Auteur ou auteure ?

Sur un polycopié de sciences économiques sur lequel travaillait un lycéen en cette semaine de vacances, j’ai pu voir qu’il était question d’un cours avec un invité extérieur : une dame qui était « co-auteure » d’un bouquin, et qui était aussi présentée comme « maitre de conférence ».

« Maître » sans accent, c’est courant, certains enseignants vouant une haine au circonflexe.

En revanche, pourquoi indiquer qu’elle est « maître de conférence » ? Si elle est « co-auteure », pourquoi n’est-elle pas « maîtresse de conférence » ?

L’assassinat de Yann Piat

Il y a 25 ans, le 25 février 1994, Yann Piat était assassinée. Alors qu’elle rentre chez elle à Hyères (Var) en voiture, elle est abattue par des hommes en moto.

Membre du front national, elle est élue député du Var en 1986, en même temps que la trentaine de députés de son parti élus cette année-là. Contrairement à 1986, où les élections législatives avaient été organisées à la proportionnelle départementale, celles de 1988 sont organisées au scrutin uninominal majoritaire à deux tours ; Yann Piat est le seul député FN réélu. En 1993, elle est réélue sous l’étiquette UDF.

Le député UDF de Vendée, Philippe de Villiers, déclara1 : « C’était une femme de conviction et à cause de cela sans doute elle l’a payé de sa vie. (…) Dans son combat contre la Mafia et la corruption, elle m’avait dit récemment qu’elle se savait menacée ».

Les assassins ont été condamnés en 1998.

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1- Cité dans le Monde du 27 février 1994.

Leçons des Abruzzes

En Italie, le 10 février 2019, étaient organisées les élections régionales dans les Abruzzes. La coalition de droite a gagné l’élection, dans cette région détenue par la gauche.

Marco Marsilio, candidat de Frères d’Italie, a été élu président de la région avec 48,03% des voix, contre 31,28% au candidat de la coalition de gauche et 20,20% à la candidate du M5S1.

Pour l’élection des conseillers régionaux, la coalition de droite est arrivée en tête avec 49,19% des voix, contre 30,63% à la coalition de gauche et 19,73% au M5S.

Le conseil régional est composé de 31 membres : 29 élus à la proportionnelle dans 4 circonscriptions, le président élu, et le candidat à la présidence arrivé en deuxième position.

Pour la coalition de droite, les résultats ont été les suivants (en incluant le président dans les conseillers élus) :

Partis

Voix

Elus

Ligue

27,53%

10

Forza Italia

9,04%

3

Frères d’Italie

6,48%

3

Action politique

3,24%

1

Union du centre

2,88%

1

Total droite

49,19%

18

Par rapport aux précédentes élections régionales de 2014, la coalition de droite passe de 29,29% à 49,19%. A l’intérieur de la coalition, on peut noter la baisse de Forza Italia (qui était à 16,67% en 2014) et la hausse de Frères d’Italie (2,90% en 2014) ; quant à la Ligue, qui arrive en tête avec 27,53% des voix, elle ne présentait même pas de liste en 2014 !

Je ne me lance pas d’habitude dans les commentaires des résultats des élections régionales en Italie. Mais j’ai voulu cette fois en dire quelques mots, car elles peuvent illustrer la différence dans la situation des droites en France et en Italie, même s’il faut garder en tête que les modes de scrutin ne sont pas les mêmes.

On peut constater deux différences importantes.

D’abord, la victoire des droites dans les Abruzzes est possible grâce à leur union. Union ne veut pas dire parti unique, bien au contraire ; quelles que soient les différences, c’est leur regroupement pour les élections, y compris en incluant des petits partis et des partis régionaux, qui permet la victoire. Pour l’instant, en France, il ne semble pas y avoir de perspective proche d’un accord entre d’un côté le rassemblement national2 et DLF3, et de l’autre LR4 et l’UDI5. Cà n’exclut pas des victoires locales de la droite, mais çà les limite ; sans compter les cas où LR et l’UDI préfèrent soutenir la gauche plutôt que le RN.

