Camouflets pour la chancelière

 

Les élections régionales du 4 septembre 2016 dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et du 18 septembre 2016 à Berlin, ont permis à l’AFD1 d’entrer en force dans ces deux assemblées régionales.

Ces deux scrutins ont vu la participation grimper par rapport à la précédente élection de 2011 : 61,9% dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (51,5% en 2011) et 66,9% à Berlin (62% en 2011).

L’AFD, absente du précédent scrutin, a obtenu 20,8% des voix dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, devançant la CDU de la chancelière Angela Merkel. L’AFD a obtenu 14,2% à Berlin. Dans la capitale allemande, l’AFD obtient ses meilleurs scores dans l’ancien Berlin-Est (29% à Marzahn-Hellersdorf-1 et 28,5% à Marzahn-Hellersdorf-3).

Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, les autres partis politiques ont baissé par rapport à 2011 ; le SPD obtient 30,6% (35,6% en 2011), la CDU 19%  (23% en 2011), Die Linke 13,2% (18,4% en 2011), les Verts 4,8% (8,7% en 2011),  le NPD 3% (6% en 2011). Les Verts et le NPD, passant au-dessous de la barre des 5%, ne sont plus représentés dans l’assemblée régionale.

A Berlin, le SPD, la CDU, les Verts et le Parti des Pirates ont baissé par rapport à 2011 ; le SPD obtient 21,6% (28,3% en 2011), la CDU 17,6% (23,3% en 2011), les Verts 15,2% (17,6% en 2011) et le Parti des Pirates 1,7% (8,9% en 2011) ;  le Parti des Pirates, créé en 2006 pour défendre la liberté totale sur Internet, la légalisation des drogues et l’immigration sans limites, disparaît de l’assemblée régionale, en raison de son score inférieur à 5%. En revanche, deux autres partis sont en progression : Die Linke obtient 15,6% (11,7% en 2011) et le FDP 6,7% (1,8% en 2011) ; le FDP, qui avait été éjecté de l’assemblée régionale en 2011, y revient donc en 2016.

Au premier semestre 2017, 3 autres élections régionales seront organisées en Allemagne : dans la Sarre (26 mars), dans le Schleswig-Holstein (7 mai) et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (14 mai). Dans ces trois élections, l’AFD semble en mesure de remporter des élus, sans doute avec un score autour de 10% dans chacune de ces régions. Au second semestre 2017, les élections législatives allemandes pourraient enfin donner des députés à l’AFD ; aux précédentes élections, en 2013, l’AFD avait raté de peu la barre des 5% nécessaires pour obtenir des députés (4,7%).

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1- Voir chronique du 20 mars 2016 : « Recomposition allemande? »

 

 

A la hache et au couteau

Après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, voici une liste non-exhaustive de quelques agressions en France et en Allemagne cet été.

Dans la nuit du 18 juillet 2016, un immigré afghan (ou pakistanais), âgé de 17 ans, a blessé 5 personnes dans un train en Bavière, près de Wurtzbourg, avant d’être tué par la police. Cette attaque à la hache et au couteau a été revendiquée par l’Etat islamique.

Mardi 19 juillet 2016, dans un village de vacances à Garde-Colombe (Hautes-Alpes), Mohamed Boufarkouch, un Marocain « connu des services de police » résidant à Limay (commune limitrophe de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines), a frappé de coups de couteau au thorax une mère et ses trois filles. D’après une partie de la presse française, son agression n’a rien à voir avec l’islam, même s’il a crié « Allah Akbar » après son arrestation, au moment de la prise de ses empreintes digitales.

Le 22 juillet 2016, devant un McDonald’s de Munich (Bavière) et dans le centre commercial proche, un germano-iranien de 18 ans a tué 9 personnes par balles (dont 6 enfants) et s’est suicidé.

Une explosion à Ansbach (en Bavière) a blessé une dizaine de personnes le 24 juillet 2016. L’attentat a été commis par un immigré syrien arrivé en 2014 en Allemagne. Sa demande d’asile avait été refusée, et il devait être expulsé du pays. Le terroriste est mort dans l’explosion. L’attentat a été revendiqué par l’Etat islamique.

Le 24 juillet 2016, dans une rue de Reutlingen (Bade-Wurtemberg), un immigré syrien « connu des services de police » a tué à la machette une femme enceinte.

