Pape fils de pape.

Un petit cas particulier relevé dans le dictionnaire des papes.

Saint Hormisdas, 52ème pape (de 514 à 523), était marié, et veuf avant de devenir pape. Son fils saint Silvère, fut le 58ème pape (de 536 à 537).

Le premier pape non-européen.

Lors de l’interrègne entre Jean-Paul II et Benoît XVI en 2005, des commentateurs se sont interrogés pour savoir quand, pour la première fois, l’Eglise aurait un pape non-européen. Idem quelques années plus tard quand le premier pape sud-américain a parfois été salué comme le premier pape non-européen. Ce qui suinte derrière cette préoccupation d’avoir un pape non-européen, c’est évidemment que l’Eglise serait trop européenne, voire raciste.

Ci-après quelques exemples de cette littérature.

« François Ier régnera désormais sur les 1,2 milliard de catholiques. Successeur de Benoît XVI, le cardinal Jorge Bergoglio, 76 ans, archevêque de Buenos Aires, est le premier pape non-européen de la longue histoire de l’Église catholique », écrit le Populaire du Centre en 2013 (Yves Carroué : « Un pape venu du bout du monde », le Populaire du Centre, 14 mars 2013).

« Malgré son âge, son élection incarne un tournant pour le catholicisme. François Ier ne brise pas seulement le tabou du premier pape non européen », écrit Libération (Eric Jozsef et Mathilde Guillaume : « Argentin mais pas gaucho », Libération, 14 mars 2013).

En une de son édition du 14 mars 2013, le Télégramme met une grande photo du nouveau pape François, le titre « Le pape du bout du monde » et la légende « Aussitôt son élection proclamée, François Ier est entré, hier, dans l’Histoire comme le premier pape non-européen jamais désigné ».

« Comment expliquer cette soudaine ferveur pour ce premier pape non-Européen, élu à la surprise générale ? », s’interroge la Voix du Nord en décembre 2013 (Matthieu Delcroix : « Le pape François, nouvelle icône de l’Eglise », la Voix du Nord, 19 décembre 2013).

« Premier pape non européen, « premier pape du monde de la globalisation », pour l’écrivain italien Umberto Eco, François est pourtant avant tout un fils de migrants », écrit le Monde en octobre 2018 (Ariane Chemin : « Le pape François, petit-fils de migrants », le Monde, 16 octobre 2018).

On trouve aussi cette affirmation dans la presse dite « catholique » française. Ainsi, Isabelle de Gaulmyn écrit-elle dans la Croix : « Ce catholicisme « pas seulement européen » a trouvé un timide début de réponse avec le concile Vatican II et l’accent mis sur l’inculturation. Il se manifeste aujourd’hui avec l’élection du pape François, premier pape non européen, dont on mesure parfois la distance et l’hostilité qu’il rencontre dans une Église romaine encore très marquée par l’histoire du Vieux Continent ». (Isabelle de Gaulmyn : « Léopold Sédar Senghor, l’universel », la Croix, 4 mars 2023).

Toujours dans la Croix, Enrico Letta, ancien premier ministre italien, déclarait dans une interview en 2017 : « Nous devons être une puissance des valeurs, et exporter ces dernières. Le pape François, premier pape non européen de l’histoire, ne dit pas autre chose quand il nous met face à nos responsabilités ». (la Croix, 6 octobre 2017).

En 2014, le Pèlerin écrit : « Premier pape non européen de l’histoire, François s’adresse au continent tout entier avant même de visiter les grandes nations qui ont fait l’histoire de l’Église ». (Gwenola de Coutard et Christophe Henning : « Le pape François va-t-il réveiller l’Europe ? », le Pèlerin, 20 novembre 2014).

La Voix du Nord n’est pas un journal catholique, mais un quotidien régional du Nord. On y lit en 2013 : « Le fait d’avoir élu un pape originaire d’Amérique latine, et pour la première fois un pape non européen, est un signal fort qui correspond au déplacement du centre de gravité de l’Église ». L’auteur de cette phrase est néanmoins Bruno Cazin, qui est alors président recteur délégué de l’université catholique de Lille, et présenté comme prêtre et licencié en théologie. (la Voix du Nord, 17 mars 2013).

