Nunes : « Dans le Loiret, l’arrivée sans encombre de migrants sur une terre FN », site Internet Europe 1, 29 décembre 2016.

Taggé

La diffusion du front national

Le front national a été créé en 1972. Mais le début de son essor électoral date de 1984 (10,95% aux élections européennes), après quelques succès locaux limités en 1983, notamment à Dreux.

Le FN obtenait ses meilleurs scores dans la moitié orientale de la France. Il était très faible dans l’Ouest et dans les zones rurales, souvent à moins de 5%. Une de ses zones de force était la côte méditerranéenne, qui subissait durement l’immigration et l’insécurité ; le FN y jouissait en outre du soutien des pieds-noirs et des harkis.

Le front s’est ensuite nationalisé. Tout en étant toujours plus fort à l’est qu’à l’ouest, il a aussi nettement progressé dans l’ouest, notamment en Bretagne, réussissant quasiment toujours à obtenir un minimum de 10% des voix partout.

La progression suivante s’est effectuée dans les zones rurales et agricoles, au point d’inverser les zones de force du FN ; ce sont désormais les communes rurales dans certains départements qui donnent les plus hauts scores au FN.

La nouveauté de l’élection de 2017 a été la forte progression du FN dans l’outre-mer, qui était jusqu’à présent une zone de faiblesse. Le tableau ci-après donne les résultats du candidat FN au premier tour de l’élection présidentielle en 2007, 2012 et 2017 ; à l’échelon national, le candidat FN avait obtenu 10,44% en 2007, 17,90% en 2012 et 21,30% en 2017.

2007

2012

2017

Guadeloupe

3,18%

5,16%

13,51%

Saint-Martin et Saint-Barthélémy1

12,14%

23,32%

Martinique

2,11%

4,76%

10,94%

Guyane

5,51%

10,48%

24,30%

La Réunion

4,88%

10,31%

23,46%

Mayotte

4,22%

2,77%

27,19%

Saint-Pierre-et-Miquelon

6,70%

15,81%

18,16%

Nouvelle-Calédonie

5,67%

11,66%

29,09%

Wallis-et-Futuna

1,20%

2,37%

7,11%

Polynésie française

1,90%

5,73%

32,54%

En revanche, en 2017, on peut constater une stagnation ou un recul du FN dans les grandes villes.

A Paris, le FN passe de 4,58% en 2007 à 6,20% en 2012, mais redescend à 4,99% au premier tour de 2017 et atteint péniblement 10,32% au second tour de 2017.

Dans le département du Nord, le candidat du FN progresse fortement à la fois dans la ville-préfecture de Lille et dans le reste du département, entre le premier tour de l’élection présidentielle de 2007 et celui de 2012. En revanche, entre le premier tour de 2012 et celui de 2017, le FN stagne à Lille, mais progresse nettement dans le reste du département.

2007

2012

2017

Département du Nord

13,83%

21,91%

28,22%

Lille

9,13%

13,40%

13,83%

Reste du département (sans Lille)

14,17%

22,50%

29,25%

A Lyon, le FN baisse entre 2012 et 2017.

2007

2012

2017

Département du Rhône

9,09%

15,09%

16,26%

Lyon

6,47%

9,87%

8,86%

Reste du département (sans Lyon)

10,04%

16,93%

18,92%

A Marseille, le FN progresse, mais reste en-deçà de ses résultats dans le reste des Bouches-du-Rhône.

2007

2012

2017

Département des Bouches-du-Rhône

13,87%

23,38%

27,28%

Marseille

13,43%

21,22%

23,66%

Reste du département (sans Marseille)

14,12%

24,60%

29,22%

On peut enfin noter qu’au second tour des élections régionales en 2015, le FN avait obtenu plus de 50% dans un seul département, le Vaucluse (51,28%). Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen ne réussit pas un score aussi haut dans le Vaucluse (46,55%) ; et elle a obtenu plus de 50% dans deux départements : le Pas-de-Calais (52,06%) et l’Aisne (52,91%).

.

1- Saint-Martin et Saint-Barthélémy faisaient partie de la Guadeloupe jusqu’en 2007.

Taggé

Score historique pour le front national

Marine Le Pen, candidate du front national, a obtenu 21,30% des voix au premier tour de l’élection présidentielle. C’est un résultat supérieur à celui de l’élection présidentielle de 2012 (17,90%).

Mais c’est un score nettement inférieur aux résultats obtenus par le FN aux plus récentes élections :

– européennes de 2014 (24,86%) ;

– départementales de mars 2015 (25,24% au premier tour) ;

– régionales de décembre 2015 (27,73% au premier tour et 27,10% au second).

Au second tour de l’élection, elle a obtenu 33,90% des voix. La seule fois où le front national était parvenu au second tour de l’élection présidentielle, c’était en 2002, et Jean-Marie Le Pen y avait obtenu 17,79% des voix.

En nombre de voix, Marine Le Pen vient de battre par deux fois le record du nombre de voix obtenues par le FN ; ses précédents résultats étaient :

– 6.421.426 voix au premier tour de la présidentielle de 2012 ;

– 5.142.241 voix au premier tour des départementales de 2015 ;

– 6.018.904 voix et 6.820.477 voix respectivement aux premier et second tours des élections régionales de 2015.

En 2017, elle a obtenu 7.678.491 voix au premier tour et 10.638.475 voix au second tour de l’élection présidentielle.