Le 26 juillet 2016, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), un prêtre de 86 ans, le père Jacques Hamel,  a été égorgé pendant la messe. Les deux terroristes musulmans ont été tués par la police. L’un d’eux, Adel Kermiche, condamné, n’était pas en prison, mais vivait en liberté avec port d’un bracelet électronique. Le second, Abdel-Malik Petitjean, a été adopté 6 mois après sa naissance par un Français qui s’était mis en couple avec sa mère. De décembre 2015 à avril 2016, il travaillait comme bagagiste à l’aéroport de Chambéry.

Le 2 août 2016, à Plan-de-Campagne (près de Marseille), un jeune garçon et une jeune fille, qui s’inquiétaient du sort d’un jeune chien dans une voiture stationnée au soleil, sont frappés par le couple propriétaire du véhicule, Abdelhak Attout (déjà condamné pour violence) et Sonia Missaoui. Les deux adolescents se réfugient dans un magasin. L’homme, devant le magasin, montre ses parties intimes, et lance : « Je t’attends ; quand tu sors, je te tue ». La commerçante, qui a donné refuge aux enfants, est menacée : « Toi, la blonde, on va te crever avec Daesch1 ». Arrêté, le couple menace un policier, en mimant un égorgement. Lors de l’audience judiciaire, maître Keita, l’avocat d’Attout, a livré son explication des faits : « Il voit ces deux enfants terrorisés qui partent en courant ; donc il pense qu’ils ont volé, car ils partent en courant. Lui, maîtrise mal le français ; comme il n’a pas le langage, il lui reste la violence, d’où cette réaction primaire2 ».

Le 6 août 2016, à Charleroi (Belgique), deux policières ont été blessées lors d’une attaque à la machette du commissariat, au cri d’ « Allah Akbar », par un immigré algérien, illégalement présent sur le territoire belge et qui avait fait l’objet de deux arrêtés d’expulsion de 2014 non-exécutés. L’Algérien a été tué par la police. L’attaque a été revendiquée par l’Etat islamique.

Le 19 août 2016, à Strasbourg, un juif a été attaqué à coup de couteau par un musulman au cri d’ « Allah Akbar ». L’agresseur avait déjà attaqué un juif à Strasbourg en 2010, mais n’avait  pas été condamné, en raison de troubles mentaux.

Le 22 août 2016, un facteur de 56 ans promènait son chien à Saint-Doulchard, près de Bourges. Il est assassiné d’une quarantaine de coups de couteau. Un habitant de la même commune, Azzedine Bendeghim, a été arrêté, mais a nié l’agression. Une expertise psychiatrique est en cours.

Le 30 août 2016, à l’entrée d’un commissariat de Toulouse, un policier de 21 ans a été blessé au couteau à la gorge. L’agresseur, Abderrahmane Amara, né à Alger, a aussi tenté de s’emparer de l’arme de service du policier. Il aurait expliqué son geste en disant : « J’en ai marre de la France ». Il avait déjà été arrêté en juillet 2014 pour avoir lancé un cocktail Molotov sur une synagogue, mais n’avait pas été condamné, en raison de troubles mentaux.

A Cambrai, le 30 août 2016, un individu cagoulé tirait de la fenêtre de son appartement en criant « Allah Akbar ». Les tirs n’ont pas fait de victime. Le tireur était connu pour des faits de délinquance. Il a été placé en hôpital psychiatrique.

Enfin, un cas d’export de ces nouvelles mœurs françaises à l’étranger, en Australie en l’occurrence. Le 23 août 2016, le Français Smail Ayad a tué au couteau une jeune Britannique de 21 ans, Mia Aylife-Chung. Thomas Jackson, citoyen britannique de 30, blessé dans l’attaque, est décédé quelques jours plus tard. L’agresseur a crié « Allah Akbar », mais on nous assure que cette agression n’a rien à voir avec l’islam ; il aurait agi par dépit amoureux.

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1- Daesch : Etat islamique.

2- Cité dans Jean-Luc Crozel : « Aix : des ados agressés car inquiets pour un chiot », La Provence (Internet), 24 août 2016.

 

 

 

 

Quatre élections post-estivales

 

 

Nous suivrons particulièrement quatre élections en septembre et octobre prochains ; dans deux régions allemandes, en Autriche et en Hongrie.