Le Bien public n’est pas non plus un organe catholique. Ce journal cite le père Luc Lalire, présenté comme président du pôle Amérique latine à la conférence des évêques de France. « Quant au fait qu’il soit le premier pape non européen de l’histoire, pour le père Lalire, le symbole est fort », (Eric Chazerans : « Ce pape qui les a surpris », le Bien public, 15 mars 2013).

Mais il est faux de dire qu’il n’y avait eu aucun pape non-européen avant François.

D’abord, il ne semble pas nécessaire d’être un expert de l’Histoire de l’Eglise pour savoir que le premier pape était saint Pierre ; qu’il était contemporain du Christ ; et qu’il était né à Bethsaïde en Galilée, dans le nord d’Israël. Donc que le premier pape (même si l’on ne le désignait sans doute pas ainsi) n’était pas européen.

Saint Pierre ne fut pas le seul pape non-européen. Mais il faut admettre que les suivants ne sont sans doute pas aussi connus. Ce qui ne constitue pas une excuse pour ceux qui écrivent qu’il n’y eut aucun pape non-européen, car avant d’écrire des affirmations péremptoires de ce style, il est recommandé de vérifier. Et sur ce sujet, c’est très facilement vérifiable.

Il y eut saint Evariste, 5ème pape, autour de l’an 100, né à Béthléem.

Saint Anicet, 11ème pape (de l’an 155 à l’an 166), était né à Emèse (actuellement Homs) en Syrie.

Saint Victor Ier, 14ème pape (de 189 à 199), était né en Afrique du Nord, et était d’origine berbère.

Saint Miltiade, 32ème pape (de 311 à 314), était né en Afrique, et était lui aussi d’origine berbère. C’est sous son pontificat que l’empereur Constantin signe l’édit de Milan en 313, accordant la liberté de culte aux chrétiens.

Saint Gélase Ier, 49ème pape (de 492 à 496), se disait « Romain de naissance », ce qui ne veut pas forcément dire qu’il était né dans la ville de Rome. Son père était originaire d’Afrique, d’origine berbère. Il est connu pour avoir refusé de s’associer à la démarche du sénat romain qui demandait à l’empereur byzantin Anastase Ier de reconnaître le Goth Théodoric comme roi d’Italie et pour avoir ensuite écrit en 494 une lettre à l’empereur pour justifier sa décision, distinguant les deux pouvoirs : le spirituel qui émane des papes, le temporel exercé par l’empereur.

Théodore Ier, 73ème pape (de 642 à 649), était né à Jérusalem.

Jean V, 82ème pape (de 685 à 686), était né à Antioche, en Syrie.

Sisinnius, 87ème pape, était né en Syrie. Il fut pape en 708 pendant moins d’un mois.

Saint Grégoire III, 90ème pape (de 731 à 741), était né en Syrie.

Et effectivement, bien plus tard, François Ier, 266ème pape, élu en 2013, est né en Argentine. Cependant, le père du pape François était un Italien qui a émigré vers l’Argentine. Le caractère « non-européen » du pape François est donc moindre que celui de certains papes de l’Antiquité.

Avant de poursuivre, je voudrais préciser ici que, pour rédiger ces quelques lignes sur ces antiques papes, je me suis très fortement appuyé sur le « dictionnaire des papes », d’Ivan Gobry, publié en 2008 aux éditions Pygmalion.

Il est donc faux d’écrire qu’il n’y a jamais eu de papes non-européens. Il est cependant vrai qu’il n’y en avait plus eu depuis le 8ème siècle.

On peut penser à certains éléments de contexte qui peuvent l’expliquer.

Il y a d’abord Mahomet (mort en l’an 632). L’asservissement du Proche-Orient et de l’Afrique du nord, par les Mahométans, dans les siècles suivant la mort de leur prophète, a incontestablement contribué à l’absence de papes venant de ces contrées depuis lors.

Il faut aussi noter que même en Europe, certaines contrées n’ont pas fourni de pape depuis la création des Eglises orthodoxes (Grèce, Russie).

