Nouvelle progression des conservateurs en Autriche

Suite à la démission du gouvernement autrichien, consécutive à l’affaire d’Ibiza1, des élections législatives étaient organisées en Autriche le 29 septembre 2019.

Le pays était gouverné par une coalition2 entre les conservateurs de l’OVP et le parti de droite nationale FPO.

Ces élections législatives ont globalement poursuivi l’évolution électorale constatée aux dernières élections européennes3. L’OVP poursuit sa progression. Les sociaux-démocrates du SPO continuent à baisser. Le FPO, qui avait subi une forte baisse aux élections européennes, poursuit légèrement sa baisse. Les Verts, qui avaient fortement progressé aux élections européennes, obtiennent quasiment le même score, et entrent au parlement autrichien.


Législatives 2017 Européennes 2019 Législatives 2019
OVP 31,47% 34,55% 37,46%
SPO 26,86% 23,89% 21,18%
FPO 25,97% 17,20% 16,17%
Verts 3,80% 14,08% 13,90%

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1- Voir chronique du 24 mai 2019 : « Les caméras d’Ibiza ».

2- Voir chronique du 21 décembre 2017 : « Alliance OVP/FPO ».

3- Voir chronique du 9 juillet 2019 : « Elections européennes en Autriche ».

Ronan Pointeau

Le ministère de la défense a annoncé la mort du brigadier1 Ronan Pointeau au Mali. Le 2 novembre 2019, le véhicule blindé léger, dans lequel il se trouvait, a été touché par un engin explosif. Il assurait la protection d’un convoi entre Gao et Menaka.

Né le 1er octobre 1995 à Castres (département du Tarn), le brigadier Pointeau s’était engagé en 2016 au 1er régiment de spahis de Valence, et y a obtenu le galon de brigadier le 1er janvier 2019. De février à juin 2018, il avait effectué une première mission au Tchad au sein de l’opération Barkhane ; depuis octobre 2019, il était à nouveau déployé au sein de Barkhane, cette fois-ci au Mali.

Deux militaires du 1er régiment de spahis étaient morts en opération au Mali l’année dernière2.

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1- brigadier : correspond au grade de caporal dans la cavalerie.

2- Voir chronique du 25 février 2018 : « Deux nouveaux morts au Mali ».

Démission de Salvini

Après les élections législatives italiennes du 4 mars 20181, le M5S2 et la ligue avaient réussi à s’entendre pour former un gouvernement3 ; Giuseppe Conte devenait premier ministre (président du conseil), secondé par deux vice-présidents du conseil : Luigi Di Maio (dirigeant du M5S), également ministre du travail et Matteo Salvini (dirigeant de la ligue), également ministre de l’intérieur.

La cohabitation entre les deux partis s’est globalement mieux passée que ce que prédisaient la plupart des commentateurs.

Cependant, début août 2019, Matteo Salvini mettait fin à la coalition entre les deux partis. La raison, ou le prétexte, de la rupture a été la construction de la ligne TGV4 Lyon-Turin ; la ligue y est favorable, alors que le M5S s’y oppose.

Matteo Salvini a été massivement approuvé par les Italiens pour son action à la tête du ministère de l’intérieur, notamment dans son opposition à l’immigration. Son parti, la ligue, est passé de 17,34% des voix aux élections législatives du 4 mars 2018, à 34,26% des voix aux élections européennes5 du 26 mai 2019.

L’objectif de sa démission était apparemment de provoquer des élections législatives anticipées, afin de concrétiser au parlement italien la poussée de son parti dans les urnes aux élections européennes. Mais son ancien partenaire le M5S, ainsi que la gauche, auraient pâti de la progression de la ligue et n’avaient donc pas intérêt à provoquer rapidement de nouvelles élections. Le M5S et le parti démocrate ont constitué une coalition pour former un nouveau gouvernement, toujours sous la direction de Giuseppe Conte.

Matteo Salvini a donc raté son objectif de provoquer de nouvelles élections, qui lui auraient probablement permis de devenir premier ministre à la tête d’une coalition de droite, plus cohérente que l’attelage de circonstance avec le M5S.

La joie éprouvée par la plupart des journalistes et des hommes politiques français après l’échec de Matteo Salvini à provoquer des élections législatives anticipées est cependant prématurée. Ils analysent comme une défaite ce qui n’est peut-être qu’un contretemps.