Enfin, on peut constater que la coalition de droite a présenté un candidat de Frères d’Italie à la présidence. Pourtant, Frères d’Italie pèse peu au niveau national face à la Ligue ; et c’est pareil au niveau régional dans les Abruzzes, puisque sa liste a obtenu 6,48% des voix, alors que la Ligue montait à 27,53%. On peut donc constater que les partis les plus puissants, la Ligue aujourd’hui, Forza Italia il y a quelques années, laissent des postes de responsabilité à leurs alliés de droite, parfois au-delà de leur poids réel. Une attitude apparemment totalement étrangère au rassemblement national dans ses relations avec ses potentiels alliés comme DLF ou la ligue du sud.

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1- M5S : mouvement 5 étoiles.

2- RN : rassemblement national ; nouveau nom du front national.

3-DLF : Debout la France.

4- LR : Les républicains.

5- UDI : union des démocrates et indépendants.

Brenner : Les territoires perdus de la république

J’ai lu l’année dernière l’ouvrage collectif publié sous la direction d’Emmanuel Brenner : « Les territoires perdus de la république ».

Emmanuel Brenner était le pseudonyme de Georges Bensoussan.

On peut d’emblée effectuer trois critiques.

Tout d’abord, on constate que le livre se focalise sur les attaques contre les élèves juifs ; il est certes parfois question des agressions contre les Français catholiques, mais très peu ; le livre se focalise sur les agressions des populations d’origine immigrée contre les Juifs et le corps enseignant.

Ensuite, les auteurs, sans doute tétanisés par leur propre audace d’avoir pu écrire autre chose que des compliments dithyrambiques sur les populations musulmanes en France, cherchent à se dédouaner et à conserver une respectabilité en produisant des remarques, parfois très hors-sujet, sur « l’extrême-droite », le climat des années 30, le 21 avril 2002, le « front national et son idéologie nauséabonde »,… On est même en pleine bouillie intellectuelle, quand en mentionnant les viols collectifs dans les quartiers immigrés, on évoque la « violence fasciste » ou une « fascisation des esprits ».

Enfin, l’édition originale du livre date de 2002. J’ai lu la réédition du livre en format de poche de 2015. Ce livre étant un livre « historique », il aurait été intéressant que l’édition augmentée de 2015 indique clairement quels étaient les textes originaux, quels textes ont été remaniés, et lesquels ont été ajoutés.

Malgré ces critiques, la lecture de ce livre est très instructive. C’est le témoignage d’enseignants sur ce qu’ils vivent, et comment ils essaient de faire face, dans un contexte de forte immigration, d’islamisation, de faiblesse de l’identité française, dans les mois suivant le 11 septembre 2001. L’influence néfaste du personnel d’extrême-gauche des établissements scolaires est soulignée à plusieurs reprises.

Le très extrémiste Salvini

Le quotidien le Monde n’aime pas beaucoup la droite nationale. A longueur d’articles et d’éditoriaux, ces mouvements sont qualifiés, au minimum, « d’extrême-droite » ou de « populistes ».

Mais dans le cas du journaliste Jérôme Gautheret, correspondant du Monde en Italie, il ne suffit plus d’accoler régulièrement à Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue et ministre de l’intérieur italien, l’étiquette « d’extrême-droite », il faut aussi marteler qu’il est « extrémiste » ; et même plus, car il n’est quasiment jamais qualifié d’« extrémiste », mais plutôt de « très extrémiste ». Et depuis que Salvini est devenu ministre en juin 2018, sa propension à fermer les ports italiens aux navires importateurs d’immigrés illégaux et à vouloir expulser les criminels étrangers, n’a évidemment pas adouci la plume du correspondant du Monde.

Quoique sans absolue certitude, on peut estimer que l’apparition de l’expression apparaît en juin 2017, quand Jérôme Gautheret évoque dans un article du Monde1 « la turbulente et très extrémiste Ligue du Nord de Matteo Salvini », puis dans un autre article 4 semaines plus tard2 « la très extrémiste Ligue du Nord ».

Tout petit retour en arrière presque un semestre plus tard, en décembre 2017, quand Jérôme Gautheret mentionne3 « la posture extrémiste d’un Matteo Salvini (Ligue du Nord) ».

Mais ensuite, Matteo Salvini est « très extrémiste ».

Quelques jours plus tard, dans un autre article4, voilà « le très extrémiste Matteo Salvini (Ligue du Nord) ».

