Toujours bénéficiaires du droit d’asile ?

A l’issue d’un procès1, où les avocats des quatre Bosniaques ont apparemment créé un incident parce qu’ils étaient choqués que, pendant la plaidoirie de l’avocat de la famille de la victime, des photographies du défunt soient projetées sur les écrans du tribunal, deux des accusés ont été condamnés à 14 ans de prison, un à 10 ans et le dernier à 8 ans.

Après la conclusion judiciaire provisoire de cette affaire, il faut bien noter que la presse a évité de poser certaines questions, et de nous en fournir les réponses. Je ne parle que de la presse régionale, les journalistes nationaux s’étant montrés d’une discrétion, voire même d’un mutisme exemplaires.

A l’époque de la mort de Jérémy Mortreux, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence, Patricia Willaert, avait indiqué2 que c’était en vertu du statut de réfugié que les suspects bosniaques, “connus pour des faits de délinquance n’ont pas été reconduits ou expulsés dans leur pays d’origine”, et que la préfecture « avait déjà signalé leur situation et sollicité l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) pour qu’il réexamine leur statut », et que « l’OFPRA, organisme indépendant, n’avait pu, en application du droit, que confirmer le statut de réfugié de ces personnes, ce qui ne permettait donc pas légalement de les renvoyer dans leur pays d’origine ».

Questions.

Quels sont ces « faits de délinquance » antérieurs ?

D’après Haute-Provence-Info3, les quatre Bosniaques sont arrivés en France en 2004. La guerre de Bosnie s’étant officiellement terminée le 14 décembre 1995 par les accords de Dayton signés à Paris, pourquoi ont-ils obtenu le statut de réfugié en 2004 ou ultérieurement à 2004 ? Pourquoi avaient-ils toujours le statut de réfugiés en 2014, près de 20 ans après la fin de la guerre ?

Et enfin, ont-ils toujours le statut de réfugié ?

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1- Voir chronique du 6 janvier 2018 : « Non-intentionnel ».

2- Propos cités dans : « Mort de Jérémy Mortreux : les suspects bosniaques ont le statut de réfugiés », le Dauphiné, 21 juin 2014, article non-signé (site Internet).

3- Bernard Aigrot : « De 8 à 14 ans de réclusion pour les meurtriers de Jérémy »,Haute-Provence-Info, 16 décembre 2017.

Non-intentionnel

Il y a certains jours où l’on prend parfois très nettement conscience de certaines de nos incapacités.

En ce qui me concerne, en décembre dernier, j’ai une fois de plus pris conscience de mon inaptitude à exercer des fonctions judiciaires.

J’ai en effet lu ceux qui ont tué Jérémy Mortreux étaient poursuivis pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ».

Rappel des faits.

Le 16 juin 2014, à Digne (Alpes-de-Haute-Provence), Jérémy Mortreux, pensant reconnaître les voleurs de son téléphone portable qu’il s’était fait dérober la veille, retrouve les frères Osmanovic, quatre immigrés bosniaques ayant le statut de réfugié.

Jérémy Mortreux, 30 ans, meurt sur une petite place de la ville de Digne.

Il meurt de quatre coups de couteau, qualifiés par la justice de « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ».

C’est là que transparaît mon inaptitude judiciaire ; je suis incapable de comprendre ; quand on est à quatre contre un, et qu’on donne quatre coups de couteau, c’est dans quelle intention ?

Un marteau pour la bibliothèque

Depuis quelques mois, j’ai pu constater la présence d’agents de sécurité à la bibliothèque municipale de Roubaix.

Le quotidien régional la Voix du Nord peut aider à comprendre ce déploiement. « Depuis plusieurs mois, c’est de toute évidence devenu un point de convergence pour des jeunes, qui en dehors des heures de classe n’ont pas pour but de consulter des ouvrages », explique le quotidien1, qui raconte que le 22 mars après-midi, la police municipale a confisqué dans la bibliothèque un marteau qui allait servir à des « jeunes » pour régler des comptes dans le bâtiment.