D’abord Matteo Salvini a prouvé que la mise en place d’une politique de défense des frontières contre l’immigration illégale et qu’une politique de fermeté contre les criminels étrangers étaient difficiles à mettre en œuvre, mais tout-à-fait possibles ; que ces politiques étaient très populaires, malgré les hurlements d’hostilité des médias. A tel point que le nouveau gouvernement risque d’être perdant quoi qu’il fasse : s’il continue sur la lancée de Salvini, il prouve que celui-ci avait raison ; s’il adopte une politique plus favorable aux criminels étrangers, il augmentera le soutien populaire à Salvini.

Ensuite parce que rien ne montre pour l’instant une baisse du soutien populaire à Salvini et à ses alliés de droite. Si cela se confirme, les prochaines élections législatives, dans quelques années ou dans quelques mois, verront la victoire de la coalition de droite avec une ligue dominante.

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1- Voir chronique du 5 mai 2018 : « Quelle coalition pour l’Italie ? ».

2- M5S : mouvement 5 étoiles.

3- Voir chronique du 21 juin 2018 : « Alliance entre la ligue et le M5S ».

4- TGV : train à grande vitesse.

5- Voir chronique du 6 juin 2019 : « Elections européennes en Italie ».

Elections dans le Brandebourg et en Saxe

Le 1er septembre 2019, deux mois après les élections européennes1, les élections régionales étaient organisées dans le Brandebourg et en Saxe.

Ces deux régions sont situées dans l’ancienne Allemagne de l’Est. La Saxe, dont la capitale est Dresde, est située au nord-ouest de la république tchèque ; elle comprend notamment les villes de Chemnitz (appelée Karl-Marx-Stadt pendant la période communiste) et Leipzig. Le Brandebourg, dont la capitale est Potsdam, entoure la ville-région de Berlin.

Dans ces deux régions, la participation a été nettement supérieure aux élections régionales de 2019 par rapport aux précédentes élections régionales de 2014.


Régionales 2004 Régionales 2009 Régionales 2014 Régionales 2019
Brandebourg 56,4% 67,0% 47,9% 61,3%
Saxe 59,6% 52,2% 49,1% 66,5%

Dans ces deux régions, la CDU et le SPD ont baissé par rapport aux précédentes élections régionales de 2014. Sur le long terme, la CDU passe en Saxe de 58,1% aux élections régionales de 1994 à 32,1% aujourd’hui.

Idem pour le parti d’extrème-gauche Die Linke (ex-parti communiste, qui s’appelait PDS en 2004), dont la zone de force est l’ex-Allemagne de l’Est.

Les écologistes ont progressé.

L’AFD a très fortement progressé ; l’AFD réussit ses meilleurs scores dans l’ex-Allemagne de l’Est. Elle ne souffre plus de la concurrence d’autres mouvements de droite nationale (NPD, Republikaner, DVU) qui ne se sont pas présentés, ou ont obtenu de très faibles scores. Le parti bleu, mouvement dissident créé en 2017 par l’ancienne présidente de l’AFD Frauke Petry, obtient un résultat insignifiant en Saxe.

Dans les deux régions, le FDP n’arrive pas à dépasser la barre des 5%.

Dans le Brandebourg, le SPD se maintient en tête. Les résultats des dernières élections régionales dans cette région sont les suivants :


2004 2009 2014 2019
SPD 31,9% 33,0% 31,9% 26,2%
AFD

12,2% 23,5%
CDU 19,4% 19,8% 23,0% 15,6%
Verts 3,6% 5,7% 6,2% 10,8%
Die Linke 27,9% 27,2% 18,6% 10,7%
Freie Wähler
1,7% 2,7% 5,0%
FDP 3,3% 7,2% 1,5% 4,1%
NPD
2,6% 2,2%
Republikaner
0,2% 0,2%
DVU 6,1% 1,1%

En Saxe, la CDU se maintient en tête. Les résultats des dernières élections régionales dans cette région sont les suivants :


2004 2009 2014 2019
CDU 41,1% 40,2% 39,4% 32,1%
AFD

9,7% 27,5%
Die Linke 23,6% 20,6% 18,9% 10,4%
Verts 5,1% 6,4% 5,7% 8,6%
SPD 9,8% 10,4% 12,4% 7,7%
FDP 5,9% 10,0% 3,8% 4,5%
Freie Wähler

1,6% 3,4%
NPD 9,2% 5,6% 4,9% 0,6%
Parti bleu


0,4%

Une autre région de l’ancienne Allemagne de l’Est, la Thuringe, verra son assemblée régionale renouvelée le 27 octobre 2019.