En Allemagne, le land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale renouvellera son assemblée le 4 septembre 2016, et Berlin le 18 septembre. Dans ces deux élections, le résultat de l’AFD1, créée en 2013, et donc absente du précédent scrutin en 2011, sera probablement l’événement principal. Il semble qu’un score supérieur à 5%, et donc des élus, soit probable dans ces deux élections, et qu’un score supérieur à 10% soit possible dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Le NPD, qui a des élus dans l’assemblée régionale du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale depuis dix ans (7,3% des voix en 2006 et 6% en 2011), devrait probablement pâtir de la concurrence de l’AFD et pourrait ne pas franchir la barre des 5% nécessaires pour obtenir des élus.

En Autriche2 , l’écologiste Alexander van der Bellen avait été élu le 22 mai 2016, avec 50,35% des voix, contre 49,65% à Norbert Hofer, candidat du FPO. Le 1er juillet 2016, le tribunal constitutionnel autrichien a annulé le second tour de l’élection, en raison d’irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance. Le second tour sera rejoué entre les deux candidats le 2 octobre 2016.

Enfin, le même jour, la Hongrie organisera un référendum sur la volonté de l’Union européenne d’imposer des quotas minimum d’immigrés aux pays de l’Union. Les électeurs devront répondre à la question : « Voulez-vous que l’Union européenne ait le droit d’imposer l’installation de citoyens non-hongrois sur le territoire de la Hongrie sans l’accord du parlement ? »

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1- Voir chronique du 20 mars 2016 : « Recomposition allemande? »

2- Voir chronique du 24 mai 2016 : « Election serrée en Autriche »

 

 

 

 

Recomposition allemande?

Après la seconde guerre mondiale, la politique allemande a d’abord été principalement organisée autour de trois partis politiques: la CDU, le SPD et le FDP.

La CDU1 (union chrétienne-démocrate d’Allemagne) est le parti de droite allemand, dont les débuts ont été très marqués par l’anticommunisme, dans un contexte où le pays était divisé en deux, et où l’Allemagne de l’Est était sous le joug d’un régime communiste.

La CDU a donné 5 chanceliers à L’Allemagne depuis la création de la RFA2: Konrad Adenauer (1949-1963), Ludwig Erhard (1963-1966), Kurt Kiesinger (1966-1969), Helmut Kohl (1982-1998) et Angela Merkel (depuis 2005).

La CSU3 (union chrétienne-sociale) est un parti régional un peu plus à droite que la CDU. La CDU et la CSU sont alliées en permanence. La CDU ne présente jamais de candidats en Bavière. A une exception (élections régionales de 1957 en Sarre), la CSU ne présente des candidats qu’en Bavière. La CSU est particulièrement bien implantée en Bavière; aux dernières élections régionales bavaroises, la CSU a obtenu 47,7% des voix, et a formé une coalition régionale avec le FDP. Les meilleurs scores de la CSU aux élections régionales bavaroises ont été en 1974 (62,1%) et 2003 (60,7%).

CSU

Le SPD4 (parti social-démocrate d’Allemagne) existait avant la seconde guerre mondiale. Après la fin de la guerre, le SPD se reconstitue. En Allemagne de l’Est, sous la pression des Soviétiques, le SPD fusionne avec le parti communiste pour former le SED5 (Parti socialiste unifié d’Allemagne); en RFA, le SPD refuse la proposition de fusion faite par le parti communiste en 1949. En 1959, au congrès de Bad Godesberg, le SPD abandonne le marxisme, dénonce le communisme et reconnaît l’économie de marché.

3 membres du SPD ont été chanceliers depuis la fin de la seconde guerre mondiale: Willy Brandt (1969-1974), Helmut Schmidt (1974-1982) et Gerhard Schroeder (1998-2005).

La CDU et le SPD ont parfois formé une « grande coalition » pour gouverner l’Allemagne: entre 1966 et 1969, de 2005 à 2009, et depuis 2013. Des gouvernements de grande coalition sont aussi parfois mis en place dans les Etats régionaux allemands, les Lands. Ainsi en Thuringe de 2009 à 2014, en Mecklembourg-Poméranie-occidentale depuis 2006, en Saxe-Anhalt depuis 2006, à Berlin depuis 2011, en Sarre depuis 2012 et en Saxe depuis 2014.