Enfin, il ne faut pas oublier que le pape est le chef de l’Eglise catholique, mais est aussi (ou d’abord) l’évêque de Rome. Les papes ont donc été européens depuis le 8ème siècle, mais aussi très massivement italiens. On l’a oublié depuis, mais le pape polonais Jean-Paul II, élu en 1978, était le premier pape non-italien depuis Adrien VI (pape de 1522 à 1523), qui était né à Utrecht (Pays-Bas).

Pour conclure, je dirais qu’étudier l’histoire des origines des papes ne manque pas d’intérêt. C’est un aspect de l’Histoire. Mais si les journalistes se passionneront probablement à la prochaine élection papale pour savoir si le futur élu sera ou non européen, les catholiques seront très probablement beaucoup moins préoccupés (voire pas du tout…) par ces préoccupations nationales ou raciales que par l’espoir d’avoir un bon pape.

Merci pour cette suite.

Cette semaine, la télévision diffusait pour la première fois « Top Gun : Maverick », film sorti en 2022, suite du « Top Gun » qui avait été un grand succès en 1986.

Dès le début, « Top Gun : Maverick » se met dans la continuité musicale de « Top Gun », évitant une modernisation ou une rupture. Dans la continuité aussi visuelle, notamment avec la reprise des codes visuels (lunettes, avions, voitures, moto). Certaines scènes sont aussi des références, des clins d’œil à la version de 1986.

On peut toujours craindre, avec la réalisation d’une suite, que les épisodes suivants ne soient que des pâles copies moins bonnes. Ce n’est pas le cas ici. « Top Gun » avait été un très bon film, la suite est encore meilleure. Les images aériennes étaient spectaculaires dans le film de 1986 ; elles le sont encore plus, nettement plus, dans le dernier film. Enfin, « Top Gun : Maverick » a eu la bonne idée de baisser le taux de gaminerie et de testostérone dans cette dernière version ; de plus, l’acteur principal, Tom Cruise, s’est bonifié en 35 ans, et a perdu sa tête et son comportement de jeune crétin.

Un bon spectacle donc. Une histoire d’hommes, de combattants, de patriotes, loin d’autres productions audiovisuelles woke.

Mort de Toby Keith.

Le chanteur de country américain Toby Keith est mort le 5 février 2024. S’il n’est pas très connu en France, il semble au contraire très populaire aux Etats-Unis.

Je ne l’ai découvert que tardivement. C’était en 2010, dans l’ouest de l’Afghanistan, sur la base italo-américaine d’Hérat.

Comme d’autres chanteurs patriotes américains dans divers conflits, il était venu chanter pour les troupes américaines. Ca mérite le respect, et ça suscitait de la sympathie chez moi.

Ceci dit, en dehors de cet aspect, ce premier contact avec sa musique n’avait pas provoqué chez moi un enthousiasme délirant. Ce dont je me souviens, c’est la chanson « Beer for my horses ». Le refrain était facile à comprendre : « Whiskey for my men, beer for my horses » (« Du whisky pour mes hommes, de la bière pour mes chevaux »). Des paroles simplettes pour un mauvais western caricatural, non ? La mélodie était correcte, mais n’était pas non plus mémorable, à la différence d’autres chansons célèbres de musique country (comme par exemple « Take me home, country roads » de John Denver, ou « I will always love you » de Dolly Parton).

J’ai ultérieurement beaucoup plus apprécié le répertoire de Toby Keith.

Je commencerai par reciter « Beer for my horses ». La découverte du reste des paroles avait rendu la chanson plus intéressante. Même si l’on reste dans l’ambiance western.

« Grandpappy told my pappy, back in my day, son,

A man had to answer for the wicked that he done.

Take all the rope in Texas, find a tall oak tree.

Round up all them bad boys, hang them high in the street ».

Paroles que je traduis ainsi :

« Grand-père dit à mon père : de mon temps, mon fils,

Un homme devait répondre du mal qu’il avait fait.

Prenez toute la corde du Texas, trouvez un grand chêne.

Rassemblez tous ces mauvais garçons, pendez-les en hauteur dans la rue ».

J’ai apprécié plus particulièrement trois autres chansons : « American soldier », « Made in America » et « Courtesy of the Red, White and Blue ».