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1- Voir chronique du 11 juin 2019 : « Elections européennes en Allemagne ».

Mendel : Partition

J’ai lu le livre d’Alexandre Mendel, « Partition », paru en 2017.

Le livre porte en exergue une citation de Machiavel : « On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre ; car on ne l’évite jamais, on la retarde à son désavantage ».

Un livre de 200 pages, intéressant, dans lequel l’auteur, qui considère que l’islamisme nous mène une guerre, alors que nous refusons de nous défendre, décrit la partition à l’œuvre en France, où l’islam conquiert de nouveaux territoires : « Une France parallèle s’est constituée qui, peu à peu, se détache, avec son système de valeurs, ses mœurs, ses habitudes ».

Le livre décrit cette partition territoriale en détaillant les différents domaines dans lesquels les évolutions en cours concrétisent cette conquête (écoles, hôpitaux,…).

Pour l’auteur, la question essentielle pour notre pays semble être : « Qu’est-ce qui cloche dans notre société pour que l’on puisse tolérer qu’une idéologie fasse de certains Français, souvent issus de l’immigration, un peuple à part, vivant selon ses propres codes, imposant sa propre loi, son propre décor, quand ce n’est pas parfois, hélas, en répandant sa terreur ? ».

La série des Rasmussen

Trois premiers ministres danois portant le nom de Rasmussen se sont succédé ces dernières décennies au Danemark.

Poul Nyrup Rasmussen, premier ministre de 1993 à 2001, était social-démocrate.

Anders Fogh Rasmussen, premier ministre de 2001 à 2009, était membre du parti libéral. Il fut ensuite secrétaire général de l’OTAN1 de 2009 à 2014.

Lars Lokke Rasmussen, premier ministre de 2009 à 2011, était aussi membre du parti libéral. Il est remplacée par la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt de 2011 à 2015, et redevient premier ministre de 2015 à 2019.

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1- OTAN : organisation du traité de l’Atlantique-Nord.

Les sociaux-démocrates reprennent le pouvoir au Danemark

Les élections législatives étaient organisées le 5 juin 2019 au Danemark, afin de renouveler les 179 députés du parlement.

Le parti social-démocrate reste stable, en voix et en sièges, par rapport aux précédentes élections de 20151 ; il reste le premier parti du pays. D’autres partis de gauche progressent, permettant aux forces de gauche d’être majoritaires.

A droite, le parti libéral du premier ministre sortant, Lars Lokke Rasmussen, ainsi que parti populaire conservateur, progressent. L’alliance libérale, troisième parti de la coalition de droite sortante, baisse.

Le parti du peuple danois est en très forte baisse ; ce parti de droite nationale était arrivé en tête des partis de droite en 2015 ; il avait soutenu le gouvernement de droite sans y participer ; depuis 2015, Pia Kjaersgaard, élue du parti du peuple danois, assumait la présidence du parlement danois, étant devenu la première femme à occuper cette fonction.


2015 2015 2019 2019

voix sièges voix sièges
Parti libéral 19,49% 34 23,39% 43
Parti populaire conservateur 3,36% 6 6,61% 12
Alliance libérale 7,54% 13 2,33% 4
Parti du peuple danois 21,10% 37 8,73% 16

En 2015, 3 partis se détachaient nettement des autres :

  • les sociaux-démocrates (26,32%)
  • le parti du peuple danois (21,10%)
  • le parti libéral (19,49%)

Loin derrière, le quatrième parti était la liste de l’unité (gauche) avec 7,81% des voix.

En 2019, deux partis sont nettement en tête :

  • les sociaux-démocrates (25,95%)
  • le parti libéral (19,49%)

C’est le parti du peuple danois qui arrive désormais troisième, nettement derrière.

La dirigeante des sociaux-démocrates, Mette Frederiksen, devient premier ministre. Elle a formé un gouvernement minoritaire, composé uniquement de sociaux-démocrates, avec le soutien des autres partis de gauche.

Ce scrutin a donc été marqué par la chute très importante du parti du peuple danois. Importante défaite électorale, incontestablement. Mais peut-être aussi une victoire paradoxale des idées ; en effet, les sociaux-démocrates ont adopté des positions assez fermes sur l’immigration, même s’il faudra voir comment agiront maintenant concrètement les nouveaux ministres sociaux-démocrates. Et le nouveau premier ministre semble vouloir constituer des majorités différentes au parlement suivant les sujets : s’allier avec les autres partis de gauche sur l’économie et s’allier avec les partis de droite, y compris le parti du peuple danois, sur les sujets de sécurité et d’immigration.