Le FDP6 (parti libéral-démocrate d’Allemagne) est un parti de centre-droit, qui s’allie d’abord avec la CDU. En 1966, il quitte la coalition avec la CDU, et forme une coalition avec le SPD en 1969. En 1982, il rompt la coalition avec le SPD, ce qui fait tomber le chancelier social-démocrate Helmut Schmidt; le chrétien-démocrate Helmut Kohl devient chancelier; ce changement de majorité s’effectue sans élection, juste à cause du changement d’allié du FDP. Cette manœuvre, qui peut être considérée comme une trahison, car survenant en cours de législature, coûte cependant cher au FDP dans la suite de l’année 1982; aux élections régionales en Bavière, en Hesse et à Hambourg, il passe au-dessous du seuil des 5% nécessaires pour obtenir des élus, et disparaît des assemblées de ces trois régions. Aux élections législatives de l’année suivante, le 6 mars 1983, les électeurs donnent néanmoins la majorité à la coalition CDU/FDP, confirmant la position d’Helmut Kohl à la chancellerie. Dès lors, le FDP reste ancré à droite. En 2009, le FDP obtient son meilleur score à une élection législative (14,6% des voix et 93 députés sur 622). Aux élections législatives suivantes, le FDP s’effondre et passe à 4,76% des voix, et disparaît donc du parlement fédéral en 2013.

Les Verts (« die Grünen »), parti créé en 1980, entrent au parlement fédéral en 1983. Ils deviennent le quatrième parti important de la RFA. Ils s’allient au SPD. Ancrés à l’extrême-gauche, partisans du désarmement de l’Occident alors que les Soviétiques déployaient leurs missiles en Europe de l’Est, les Verts ont été surnommés le « parti pastèque »: vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

Après la réunification allemande, un cinquième parti s’installe de manière durable dans le paysage politique de la RFA. Le SED, parti de la dictature communiste en Allemagne de l’Est, change de nom et devient le PDS7 (parti du socialisme démocratique). En 2005, il s’allie avec un groupe de dissidents de gauche du SPD, et fusionne en 2007 avec lui pour former « Die Linke »8. Ce parti obtient 11,9% des voix aux élections législatives en 2009 et 8,6% en 2013. Die Linke est nettement plus fort dans l’ancienne Allemagne de l’Est que dans celle de l’Ouest. Ainsi, aux élections régionales, il obtient parfois des scores confidentiels à l’Ouest (2,1% en 2013 en Bavière, 2,2% en 2012 au Schleswig-Holstein, 2,8% en 2016 en Rhénanie-Palatinat, 2,9% en 2016 dans le Bade-Wurtemberg, 8,5% en 2015 à Hambourg, 9,5% en 2015 à Brême), et bien plus importants à l’Est (18,6% en 2014 dans le Brandebourg, 28,1% en 2014 en Thuringe); Die Linke est en coalition avec le SPD dans le Brandebourg, dont le président est membre du SPD, et a conquis la présidence de la Thuringe, avec le soutien du SPD et des Verts.

Face à ces 5 principaux partis, la droite nationale n’a pas réussi à s’implanter de manière durable et conséquente. Peut-être parce que la société allemande est plus « centriste ». Sans doute parce que la CSU, alliée à la CDU, mais plus à droite que la CDU, a capté une partie des partisans de la droite nationale. Sans doute, parce qu’elle a toujours été divisée entre différents partis et groupuscules, ce qui l’a empêchée d’obtenir un score important, notamment 5% dans les élections législatives nationales. Les différents partis ont parfois obtenu des scores conséquents, mais jamais de manière durable, ni sur l’ensemble du pays. Les élections de 2015 et 2016 sont peut-être en train de changer la donne.

Le NPD9 (parti national-démocrate d’Allemagne) a été fondé en 1964. Il n’a jamais réussi à dépasser 5% pour les élections législatives; son plus fort score national a été atteint aux élections législatives de 1969 (4,3%). De 1972 à 2002, il obtient toujours moins de 0,7%. De 2005 à 2013, il obtient entre 1,3 et 1,6%. Il a été présent récemment dans deux assemblées régionales: le Meckembourg-Poméranie occidentale (7,3% et 6 élus en 2006; 6% et 5 élus en 2011) et la Saxe (9,2% et 12 élus en 2004; 5,6% et 8 élus en 2009; 4,95% et aucun élu en 2014).