La chanson « American soldier » a été accompagnée d’un clip montrant un réserviste que sa famille accompagne jusqu’à l’avion militaire, alors qu’il part en mission.

« You can bet that I stand ready

When the wolf growls at the door ».

« Tu peux être sûr que je suis prêt,

Quand le loup grogne à la porte ».

La chanson « Courtesy of the Red, White and Blue (The Angry American) » est sortie après le 11 septembre 2001. Elle unit les souvenirs familiaux de Toby Keith et les débuts de la « guerre contre le terrorisme ».

« My daddy served in the army,

Where he lost his right eye,

but he flew a flag out in our yard

Til the day that he died.

He wanted my mother, my brother, my sister and me

To grow up and live happy

In the land of the free.

Now this nation that I love has fallen under attack (…)

And the Statue of Liberty started shaking her fist.

And the eagle will fly man, it’s gonna be hell (…)

And you’ll be sorry that you messed with

The U.S. of A.

Cause we’ll put a boot in your ass.

It’s the American way »

Paroles que je traduis ainsi :

« Mon père a servi dans l’armée,

Où il a perdu son œil droit,

Mais il a planté un drapeau dans notre cour

Jusqu’au jour où il est mort.

Il voulait que ma mère, mon frère, ma sœur et moi,

Grandissions et vivions heureux

Au pays de la liberté.

Maintenant, cette nation que j’aime est attaquée (…)

Et la statue de la Liberté a commencé à serrer son poing,

Et l’aigle volera mec, ça va être l’enfer (…)

Et tu seras désolé d’avoir joué avec

Les États-Unis d’Amérique.

Parce qu’on va te botter le cul.

C’est la manière américaine »

La chanson « Made in America » évoque la désindustrialition américaine et demande d’acheter plus de produits portant l’étiquette USA.

On peut enfin signaler que Toby Keith a composé la chanson « Don’t let the old man in » pour le film de Clint Eastwood « La mule » (2018).

L’Amérique a perdu cette année un de ses grands chanteurs patriotes. Certaines de ces chansons deviendront des classiques. Certaines sont déjà des hymnes de l’Amérique qu’on aime.

Chansons citées :

Courtesy of the Red, White and Blue (The Angry American) : 2002

Beer for my horses : 2003

American soldier : 2003

Made in America : 2011

Don’t let the old man in : 2018

Aléas météo.

La météo sur France3 vers 13h00 annonçait de la pluie pour cet après-midi.

Un petit coup d’œil à l’extérieur m’a montré un soleil resplendissant sans le moindre nuage ; un petit coup d’œil sur la météo sur l’ordinateur prévoyait aussi un après-midi ensoleillé.

J’avais prévu de faire une balade, mais par prudence excessive, j’ai décidé d’annuler ma sortie. Par prudence, mais sans doute aussi un peu par fainéantise.

Bien m’en a pris.

En milieu d’après-midi, orage et déluge. Dans ma rue en pente, un torrent. Attention. Quand je dis « torrent », ce n’était pas un tsunami de 2 mètres charriant boue, troncs d’arbres et carcasses de voiture. Juste quelques centimètres d’eau dévalant la pente, les égouts d’eau de pluie étant saturés. Donc rien d’exceptionnel ni de dramatique, ça nettoie juste la rue. Mais je n’ai pas regretté de n’être pas allé me promener dans les collines…

A l’abri chez moi, au bout de quelques dizaines de minutes, j’ai vu mon voisin rentrer chez lui sous les trombes d’eau. Il avait probablement fait confiance à Internet….

Faut-il vraiment soigner les femmes ?

On a régulièrement, en France, des musulmans qui refusent que leur femme soit examinée par un médecin masculin, et exigent un médecin féminin.

Le même type de musulmans, simultanément, refuse que les femmes suivent des études. En Afghanistan (et un peu en Iran) par exemple, il y a eu de nombreux cas où les filles fréquentant l’école sont empoisonnées, assassinées, attaquées à l’acide ; et il ne s’agit pas toujours de filles préparant de hautes études, mais aussi de filles fréquentant les écoles primaires….