Enfin, deux nouveaux petits partis, taxés d’extrème-droite par les médias, ont obtenu un score modeste : la nouvelle droite (2,36% des voix ; 4 députés) créée en 2015 ; la ligne dure (1,79% ; aucun député) créée en 2017 par Rasmus Paludan.

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1- Voir chronique du 21 décembre 2015 : « Elections scandinaves ».

La droite de retour en Grèce

Le 7 juillet 2019, la Grèce organisait ses élections législatives. L’assemblée grecque est composée de 300 députés. Depuis 2012, ils sont élus à la proportionnelle avec une prime majoritaire ; 250 députés sont élus au scrutin proportionnel dans des circonscriptions ; 50 sièges supplémentaires sont attribués à la liste arrivée en tête au niveau national.

La nouvelle démocratie (droite) revient au pouvoir. Kyriakos Mitsotakis devient premier ministre, en remplacement d’Alexis Tsipras de la SYRIZA (extrème-gauche), arrivé au pouvoir en 2015, après l’éclatement de la crise de la dette grecque.


Sept 2015 Sept 2015 2019 2019

voix sièges voix sièges
ND 28,09% 75 39,85% 158
SYRIZA 35,46% 145 31,53% 86
KINAL 6,28% 17 8,10% 22

Depuis 10 ans, 6 élections législatives ont été organisées en Grèce, aux dates suivantes :

  • 4 octobre 2009
  • 6 mai 2012
  • 17 juin 2012
  • 25 janvier 2015
  • 20 septembre 2015
  • 7 juillet 2019

La nouvelle démocratie, après avoir très fortement baissé suite à la crise, s’est redressée, et est quasiment revenue à ses plus hauts niveaux. Le tableau ci-après présente les résultat de la ND aux dernières élections législatives.

Aux deux scrutins de 2012, la ND était arrivée en tête, et avait donc bénéficié de la prime majoritaire de 50 députés.


voix sièges
2000 42,7% 126
2004 45,4% 165
2007 41,8% 152
2009 33,5% 91
Mai 2012 18,9% 108
Juin 2012 29,7% 129
Janvier 2015 27,8% 76
Septembre 2015 28,1% 75
2019 39,85% 158

La SYRIZA a été créée en 2004. En dix ans, cette coalition d’extrème-gauche a progressé de manière spectaculaire, jusqu’à prendre le pouvoir en 2015. Arrivée en deuxième position en 2019, la SYRIZA a perdu beaucoup de sièges au parlement ; mais sa baisse en voix n’est pas catastrophique. La possibilité d’une revanche sur la ND aux prochaines élections ne peut être exclue.

Les résultats de la SYRIZA aux élections législatives depuis sa création sont indiqués dans le tableau ci-dessous.


voix sièges
2004 3,3% 6
2007 5,0% 14
2009 4,6% 13
Mai 2012 16,8% 52
Juin 2012 26,9% 71
Janvier 2015 36,3% 149
Septembre 2015 35,5% 145
2019 31,53% 86

Le PASOK (parti socialiste), un des deux partis traditionnels grecs, avec la ND, a été lessivé par l’irruption de la SYRIZA en 2012. Les socialistes n’ont toujours pas réussi à remonter la pente.

Le tableau ci-après donne les derniers résultats du PASOK aux élections législatives ; pour 2019, le résultat indiqué est celui du KINAL, une coalition contenant le PASOK.


voix sièges
2000 43,8% 158
2004 40,5% 117
2007 38,1% 102
2009 43,9% 160
Mai 2012 13,2% 41
Juin 2012 12,3% 33
Janvier 2015 4,7% 13
Septembre 2015 6,28% 17
2019 8,10% 22

Maintien au pouvoir des conservateurs en Australie

Le 18 mai 2019, les électeurs australiens renouvelaient les membres de leur chambre des représentants ; celle-ci était composée de 150 membres ; la nouvelle assemblée sera désormais composée de 151 députés.

La coalition de droite du premier ministre sortant Scott Morrison (parti libéral) détenait 76 des 150 sièges. Elle détient après ces élections 77 des 151 sièges.