La DVU10 (union populaire allemande) est fondée en 1971 par un ancien membre du NPD. La DVU fusionne avec le NPD en 2010.

Les Republikaner (républicains) sont fondés en 1983 par deux anciens députés de la CSU; ils sont présidés à partir de 1985 par Franz Schönhuber. Ils obtiennent leur plus grand succès électoral en 1989, aux élections européennes: 7,1% et 6 députés, qui siègent au parlement européen au sein du groupe GTDE11, présidé par Jean-Marie Le Pen. Le parti périclite après cette élection.

REP

Des mouvements régionaux voient aussi le jour: les mouvements PRO. Le mouvement Pro-Köln (« pour Cologne ») est créé en 1996 contre l’islamisation de la ville. Il obtient quelques sièges aux élections municipales de Cologne en 2004 et 2009, mais ne réussit pas à se maintenir en 2014. Le mouvement pro-NRW12 présente des candidats aux élections municipales dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et obtient entre 2% et 6% des voix suivant les villes.

Tous ces mouvements ne sont pas parvenus à émerger de manière durable. Deux nouveaux venus semblent être désormais en mesure de peser davantage: PEGIDA et l’AFD.

Le mouvement PEGIDA13 (Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident) a été lancé en octobre 2014. Il s’est renforcé en organisant les « manifestations du lundi soir » dans diverses villes d’Allemagne. Le mouvement reprend le procédé des manifestations du soir organisées par l’opposition au régime communiste en Allemagne de l’Est en 1989 et 1990; il en reprend aussi le slogan: « Wir sind das Volk14« 

Le loge de PEGIDA est un bonhomme stylisé, jetant à la poubelle une croix gammée, un drapeau communiste, le logo du mouvement d’extrême-gauche « Antifas » et le drapeau de l’Etat islamique.

PEGIDA

L’AFD15 (alternative pour l’Allemagne) a été créée le 6 février 2013. Initialement, le programme de ce parti est surtout économique: il prône la sortie de la monnaie unique européenne. Puis il s’oriente sur des positions contre l’immigration massive et l’islamisation que subit l’Allemagne, notamment avec l’élection de Frauke Petry à sa présidence en juillet 2015.

 AFD

En septembre 2013, l’AFD crée la surprise aux élections législatives en obtenant 4,7% des voix, ratant de peu la barre des 5%. La même année, elle ne peut entrer à l’assemblée du Land de Hesse, obtenant quand même 4% des voix à ces élections régionales.

En 2014, l’AFD commence à engranger les succès. Aux élections européennes de juin 2014, elle obtient 7% des voix et 7 députés. Aux élections régionales, elle obtient 12,16% dans le Brandebourg (11 élus), 10,57% en Thuringe (11 élus) et 9,74% en Saxe (14 élus). Le bon score de l’AFD en Saxe a sans doute pour conséquence la disparition du NPD de l’assemblée de Saxe (voir supra).

En 2015, l’AFD entre dans deux nouvelles assemblées régionales: à Brême (5,5% des voix et 5 élus) et à Hambourg (6,1% et 8 élus).

Le 5 juillet 2015, c’est un membre du FDP qui devient maire de Dresde avec le soutien de la CDU, de l’AFD et de PEGIDA. Au premier tour de l’élection, le 7 juin 2015, PEGIDA avait obtenu 9,6% des voix et l’AFD 4,8%.

En 2016, l’AFD passe à la vitesse supérieure, dans un contexte où la chancelière allemande Angela Merkel a fait entrer en Allemagne plus d’un million d’immigrés en 2015.

Le 6 mars 2016, lors des élections municipales dans le land de Hesse, l’AFD a obtenu 13,2% des voix, avec des pointes dans certaines petites communes (22,3% à Bad-Karlshafen, 19,6% à Dietzenbach, 17,4% à Bensheim) et même 15,9% à Wiesbaden. Lorsque l’AFD ne présentait pas de candidats, le NPD est en progression; le NPD obtient 17,3% des voix dans la commune de Leun (5,2% aux élections municipales de 2011), 14,2% à Büdingen (2,2%  en 2011), 12,3% à Altenstadt (1,2% en 2011). Idem pour les Republikaner qui obtiennent 12,4% à Hanau (4,2% en 2011), 9,8% à Ebersburg (pas de liste en 2011) et 8,7% à Fulda (1,8% en 2011).