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1- Marc Grosclaude : « L’altercation entre jeunes à la médiathèque allait se jouer à coups de marteau », la Voix du Nord, 23 mars 2017.

De la convivialité dans les bibliothèques

Cette décennie, j’ai fréquenté la bibliothèque municipale de Roubaix ; pendant un an, j’ai aussi eu l’occasion de me rendre à celle de Versailles.

Les deux bibliothèques n’offrent pas les mêmes conditions.

Pas du point de vue matériel ; ces deux institutions ont une surface importante, et un catalogue très conséquent.

En revanche, pour les conditions de travail, c’est très différent.

Un exemple très simple pour comparer. Lorsque je lis un journal ou une revue, si je trouve un article intéressant, j’en prends parfois une photographie numérique pour le relire ou l’exploiter chez moi ultérieurement. Quand on utilise un appareil photographique, çà fait toujours un peu de bruit. A Versailles, la bibliothèque fermait le samedi à 18h00. Une dizaine de minutes avant, une musique d’ambiance était diffusée, afin de prévenir en douceur qu’il était temps de se préparer à partir, de faire enregistrer à l’accueil les ouvrages que l’on souhaite emprunter. Ce n’est qu’à partir du début de cette musique que j’osais photographier ; le reste du temps, j’aurais eu l’impression de déranger les autres usagers. A Roubaix, pas de tel scrupule ! Le bruit est tellement important dans la bibliothèque, que je peux utiliser mon appareil photographique n’importe quand, sans que cela ne se remarque.

Une caractéristique de la bibliothèque municipale de Roubaix est que l’on y vient pour beaucoup d’autres choses que pour lire, contrairement à Versailles. Les « jeunes » affalés sur les fauteuils en bout des rayonnages, les mains dans les poches de leur pantalon de survêtement en train de se gratter les couilles le regard particulièrement intelligent, ne me demandez pas ce qu’ils font à la bibliothèque ; il est en tous cas hautement improbable qu’ils y aient jamais emprunté un livre. La présence dans ces fauteuils est exclusivement masculine. En revanche, les chaises autour des tables sont utilisées par une population mixte, qui utilise parfois livres et revues ; contrairement à Versailles, c’est beaucoup plus convivial ; boisson et nourriture permettent de passer un bon moment ; quand vous vous installez à une table, vous pouvez ainsi avoir la chance de devoir d’abord pousser un tas d’immondices pour dégager l’espace, à moins que de la compote de pommes sur la table ne vous incite plutôt à essayer d’en trouver une autre. Le côté convivial de Roubaix, c’est aussi que lorsque vous empruntez une revue, vous pouvez connaître le menu des précédents lecteurs, notamment en fonctions des miettes et des corps gras que vous y retrouvez. Au moins dans cette chronique, on ne pourra pas me taxer d’islamophobie ; en effet, en tant qu’utilisateur de la bibliothèque municipale de Roubaix, je suis très content en période de ramadan….

Avant de clore cette chronique, je voudrais contester par avance une remarque qui ne manquera pas d’être faite par certains, surtout d’ailleurs par des gens de gauche. Ils estimeront que cette différence est normale, car Versailles est une ville « bourgeoise » et riche, et Roubaix une ville « populaire » et pauvre ; cette explication me paraît non seulement fausse, mais en plus très insultante. Non ; le peuple français, les pauvres ne sont pas forcément impolis. Non ; ce n’est une caractéristique ni du peuple français ni des pauvres de forcément laisser des miettes de biscuit ou de la mayonnaise dans les revues.

Elections législatives aux Pays-Bas

Mercredi 15 mars 2017, les Néerlandais votaient pour leurs élections législatives.

Leurs 150 députés sont élus à la proportionnelle dans une circonscription nationale unique ; une liste doit obtenir au minimum 0,67% des voix pour obtenir des sièges.

Le gouvernement sortant était soutenu par une coalition droite-gauche composée du VVD (parti populaire libéral et démocrate) du premier ministre Mark Rutte et du PvdA (parti travailliste).