Tant en voix qu’en sièges, les résultats de 2019 sont très similaires à ceux des précédentes élections législatives de 2016.

Les sièges de la coalition conservatrice à la chambre des représentants se répartissent ainsi :


2016 2019
Parti libéral 45 44
Parti libéral national 21 23
Parti national 10 10
Parti rural libéral 0 0
Total coalition 76 77

Les députés australiens sont élus selon un système de vote préférentiel. L’électeur a un bulletin de vote sur lequel figurent les noms de tous les candidats de la circonscription ; il doit y numéroter les candidats par ordre de préférence. Lors du dépouillement, on prend en compte la première préférence sur chaque bulletin. Si un candidat obtient plus de la moitié des suffrages, il est élu. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, on supprime le candidat arrivé dernier, et les votes obtenus par ce candidat sont reportés sur les autres candidats en fonction des préférences suivantes ; et on continue le processus d’élimination du dernier candidat jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue. Ce type de scrutin doit être particulièrement long à dépouiller ; de plus, il doit logiquement imposer un dépouillement centralisé, et nécessite l’attente des résultats du décompte de tous les bureaux de vote pour un tour, avant de passer au décompte du tour suivant.

Selon certains observateurs, la victoire de la coalition de droite est notamment due à la poussée, dans la province du Queensland, de deux petits partis qualifiés « d’extrême-droite » ou de « populistes » par les médias dominants : le parti One Nation de la sénatrice Pauline Hanson et le parti United Australia de Clive Palmer ; et aux consignes données par ces deux partis à leurs électeurs de massivement accorder leur préférence suivante au parti libéral national, membre de la coalition de droite. Le parti United Australia obtient 3,43% à l’échelle nationale et 3,51% dans le Queensland ; le parti One Nation obtient 3,08% à l’échelle nationale et 8,86% dans le Queensland. Dans le Queensland, le parti libéral national, qui avait obtenu en 2016 21 députés avec 43,19% des premières voix (et 54,10% après l’addition des voix préférentielles suivantes), obtient en 2019 23 députés avec 43,70% des premières voix, et 58,44% après l’addition des voix préférentielles suivantes.

Le goût du gravier

Plusieurs victimes de vol à Roanne (département de la Loire) ; les victimes acceptaient une cigarette d’un « jeune », perdaient conscience après avoir fumé, et constataient ensuite qu’on leur avait volé leur téléphone portable.

La police paraît toujours ignorer pour l’instant quelle substance précise a été ajoutée au tabac, mais celle-ci semble assez puissante.

La radio France Bleu raconte : « Les victimes peuvent être soit apathiques soit dans un état de surexcitation et passer d’un état à un autre dans un laps de temps très court. Pour contrôler ces victimes, il faut parfois les contraindre physiquement. À Roanne, l’une d’entre elles a été retrouvée en train de manger des graviers par poignées, une autre s’en est prise à un pompier ».

Naguère, les mamans expliquaient à leurs enfants qu’il ne fallait pas accepter des bonbons de la part d’un monsieur qu’on ne connaissait pas ; il faudrait peut-être se remettre à enseigner ce sage précepte; en y ajoutant qu’il ne faut pas non plus accepter de cigarettes de la part de « jeunes ».

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1- Mathilde Montagnon et Diane Sprimont : « Cinq ados perdent conscience après avoir fumé des cigarettes trafiquées à Roanne, l’un d’eux a dû être hospitalisé », France Bleu, 31 juillet 2019 (site Internet).

Renouvellement du sénat néerlandais

Le 27 mai 2019, les 75 membres du sénat des Pays-Bas étaient renouvelés dans leur totalité.

Le résultat de ces élections sénatoriales est la conséquence des élections provinciales du 20 mars 20191, puisque les électeurs sont les élus provinciaux. Le vote est pondéré en fonction de la population, les élus provinciaux ayant un certain nombre de voix en fonction de la province qu’ils représentent.

En tête, le FvD de thierry Baudet et le VVD du premier ministre obtiennent 12 sénateurs chacun ; le VVD perd un sénateur par rapport aux précédentes élections ; quant au FvD, c’était sa première participation aux élections sénatoriales.

Le PVV (parti pour la liberté) de Geert Wilders passe de 9 à 5 sénateurs.

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1- Voir chronique du 23 avril 2019 : « Elections provinciales aux Pays-Bas ».