Le 13 mars 2016, l’AFD entre dans 3 nouveaux parlements régionaux, en obtenant des scores importants: Bade-Wurtemberg (15,1% et 23 élus), Rhénanie-Palatinat (12,57% et 14 élus) et Saxe-Anhalt (24,21% et 24 élus). En Saxe-Anhalt, l’AFD arrive en deuxième position, derrière la CDU.

En 2017, les Allemands voteront pour leurs élections législatives. Le résultat de l’AFD sera un des principaux enjeux de l’élection.

1- CDU: Christlisch Demokratische Union Deutschlands

2- RFA: République Fédérale d’Allemagne

3- CSU: Christlich Soziale Union

4- SPD: Sozialdemokratische Partei Deutschlands

5- SED: Sozialistische Einheitspartei Deutschlands

6- FDP: Freie Demokratische Partei

7- PDS: Partei des demokratischen Sozialismus

8- Die Linke: « la gauche »

9- NPD: Nationaldemokratische Partei Deutschlands

10- DVU: Deutsche Volksunion

11- GTDE: Groupe Technique des Droites Européennes

12- Bürgerbewegung pro NRW: mouvement populaire pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie

13- PEGIDA: Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes

14- Nous sommes le peuple.

15- AFD: Alternative für Deutschland

 

Taharrush gamea

 

L’Europe a accueilli en 2015 un nombre d’immigrés considérable. Le pays qui a le plus collaboré à cette arrivée massive, voire l’a même provoquée, a été l’Allemagne. En 2015, ce pays a accueilli plus d’un million d’immigrés, musulmans pour la plupart. D’autres pays en ont beaucoup moins accueilli, mais dans une proportion importante quand même, si l’on met en rapport ces arrivées avec le nombre d’habitants de la population autochtone.

Ce flux de population a provoqué des problèmes de cohabitation et d’insécurité, que les autorités et les organes de presse ont généralement dissimulés, ou minimisés. Pour ne pas augmenter l’inquiétude des populations locales face à ce flot.

Cette omerta a volé en éclats en ce début d’année 2016, après la chasse à la blanche, sur la place de la gare de Cologne en Allemagne, la nuit de la Saint-Sylvestre. Il a quand même fallu quelques jours pour que la presse mentionne les faits, d’abord de manière minimisée, puis dans toute son ampleur, c’est-à-dire plus de 500 vols et agressions sexuelles, et plus de 1000 agresseurs étrangers impliqués.

Hommes politiques et journalistes ont dû réorienter leurs discours dans un sens un peu moins immigrationniste après la publicité faite aux événements de Cologne. Mais les vieux réflexes ont la vie dure; par exemple, la réaction de madame Henriette Reker, maire de Cologne, qui, plutôt que de réclamer un arrêt de la déferlante migratoire, a conseillé aux femmes de maintenir avec les hommes « une distance plus longue que le bras ».

Les agressions de Cologne n’ont pas été des événements isolés la nuit de la Saint-Sylvestre.

On a ainsi appris progressivement que d’autres agressions du même type avaient eu lieu ailleurs dans la nuit du Nouvel an. Dans les autres villes, le nombre d’agressions a été moindre. Mais le choc de l’ampleur de Cologne a projeté sous la lumière des tas d’autres agressions partout en Europe, qui, sans Cologne, seraient restés des événements isolés, et seraient restés cachées.

En Allemagne d’abord, des agressions ont été enregistrées la même nuit à Hambourg, Francfort et Bielefield. En Suisse, à Zürich. En Autriche, à Vienne, Innsbrück et Salzbourg.

Partout, les témoignages des victimes montraient, sans ambiguïté, que les agresseurs étaient étrangers, ou d’origine étrangère.

Les autorités allemandes ont été obligées de prendre en compte publiquement cette criminalité étrangère, et de fournir des éléments d’explication à leur population. Dans la conclusion de son rapport1 sur les événements de Cologne, le ministère de l’Intérieur du land de Rhénanie du Nord-Westphalie écrit: « Dans les pays arabes, un modus operandi est connu et désigné sous le terme de « taharrush gamea » (harcèlement sexuel à plusieurs dans un groupe humain) ».