Comment peut-on en même temps interdire aux filles d’aller à l’école, et exiger des médecins féminins ? C’est un peu contradictoire… Comment font-ils dans les vrais pays islamiques ? En fait, la contradiction n’existe peut-être que chez nous. En vraie terre islamique, c’est peut-être très simple : il suffit que les femmes ne voient pas de médecin et ne soient pas soignées.

Vœux à contresens.

L’Union européenne a un « responsable régional des médias arabophone pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord » (région MENA, en langage technocratique globish).

Apparemment, il s’agit d’un poste créé en 2021, et son premier titulaire est un fonctionnaire espagnol, Luis Miguel Bueno.

Celui-ci présentait ses vœux pour 2024, sur Twitter, sur le compte officiel de sa fonction (@EuinArabic, 31 décembre 2023), qui le présente en anglais comme le « porte-parole arabophone de l’UE pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ».

Ces vœux étaient en arabe. La traduction automatique sur Twitter donnait ceci : « Meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Mon souhait? Paix. Très clair. Mon but? Continuer à œuvrer pour mettre en valeur au sein de l’Union européenne l’importance du monde arabe, de la langue arabe et de notre patrimoine commun. C’est mon humble contribution à la construction de ponts et à la compréhension entre l’Europe et nos voisins. Meilleurs vœux pour une heureuse nouvelle année ».

Je suis sûr que certains trouveront ça très beau.

Pas moi.

Parce que « mettre en valeur au sein de l’Union européenne l’importance du monde arabe, de la langue arabe et de notre patrimoine commun », ce n’est pas le travail du porte-parole de l’UE auprès des Arabes, mais ce pourrait être celui d’un éventuel porte-parole des Arabes auprès de l’UE. Le métier du porte-parole de l’UE, payé par nos impôts, serait plutôt de mettre en valeur auprès des pays arabes l’importance de la civilisation européenne et des langues de ses pays, non ?

C’est peut-être un détail pour vous. Effectivement. Mais c’est un détail très symbolique, car il illustre la perversion et l’inversion de certains fonctionnaires et responsables européens qui, au lieu de servir notre civilisation, travaillent, à des degrés divers, à islamiser nos pays.

On redémarre.

Bonjour.

Bonne année à tous.

Je reprends le rythme (irrégulier) de mes chroniques.

Après une pause de 4 ans, que j’avais décidée, notamment pour terminer mon livre (« Quand l’Ouest perd le nord »), et pour la création de la maison d’édition qui devait en assurer la publication.

Il faut éviter de vouloir faire trop de choses à la fois…..

Pause temporaire ?

En même temps que tous mes voeux pour cette nouvelle année 2020, je voudrais dire à mes lecteurs que ces chroniques vont faire une pause, sans doute temporaire. Au minimum d’un an. Peut-être de deux ou trois ans. Il est toujours difficile de mener plusieurs activités de front ; et à vouloir tout faire en même temps, on risque de ne rien finir et de tout faire mal….. La sagesse impose, me semble-t-il, de parfois concentrer ses efforts.

A bientôt, j’espère.

Murray : L’étrange suicide de l’Europe

J’ai lu le livre de Douglas Murray : « L’étrange suicide de l’Europe » ; sous-titré « Immigration, identité, islam ». Ce livre de 530 pages a été publié en français en 2018. Le titre fait immanquablement penser au livre d’Eric Zemmour1 « Le suicide français ». Mais, si c’est intentionnel, c’est plus probablement du fait du traducteur ou de l’éditeur, le titre original de la version anglaise, parue en 2017, faisant référence à la mort mais pas au suicide (« The strange death of Europe »). Ce qui ne constitue néanmoins pas une trahison de l’esprit du texte du livre, dont l’introduction commence d’ailleurs ainsi : « L’Europe est en train de se suicider. Du moins ses dirigeants en ont-ils décidé ainsi. Que les Européens l’acceptent, en revanche, est une autre histoire ».

La lecture de ce livre est très utile, en complément notamment du livre d’Eric Zemmour, centré sur la France. Le livre de Murray, même s’il ne traite pas en détail du cas de chaque pays européen, s’attarde sur quelques pays en particulier, emblématiques comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Grèce.