En février 2018, le Monde glisse encore un « très extrémiste » dans son analyse5 : « A Bruxelles, M. Berlusconi6 a cherché à rassurer en promettant même que Matteo Salvini n’entrerait jamais au gouvernement, même en cas de victoire de la droite. Mais, à Rome, il a évoqué plusieurs fois son intention de confier au très extrémiste dirigeant de la Ligue le portefeuille de l’intérieur ».

Les élections législatives italiennes sont organisées le 4 mars 20187. Donc, en mars, çà rafale dans le Monde.

Le 3 mars8, le correspondant du Monde évoque « le très extrémiste dirigeant de la Ligue du Nord, Matteo Salvini ». Dans un nouvel article le 6 mars9, il parle de « la très extrémiste Ligue de Matteo Salvini », qui est un « parti eurosceptique et xénophobe », et de Matteo Salvini qui a dirigé « une campagne exténuante menée à coups de messages extrémistes et de provocations ». Le même jour, l’éditorial du Monde10 dénonce « la Ligue (ex-Ligue du Nord), emmenée par l’extrémiste Matteo Salvini » : exceptionnellement, Salvini est là seulement « extrémiste ».

Dans une chronique le lendemain11, Gérard Courtois reprend la grosse artillerie de la propagande sans finesse du correspondant en Italie, en parlant lui aussi de « la très extrémiste Ligue de Matteo Salvini ». A sa décharge, il faut souligner que le chroniqueur avait sans doute épuisé toute sa subtilité en trouvant le titre de sa chronique, « Marine Le Pen12 à la peine », qui allie harmonieusement humour, finesse, et sans aucun doute originalité, personne n’ayant probablement pensé avant lui à ce jeu de mot depuis l’élection de Jean-Marie Le Pen comme député poujadiste en 1956. Enfin, le 10 mars13, Jérôme Gautheret continue, en décrivant « une droite dirigée par le très extrémiste Matteo Salvini, tenant d’une ligne identitaire et très anti-européenne ».

Nouvelle rafale dans le Monde en juin 2018, à l’occasion de la formation du gouvernement italien14.

Le 4 juin15, Jérôme Gautheret nous parle du « très extrémiste Matteo Salvini, ami de Marine Le Pen et admirateur assumé de Vladimir Poutine16 » ; puis le 7 juin17, il cite « le nouveau ministre de l’intérieur italien et très extrémiste dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini ». Apparaît encore deux fois « le très extrémiste Matteo Salvini », une nouvelle fois le 9 juin18 sous la plume de Jérôme Gautheret, puis le 13 juin19, dans un éditorial du Monde. Puis le 25 juin20, Maryline Baumard et Jérôme Gautheret évoquent « la montée en puissance du très extrémiste Matteo Salvini et du Mouvement 5 étoiles ».

Un peu plus récemment, en octobre 2018, Jérôme Gautheret publie un article21 mentionnant « un repas pris par le très extrémiste dirigeant de la Ligue, en 2015, avec des dirigeants du parti néofasciste CasaPound ».

On ne peut pas reprocher à Jérôme Gautheret de manquer de constance ; à défaut de finesse ou de neutralité politique.

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1- Jérôme Gautheret : « Les partis italiens s’entendent sur une loi électorale à l’allemande », le Monde, 1er juin 2017.

2- Jérôme Gautheret : « La droite s’empare de bastions de la gauche en Italie », le Monde, 27 juin 2017.

3- Jérôme Gautheret : « En Italie, le retour compromis de Renzi », le Monde, 7 décembre 2017.

4- Jérôme Gautheret : « L’extrême droite italienne prospère », le Monde, 11 décembre 2017.

5- Cécile Ducourtieux, Jérôme Gautheret et Jean-Pierre Stroobants : « Bruxelles commence à s’inquiéter pour l’Italie », le Monde, 24 février 2018.

6- Silvio Berlusconi : président de Forza Italia, premier ministre italien de 1994 à 1995, de 2001 à 2006, et de 2008 à 2011.

7- Voir chronique du 5 mai 2018 : « Quelle coalition pour l’Italie ? ».

8- Jérôme Gautheret : « En Italie, scrutin incertain après les surenchères de la campagne », le Monde, 3 mars 2018.