Ces deux partis baissent fortement. Le VVD passe de 26,5% (41 sièges) en 2012 à 21,29% (33 sièges). Quant au PvdA, il s’effondre de 24,8% en 2012 (38 sièges) à 5,70% (9 sièges).

Le PVV progresse, et arrive en deuxième position dans ce scrutin, avec 13,06% (20 sièges). Le PVV (parti pour la liberté) a été créé en 2006, en prolongement du « groupe Wilders », créé en septembre 2004 par Geert Wilders, alors député du VVD. Le PVV est membre du groupe ENL au parlement européen1. Il a obtenu 5,9% (9 sièges) aux législatives de 2006, progressé jusqu’à 15,4% (24 sièges) en 2010, puis baissé à 10,1% (15 sièges) en 2012. Aux élections européennes de 2009, il a culminé à 17%, puis obtenu 13,3% en 2014.

Le PVV était légèrement concurrencé cette année par le FvD (forum pour la démocratie), créé en 2016, notamment par l’essayiste Thierry Baudet, dont un des livres a été traduit en français (« Indispensables frontières ») ; le FvD obtient 1,78% des voix et 2 sièges.

La GL (gauche verte) progresse de 2,33% (4 sièges) en 2012 à 9,13% (14 sièges) en 2017.

Parmi les autres partis en lice ayant obtenu des élus, notons Denk qui obtient 2,06% des voix et 3 députés pour cette première participation aux élections législatives. Denk a été fondé en 2016 par d’anciens membres du parti travailliste, pour regrouper les Néerlandais d’origine étrangère.

Au total, les députés élus sont émiettés entre 13 partis.

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1- Voir chronique du 5 novembre 2016 : « Les droites nationales européennes dans les groupes parlementaires ».

Naturalisations en Suisse

Le 12 février 2017, les Suisses avaient à se prononcer sur trois textes. L’un d’eux visait à faciliter la naturalisation des « étrangers de la troisième génération » et des enfants apatrides. Cette mesure a été approuvée à une très large majorité (60,4%).

Ce référendum constitue une défaite nette pour la droite nationale suisse, qui tranche avec des référendums antérieurs soit hostiles à l’immigration, soit favorables, mais avec un résultat nettement plus serré.

Camus : le changement de peuple

J’ai lu le livre de Renaud Camus « Le changement de peuple », publié en 2013 (90 pages). Renaud Camus est souvent présenté comme « le théoricien du grand remplacement » ; il utilisa cette expression en 2010 dans des conférences, pour décrire le processus en cours dans certaines parties du pays, et publia un livre en 2011, « Le grand remplacement », qui regroupait ces allocutions.

N’ayant point lu ce livre, je pensais pouvoir faire l’économie de sa lecture, et trouver dans « Le changement de peuple » une version plus élaborée et définitive de la réflexion de Renaud Camus sur le sujet.

Mais ce fut une déception. Alors que j’attendais, excessivement sans doute, de ce livre plus tardif qu’il fût à la fois solidement et concrètement argumenté, on a malheureusement souvent l’impression de lire des généralités ne reposant sur aucun chiffre, ni fait. Le goût de l’auteur pour l’emploi de mots bizarres n’apporte de plus rien à la démonstration ; par exemple, l’utilisation de « nocence », qui semble être plus ou moins l’équivalent de « nuisance », ne contribue qu’à des digressions linguistiques plus ou moins fondées.

Il est néanmoins utile de lire ce livre pour avoir une vision de la pensée de Camus non-déformée par les lunettes filtrantes et colorées des médias dominants. Un certain nombre de notions et d’arguments y sont exposés, qui donnent matière à réflexion, que l’on y adhère, ou qu’ils soient plus discutables, comme la différence entre l’empire et la colonisation, ou comme son opposition à la politique nataliste qui se traduit presque par un malthusianisme forcené.

Enfin, le livre se termine par trois pages de mesures à prendre d’urgence pour lutter contre le grand remplacement.