On pourra retenir du livre la somme des décisions immigrationnistes des dirigeants des différents pays européens, ainsi que des idées qui les sous-tendent. Les lignes consacrées par l’auteur au vide spirituel occidental actuel, même si elles ne constituent qu’une infime part du livre, constituent un facteur d’explication important de l’évolution actuelle. En perdant la foi, écrit l’auteur, « l’Europe a perdu sa fondation historique ». Et c’est peut-être là le problème le plus fondamental ; si l’on peut changer certaines lois, on ne peut pas décréter un regain de la foi ou de nouvelles certitudes historiques et existentielles.

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1- Voir chronique du 3 mai 2015 : « Eric Zemmour : Le suicide français ».

Treize morts au Mali

Il y a un mois, treize militaires français sont morts au Mali, quand deux hélicoptères français se sont percutés en vol, lors d’une opération dans la région du Liptako, le 25 novembre 2019.

7 de ces militaires appartenaient au 5ème RHC1 de Pau.

  • Le capitaine Nicolas Mégard, né le 3 février 1984 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), s’est engagé en tant que sous-officier en 2005, et a servi au 35ème RAP2 de Tarbes. Après avoir réussi le concours d’entrée à l’EMIA3 en 2009, il choisit l’ALAT4. C’était la cinquième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2015.
  • Le capitaine Benjamin Gireud, né le 22 avril 1987 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), s’est engagé en tant qu’officier sous contrat dans l’ALAT en 2009. Il a été envoyé en mission au Tchad en 2013 ; c’était la sixième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2014.
  • Le capitaine Clément Frison-Roche, né le 9 décembre 1991 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), prépare le concours de Saint-Cyr au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole ; il intègre l’ESM5 de Saint-Cyr en 2012 et rejoint l’ALAT en 2015. C’était la première fois qu’il était envoyé en opération extérieure.
  • Le lieutenant Alex Morisse, né le 14 décembre 1988 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), s’est engagé en tant qu’officier sous contrat dans l’ALAT en 2011. C’était la quatrième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2017.
  • Le lieutenant Pierre-Emmanuel Bockel, né le 9 février 1991 à Mulhouse (Haut-Rhin), s’est engagé en tant qu’officier sous contrat dans l’ALAT en 2011. C’était la quatrième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2017. Pierre-Emmanuel Bockel était le fils de Jean-Marie Bockel, homme politique socialiste, passé au centrisme, député socialiste à quatre reprises entre 1981 et 2002 (pour une durée totale de mandat de 15 ans), sénateur depuis 2004 (avec une interruption de 2007 à 2010), maire de Mulhouse de 1989 à 2010, secrétaire d’Etat puis ministre du commerce (1984-1986) pendant le premier mandat du président socialiste François Mitterrand, puis secrétaire d’Etat successivement dans trois ministères entre 2007 et 2010 (francophonie, anciens combattants, puis justice) sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
  • L’adjudant-chef Julien Carette, né le 21 avril 1984 à Roubaix (Nord), s’est engagé en 2002 au 48ème RT6 d’Agen, puis a intégré l’ENSOA7 de Saint-Maixent en 2003. A l’issue, il devient mécanicien dans l’ALAT. Au cours de sa carrière, il a été déployé en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et en Afghanistan.
  • Le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul, né le 26 août 1984 en Colombie, s’est engagé en 2009 au 5ème RHC. Durant sa carrière, il a effectué plusieurs séjours au Gabon, à Djibouti et au Mali.

4 militaires appartenaient au 4ème RC8 de Gap.

  • Le capitaine Romain Chomel de Jarnieu, né le 27 juin 1985 à la Roche-sur-Yon (Vendée), s’est engagé en tant qu’officier sous contrat en 2013. Depuis 2016, il a été projeté au Tchad et au Mali.
  • Le maréchal des logis-chef Alexandre Protin, né le 30 septembre 1986 à Charleville-Mézières (Ardennes), s’est engagé en 2009 en tant que militaire du rang. Après avoir intégré l’ENSOA, il devient sous-officier en 2014. Il a été projeté en Côte d’Ivoire en 2011 et c’était la troisième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2016.
  • Le maréchal des logis Antoine Serre, né le 17 septembre 1997 à Riom (Puy-de-Dôme), s’est engagé en 2015 à l’EMHM9 à Chamonix. C’était la troisième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2017.
  • Le maréchal des logis Valentin Duval, né le 8 février 1995 à Rouen (Seine-maritime), s’est engagé en 2014 en tant que militaire du rang. Il est formé en tant que radiographiste10. Après son passage à l’EMHM, il devient sous-officier fin 2017. C’était la troisième fois qu’il était envoyé au Mali depuis 2016.