9- Jérôme Gautheret : « En Italie, le triomphe des forces antisystème », le Monde, 6 mars 2018.

10- Editorial du Monde non signé : « Rome, Berlin : l’Europe en suspens », 6 mars 2018.

11- Gérard Courtois : « Marine Le Pen à la peine », le Monde, 7 mars 2018.

12- Marine Le Pen : député français depuis 2017, présidente du rassemblement national (ex front national).

13- Jérôme Gautheret : « Renzi laisse un PD en plein dilemme face au Mouvement 5 étoiles », le Monde, 10 mars 2018.

14- Voir chronique du 21 juin 2018 : « Alliance entre la ligue et le M5S ».

15- Jérôme Gautheret : « Salvini, homme à poigne du gouvernement Conte », le Monde, 4 juin 2018.

16- Vladimir Poutine : président de la Russie.

17- Jérôme Gautheret : « L’Italie veut une relocalisation obligatoire des demandeurs d’asile », le Monde, 7 juin 2018.

18- Jérôme Gautheret : « Le parti de Berlusconi désorienté face à l’ascension de la Ligue », le Monde, 9 juin 2018.

19- Editorial du Monde non signé : « Immigration : l’Europe face au défi italien », 13 juin 2018.

20- Maryline Baumard et Jérôme Gautheret : « Entre France et Italie, la brouille sur les migrants », le Monde, 25 juin 2018.

21- Jérôme Gautheret : « Divisée et marginalisée, la gauche italienne veut faire entendre sa voix », le Monde, 2 octobre 2018.

A propos de Thierry Baudet

Au moment de la rédaction de son livre, Thierry Baudet était professeur.

Il a co-fondé en 2016 le Forum pour la Démocratie (FvD), parti politique néerlandais qui a obtenu deux députés lors des dernières élections législatives1 ; il a lui-même été élu député.

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1- Voir chronique du 27 mars 2017 : « Elections législatives aux Pays-Bas ».

Baudet : Indispensables frontières

J’ai lu l’année dernière le livre de Thierry Baudet « Indispensables frontières », sous-titré : « Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie ». Publié en 2012 dans sa version néerlandaise, il a été traduit et publié en français en 2015 (380 pages, plus 130 pages de notes).

Dans son avant-propos, Thierry Baudet expose l’objet de son ouvrage : « Ce livre défend l’idée que la démocratie représentative et l’état de droit ont besoin des Etats-nations. En démantelant la souveraineté nationale, les pays d’Europe de l’Ouest sapent ces institutions. Supranationalisme et multiculturalisme sont incompatibles avec la démocratie représentative et l’état de droit, car ils gomment le sentiment de loyauté et remettent en cause la souveraineté centralisée qui en constituent les prérequis. »

L’auteur commence par une première partie historique sur l’évolution de la féodalité, la souveraineté, l’Etat, les relations entre Etats.

La deuxième partie du livre concerne essentiellement les organisations supranationales et les décisions de justice supranationales, en montrant que la coopération entre les Etats a été remplacée par des organes non-nationaux et non-démocratiques dont les décisions s’imposent aux Etats. Cette partie a l’intérêt de présenter à la fois des arguments de principe, et de détailler quelques décisions de justice supranationales concrètes. L’auteur souligne notamment que toutes ces décisions supranationales sont prises par un nombre très limité de juges et de fonctionnaires, qui agissent sans aucun garde-fou, car ces garde-fou n’existent que dans des Etats-nations. L’auteur note quelques résistances à cette expansion du supranationalisme ; par exemple, les Etats-Unis n’ont pas ratifié le traité relatif à la CPI (cour pénale internationale), et, de plus, devant les dérives de la CPI permettant de poursuivre même des citoyens d’un Etat non-membre de la CPI, les Etats-Unis ont adopté en 2002 le « Hague Invasion Act » qui autorise le président américain à utiliser « l’ensemble des moyens nécessaires » pour libérer un ressortissant américain ou allié détenu à la demande de la CPI. Cette deuxième partie du livre est particulièrement intéressante pour tout lecteur non-spécialiste de la question qui voudrait avoir un aperçu des organes de décisions supranationaux et de leurs conséquences.