Les agressions de Cologne ont été médiatisées. Mais ce n’étaient pas les premières en Europe depuis le début de la vague d’immigration massive. Antérieurement à Cologne, d’autres faits similaires avaient été camouflés en Europe. Après la révélation des agressions de Cologne, des langues se sont déliées en Europe.

Des agressions antérieures avaient été cachées en Suède en 2014. Lors du festival de rock « We are Stockholm » en août 2014, des agressions sexuelles par des étrangers ont été constatées. Idem pour la version du même festival en 2015. Dans les deux cas, comme les agresseurs étaient étrangers, les faits ont été cachés par la police. Des groupes d’étrangers encerclaient les filles pour les agresser sexuellement. La police suédoise reconnaît qu’elle a caché les faits, sans donner de motif particulier. Le fait que les agressions aient eu lieu en août 2014, et que les Suédois votaient le 14 septembre 2014 pour leurs élections législatives n’a sûrement aucun rapport….

Les événements de Cologne ont aussi eu des effets sur le traitement médiatique des affaires ultérieures. Les agressions et problèmes de cohabitation ont été plus exposés qu’avant.

A Bornheim (Rhénanie du Nord-Westphalie), la piscine a été interdite en janvier 2016 aux immigrés mâles après des plaintes d’Allemandes pour harcèlement verbal; cette mesure n’a été que temporaire, le temps, semble-t-il, que des séances d’information soit effectuées pour les immigrés logés dans un centre hébergement voisin sur la manière de se conduire dans une piscine. Les problèmes dans les piscines semblent courants en Allemagne. Le Süddeutsche Zeitung3 explique que dans plusieurs piscines, des problèmes de harcèlement ont été notés, et que les immigrés se rasent, ou se coupent les ongles à la piscine.

Au Danemark, en janvier 2016, certains restaurants et discothèques ont été interdits aux personnes ne parlant pas anglais, allemand ni danois; en vue évidemment de refouler les immigrés fraîchement arrivés. Métronews2 cite le propriétaire d’un club de la ville d’Haderslev, lui-même d’origine syrienne, qui a décidé lui aussi d’appliquer cette mesure, et qui explique: « Quand ils voient une fille, ils deviennent fous, ils essaient de la toucher ou de s’agripper à ses vêtements ».

Les condamnations suite aux agressions de Cologne risquent cependant d’être très « occidentales ». Pour s’en convaincre, il faut lire l’article4 de Caroline Parmentier dans Présent du 26 février 2016. D’après l’article, il n’y a eu pour l’instant qu’une seule condamnation d’un agresseur, un Marocain, pour un vol d’appareil photo à l’arraché, à 6 mois de prison avec sursis, « c’est-à-dire rien ». En revanche, le quotidien Présent reprend aussi des informations du Süddeutsche Zeitung, indiquant qu’une enquête a été ouverte contre des policiers fédéraux allemands pour violation du secret professionnel, pour avoir révélé au public que des agressions avaient eu lieu à Cologne, alors que les autorités cachaient ces événements.  Dans cette affaire, va-t-on avoir plus de policiers condamnés que de violeurs? Va-t-on avoir des condamnations plus lourdes pour les policiers que pour les agresseurs? Car le bon millier d’agresseurs étrangers va sans doute s’en tirer sans encombres….

Néanmoins, la chasse à la blanche de Cologne, dont l’ampleur n’a pas permis qu’elle reste occultée, a sans doute marqué un tournant majeur dans l’information des peuples européens sur les réalités de l’immigration en Europe, en fracassant la propagande immigrationniste habituelle des gouvernements et de la presse dominante.

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1-  « Rapport du ministère de l’Intérieur sur les agressions à la gare de Cologne dans la nuit de la Saint-Sylvestre » du 10 janvier 2016.

2- Thomas Guien: « Danemark: pour entrer en boîte, les réfugiés sont priés de savoir parler anglais ou allemand », dans Métronews du 20 janvier 2016.

3- Barbara Vorsammer: « Badepass für Flüchtlinge », dans Süddeutsche Zeitung du 16 janvier 2016.

4- Caroline Parmentier: « Cologne: qui a parlé? », dans Présent du 26 février 2016.