1 militaire appartenait au 93ème RA11 de Varces.

  • Le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie, né le 24 mai 1986 à Laval (Mayenne), s’est engagé en 2007 en tant que militaire du rang. Il devient sous-officier en 2014. Il a effectué plusieurs missions au Mali, au Tchad, au Sénégal en Côte d’Ivoire et en Afghanistan.

1 militaire appartenait au 2ème RG12 de Saint-Christol.

  • Le sergent-chef Andreï Jouk est entré dans la légion étrangère en tant que militaire du rang en 2008. Il devient sous-officier en 2011. Il a été envoyé en mission en Afghanistan et au Mali.

1- 5ème RHC : 5ème régiment d’hélicoptères de combat.

2- 35ème RAP : 35ème régiment d’artillerie parachutiste.

3- EMIA : école militaire interarmes ; école pour former les jeunes sous-officiers qui deviennent officiers.

4- ALAT : aviation lègère de l’armée de terre.

5- ESM : école spéciale militaire.

6- 48ème RT : 48ème régiment de transmissions.

7- ENSOA : école nationale des sous-officiers d’active.

8- 4ème RC : 4ème régiment de chasseurs.

9- EMHM : école militaire de haute montagne.

10- radiographiste : opérateur radio sachant utiliser le morse.

11- 93ème RA : 93ème régiment d’artillerie.

12- 2ème RG : 2ème régiment étranger de génie.

Nouvelle progression des conservateurs en Autriche

Suite à la démission du gouvernement autrichien, consécutive à l’affaire d’Ibiza1, des élections législatives étaient organisées en Autriche le 29 septembre 2019.

Le pays était gouverné par une coalition2 entre les conservateurs de l’OVP et le parti de droite nationale FPO.

Ces élections législatives ont globalement poursuivi l’évolution électorale constatée aux dernières élections européennes3. L’OVP poursuit sa progression. Les sociaux-démocrates du SPO continuent à baisser. Le FPO, qui avait subi une forte baisse aux élections européennes, poursuit légèrement sa baisse. Les Verts, qui avaient fortement progressé aux élections européennes, obtiennent quasiment le même score, et entrent au parlement autrichien.


Législatives 2017 Européennes 2019 Législatives 2019
OVP 31,47% 34,55% 37,46%
SPO 26,86% 23,89% 21,18%
FPO 25,97% 17,20% 16,17%
Verts 3,80% 14,08% 13,90%

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1- Voir chronique du 24 mai 2019 : « Les caméras d’Ibiza ».

2- Voir chronique du 21 décembre 2017 : « Alliance OVP/FPO ».

3- Voir chronique du 9 juillet 2019 : « Elections européennes en Autriche ».

Ronan Pointeau

Le ministère de la défense a annoncé la mort du brigadier1 Ronan Pointeau au Mali. Le 2 novembre 2019, le véhicule blindé léger, dans lequel il se trouvait, a été touché par un engin explosif. Il assurait la protection d’un convoi entre Gao et Menaka.

Né le 1er octobre 1995 à Castres (département du Tarn), le brigadier Pointeau s’était engagé en 2016 au 1er régiment de spahis de Valence, et y a obtenu le galon de brigadier le 1er janvier 2019. De février à juin 2018, il avait effectué une première mission au Tchad au sein de l’opération Barkhane ; depuis octobre 2019, il était à nouveau déployé au sein de Barkhane, cette fois-ci au Mali.

Deux militaires du 1er régiment de spahis étaient morts en opération au Mali l’année dernière2.

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1- brigadier : correspond au grade de caporal dans la cavalerie.

2- Voir chronique du 25 février 2018 : « Deux nouveaux morts au Mali ».