La troisième partie du livre vise enfin à montrer la nécessité des frontières, et de la cohésion nationale créée par la citoyenneté assumée, qui garantissent l’état de droit et un avenir commun.

En conclusion, on peut affirmer que Thierry Baudet nous a écrit un livre passionnant et utile, qui permet à chacun de développer sa propre réflexion dans ces domaines.

En certains endroits, on peut sentir que l’auteur, néerlandais, développe des conceptions à travers son prisme culturel néerlandais. C’est d’ailleurs aussi un des intérêts du livre.

S’agit-il d’un des effets de ce prisme néerlandais ? On peut être étonné par la défense par l’auteur de la notion de « nationalisme multiculturel » qu’il définit comme le défenseur ou le promoteur d’une « société diverse et pluraliste qui serait néanmoins maintenue par un noyau monoculturel ». Dans sa notion de « nationalisme multiculturel », l’auteur rejette expressément le « pluralisme juridique », qui consiste à juger différemment les individus en raison de leur ethnie, leur culture, leurs coutumes ou leur religion. Mais il approuve donc une certaine diversité, à condition donc qu’elle soit « maintenue par un noyau monoculturel ». L’auteur cite et reprend à son compte Harriet-Erica Baber1 : « Pour ce qui est des aspects superficiels et inoffensifs culturels – la nourriture, l’habillement, la musique et la danse, la langue, les loisirs ou les produits artisanaux-, plus il y en a, mieux c’est ». Mais cette position est problématique à au moins deux titres. D’abord comment définit-on le moment où la diversité et la pluralité deviennent telles que la société ne peut être maintenue par le « noyau monoculturel » ? Ensuite, il paraît très naïf de considérer comme « inoffensifs » la culture, l’habillement, la langue, la nourriture. Il n’est certes pas gênant qu’il existe un restaurant indien ou marocain par-ci par-là, que des Européens de fraîche date se cuisinent parfois chez eux un couscous ou des lukums ; mais lorsque des rues entières, des quartiers entiers sont couverts de kebabs et de magasins halal, quand les habitants ne s’habillent pas à l’européenne, quand çà ne parle plus français dans les rues, on peut être en droit de considérer çà comme une invasion, comme une occupation étrangère, et non pas comme des détails « superficiels et inoffensifs », voire même comme quelque chose de très positif, puisque « plus il y en a, mieux c’est » !

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1- Harriet-Erica Baber : « The multicultural mystique. The liberal case against diversity », 2008.

De rien

Même si les temps changent, je reste attaché aux signes de politesse qui sont une des marques de notre société civilisée, comme de laisser les places assises aux dames ; mais ce n’est pas respecté par tout le monde.

Je m’évertue donc à me plier à ces usages.

Mais il y a une attitude qui me surprend encore plus que l’impolitesse de certains hommes, c’est l’attitude de certaines femmes.

Peut-être est-ce partiellement dû aux comportements robotiques des usagers du métro.

Quand je cède ma place assise à une femme, je ne m’attends pas à une avalanche de remerciements extasiés, mais peut-être à un merci, au moins un regard, un sourire ou un hochement de tête.

Mais je suis toujours un peu éberlué quand il n’y a rien, absolument rien. On dirait que la dame a une espèce de sonar qui la prévient qu’une place vient de se libérer ; et elle se l’approprie sans détacher ses yeux de son téléphone portable. Rien d’autre n’existe dans cette rame de métro qu’elle, son téléphone et son lien à cet objet.

Désormais, dans ce genre de situation, j’ai pris l’habitude d’adresser à la dame en question, généralement d’un âge peu avancé, un « de rien » appuyé.

Parfois, elle comprend instantanément. Parfois ce n’est pas le cas, elle demande ce qui se passe, et je lui explique que comme je lui ai laissé ma place, elle m’a sûrement dit merci, et que je lui répondais donc : de rien.

Souvent, c’est un sourire gêné qui vient alors, avec un petit merci. Parfois quand même, c’est un rictus haineux, qui semble dire « gros connard », et qui révèle en fait la grosse connasse.