Taggé

L’exploit de monsieur En-Même-Temps

Le 23 avril 2017, les Français votaient pour le premier tour de l’élection présidentielle.

Après 5 années de mandat du calamiteux président socialiste François Hollande, au bilan tellement désastreux qu’il n’a même pas osé participer à l’élection pour tenter de se faire réélire, on pouvait penser que cette élection allait donner une très claire majorité à la droite. Il n’en a rien été.

Le candidat arrivé en tête au premier tour est Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild et Cie, ancien membre du parti socialiste, secrétaire général adjoint du cabinet de l’Elysée de 2012 à 2014, ministre de l’Economie de 2014 à 2016. Avec ce pedigree qui aurait dû le cantonner à 6% des voix, il réussit l’exploit de caracoler en tête avec 24,01%.

On est donc obligé de constater le talent de monsieur Macron. Pas tant celui de ministre, puisque, sauf erreur, son bilan positif se limite à la création de quelques lignes de bus inter-villes, plus ou moins rentables. Plutôt sa faculté à avoir adopté l’idéologie dominante, et à l’avoir associée à son sourire permanent, ce qui lui a attiré la sympathie quelque peu militante des médias dominants. Puis sa posture de « monsieur En-Même-Temps » ; ce tic de langage (il répète très régulièrement cette expression) illustre sa capacité à exprimer des positions divergentes, mais réunifiées par son « en même temps » pour ratisser large.

Cet exploit de monsieur Macron a probablement contribué à maintenir la France à gauche lors de ce premier tour.

L’ensemble des candidats de droite au premier tour a obtenu 48,13% des voix : Marine Le Pen (FN) 21,30%, François Fillon (LR) 20,01%, Nicolas Dupont-Aignan (DLF) 4,70%, Jean Lassalle (dissident MODEM) 1,21% et François Asselineau (UPR) 0,92%.

L’ensemble des candidats de gauche au premier tour a obtenu 51,87% des voix : Emmanuel Macron (socialiste dissident) 24,01%, Jean-Luc Mélenchon (gauche bolivarienne) 19,58%, Benoît Hamon (PS) 6,36%, Philippe Poutou (NPA, trotskyste) 1,09%, Nathalie Arthaud (LO, trotskyste) 0,64% et Jacques Cheminade 0,18%.

Finkielkraut : la seule exactitude

 

J’ai lu cet été « La seule exactitude », publié par Alain Finkielkraut en 2015, recueil de chroniques de 2013 à 2015. Ce livre se situe dans la continuité intellectuelle de son précédent ouvrage1, « L’identité malheureuse ». Ce dernier livre suscite et mérite autant d’intérêt que le précédent.

L’idée principale développée par Alain Finkielkraut dans « La seule exactitude », c’est que le système politico-médiatique français a un problème de synchronisation historique : il se croit dans les années 1930 et combat un ennemi nazi imaginaire, et il refuse de voir les menaces actuelles.

On peut seulement regretter trois points particuliers.

D’abord, une toute petite partie du livre est consacrée à Heidegger2 et Lévinas3. Pour un lecteur comme moi, qui n’est malheureusement pas un lecteur assidu de ces philosophes, il n’est pas aisé de comprendre la totalité de la pensée finkielkrautienne sur le sujet.

Ensuite, on peut regretter un emploi assez intense du mot « juif » dans les chroniques. L’auteur officiant sur RCJ (radio de la communauté juive), on lui pardonnera ce léger excès.

Enfin, l’attitude d’Alain Finkielkraut envers le front national demeure un mystère. Il écrit par exemple : « Au nom de l’universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale. Mais si les nations ne distinguaient pas leurs citoyens et ne leur réservaient pas certaines prérogatives, ce ne seraient plus des nations, ce seraient des galeries marchandes, des salles des pas perdus ou des aéroports ». Alain Finkielkraut s’exprime ici comme le front national. Mais il poursuit immédiatement ainsi : « Ce qui est grave et doit être dénoncé, c’est le fait de s’appuyer sur cette préférence pour refuser tout droit aux étrangers, comme le voudrait le parti de Marine Le Pen4 ». Ce qui est manifestement faux : sur quoi donc s’appuie-t-il pour écrire çà ? Il ne nous le dit pas.

.

1- Voir chronique du 14 octobre 2015 : « Finkielkraut : l’identité malheureuse ».

2- Martin Heidegger (1889-1976) : philosophe allemand.

3- Emmanuel Lévinas (1906-1995) : philosophe d’origine lituanienne, naturalisé français en 1930.

4- Marine Le Pen : présidente du front national.

 

Les droites nationales dans les partis politiques européens

 

Le MENL (Mouvement pour l’Europe des Nations et des Libertés) comprend les partis suivants :

  • front national (France)

  • Vlaams Belang (Belgique)

  • ligue du Nord (Italie)

  • FPO (Autriche)

  • OKS (république tchèque)

Il est présidé par Louis Aliot (front national).

L’APL (Alliance pour la Paix et la Liberté) comprend notamment le NPD1 allemand, Aube dorée (Grèce) et le LSNS2 (parti populaire Notre Slovaquie).

.

1- Voir chroniques du 20 mars 2016 : « Recomposition allemande ? » et du 20 septembre 2016 : « Camouflets pour la chancelière ».

2- Voir chronique du 6 mai 2016 : « Elections législatives slovaques ».