Mais il arrive aussi que la dame n’entende même pas le « de rien ». La dernière fois, c’était au rayon fruits et légumes d’un supermarché. Les rayons étaient encombrés par des palettes de transport des employés qui mettaient en place leur marchandise. J’étais avec mon chariot. Je laisse passer une dame, qui passe donc, les bras et mains en l’air comme dans une publicité télévisée pour déodorant pour les aisselles féminines, portant à bout de bras, pour autant que je me souvienne, dans une main un chou-fleur et dans l’autre une salade. Pas un mot, pas un regard, et elle n’a pas semblé entendre mon « de rien »

En tous cas, je ne me décourage pas ; je pense que mon « de rien » contribue quand même à améliorer la vie en société.

Europacity

Il y a de temps en temps une dépêche évoquant les débats autour de la construction d’Europacity.

Europacity est un projet de grand centre commercialo-touristico-récréatif au nord de Paris.

Mais j’avoue que chaque fois que je vois « Europacity » dans un titre, je ne pense pas à un projet immobilier, mais, dans un premier mouvement et pendant une fraction de seconde, à l’Union européenne et à la commission européenne de Bruxelles.

En effet, « Europacity » m’évoque spontanément une contraction de l’expression « Europa opacity » (« opacité européenne »).

Il est curieux que les concepteurs du nom n’aient pas pensé à çà ; ils étaient probablement dans leur délire « moderne » : ils devaient être contents de leur idée géniale d’inclure Europa dans le nom, et de créer un nom en anglais, pour faire moderne, ouvert sur le monde.

Et quand on a trouvé un nom génialissime et moderne, on ne peut sans doute concevoir qu’il puisse être ridicule.

Un peu comme l’e-tron de la marque automobile allemande Audi1.

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1- Voir chronique du 14 octobre 2017 : « Superbe nom pour une voiture ».

Le gouvernement reste à gauche en Suède

En Suède, les élections législatives1 avaient eu lieu le 9 septembre 2018, mais ce n’est qu’en janvier 2019 qu’un nouveau gouvernement a été nommé, après de multiples péripéties.

Les résultats avaient donné une majorité claire aux droites. Mais c’est le premier ministre social-démocrate sortant Stefan Löfven qui reste en place. Deux partis de la coalition de droite, les libéraux et le parti du centre, ont décidé de soutenir un gouvernement de gauche, plutôt que de s’allier à la droite nationale.

Le contraire donc de ce qui s’est produit en janvier en Andalousie2.

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1- Voir chronique du 30 décembre 2018 : « Elections législatives suédoises ».

2- Voir chronique du 27 janvier 2019 : « Alliance des droites en Andalousie ».

Alliance des droites en Andalousie

On attendait, après les dernières élections1, de savoir quelle coalition allait gouverner l’Andalousie, région au sud de l’Espagne, qui comprend notamment les villes de Cadiz, Cordoue, Grenade, Malaga et Séville.

Pour la première fois depuis sa création en 1982, la communauté autonome d’Andalousie est passée à droite. L’Andalousie avait toujours eu un président socialiste, elle a désormais comme président un membre du parti populaire.

Le parti populaire a conclu deux accords : l’un avec Ciudadanos, l’autre avec Vox. Le nouveau gouvernement andalou comprend des ministres du parti populaire et de Ciudadanos.

Même si cette alliance des droites n’a eu lieu qu’au niveau régional, elle est très importante ; elle peut augurer d’une alliance future dans d’autres régions, ainsi qu’au niveau national ; mais ce n’est pas encore certain.

En tous cas, le parti populaire et Ciudadanos ont su résister cette fois aux lourdes tentatives de diabolisation de Vox.

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1- Voir chronique du 27 décembre 2018 : « Elections régionales en Andalousie ».

Erreur sur les coton-tige

J’avais commencé en décembre à acheter des stocks de coton-tige. Je pensais en effet que leur vente allait être interdite à la fin de l’année.

Déjà, il y a quelques années, je n’avais pas été prévoyant avec les ampoules. Les ampoules à filament ont été interdites. Mais ce n’est qu’après que je me suis rendu compte que les nouvelles ampoules étaient moins confortables pour la lecture que les anciennes. Et je regrette régulièrement de ne pas avoir constitué un stock avant leur interdiction.

Mais je me suis apparemment trompé d’une année pour les coton-tige ; je compléterai donc mon stock en décembre prochain.