Eponyme

Le mot « éponyme » semble de plus en plus utilisé dans les médias. Comme on peut en ignorer sa signification, je vais commencer par la donner. Cà signifie : qui donne son nom. Par exemple, Athéna est la déesse éponyme de la capitale grecque, puisque c’est d’Athéna que vient le nom d’Athènes.

Le mot est parfois correctement utilisé par la presse.

On peut par exemple lire dans Présent1 en 2018 : « Sorti en octobre 1937 au Paramount à Paris, Le Fauteuil 47 a été réalisé par Fernand Rivers d’après la pièce éponyme de Louis Verneuil (scénariste du film par ailleurs). Avec Françoise Rosay, Raimu, Henri Garat, André Lefaur, Denise Bosc ». L’emploi du mot est ici correct, car la pièce de théâtre est antérieure au film, et a donné son nom au film.

Autre exemple dans le Monde2 en 2015 : « Débarquant du Connecticut où il s’est créé en 2011, XPO Logistics, avec une capitalisation boursière de quelque 4 milliards de dollars, a ainsi pu mettre 3,2 milliards d’euros sur la table – et une prime irrésistible de 37 % – pour racheter le transporteur français Norbert Dentressangle, fondé il y a trente cinq ans à Lyon par le patriarche éponyme ». Emploi correct du mot, l’entreprise portant le nom de son fondateur.

Le mot « éponyme » est parfois utilisé à contresens. C’est quasiment systématique à la télévision. Quand un chanteur ne donne pas de titre particulier à son album de chansons, mais inscrit juste son nom sur la pochette, le présentateur parle d’« album éponyme » ou de « disque éponyme » ; ce qui est débile, puisque çà signifie que le chanteur a changé de nom, et a désormais pris comme nom celui qui a été donné à son disque. Ce cas de figure a peut-être existé (je n’ai pas d’exemple en tête). Mais dans le cas général, ce n’est pas le disque qui est éponyme, c’est le chanteur.

On trouve aussi quelques exemples dans la presse écrite.

Par exemple, dans le Monde3 en 2012 : « Serge Dassault n’est pas satisfait du bilan des années Sarkozy en matière de politique industrielle. Et l’avancée des négociations pour la vente de Rafales4 à l’Inde n’y change rien. Le sénateur UMP et patron du groupe industriel éponyme a lancé un coup de gueule, mercredi 8 février, lors de la réunion de l’UMP dédiée à la lutte contre les délocalisations, en présence de caciques du parti présidentiel ». Le journaliste écrit que Serge Dassault s’appelle ainsi, parce qu’il est président du groupe Dassault, et qu’il a donc décidé d’avoir le même nom que son entreprise. Ce qui est faux. Serge est le fils de Marcel Bloch, qui après la seconde guerre mondiale a changé son nom en Bloch-Dassault, puis en Dassault, et a créé l’entreprise Dassault en lui donnant son nom.

Autre exemple dans le Monde diplomatique5 en 2018 : « Grand romancier d’aventure et artisan de fables sociales, B. Traven, l’auteur du Trésor de la Sierra Madre – un roman mondialement célèbre depuis la sortie en 1948 du film éponyme de John Huston avec Humphrey Bogart –, considérait qu’« un créateur ne saurait avoir d’autre biographie que son œuvre» ». Le roman étant de 1927, et le film de 1948, c’est donc le roman qui est éponyme, et non le film.

En 2008, Libération6 parle « des Raisins de la colère, le roman de John Steinbeck, paru en 1939, et le film éponyme de John Ford tourné en 1940 ». Là, ce qui est remarquable, c’est que l’auteur dit que c’est le film qui a donné son nom au roman, tout en indiquant que le roman est antérieur au film…

Toujours dans Libération7, en 2005 : « La délégation britannique arriva à Nice pour l’ultime phase de négociations du traité éponyme ». Ce qui veut donc dire que le « traité de Nice » a été signé, puis que la ville dans laquelle il a été signé s’est appelée Nice, en souvenir de ce traité……..

Information préhistorique dans le Monde des religions8 en 2018 : « Fait unique, les visiteurs pourront comparer des fossiles originaux sortis exceptionnellement de leur réserve, tels que le crâne éponyme découvert dans la vallée de Néander (Allemagne) en 1856 ». Ce n’est évidemment pas le crâne qui est éponyme, c’est la vallée (« tal » en allemand ») ; l’homme de Néandertal s’appelle ainsi parce qu’on a découvert son crâne dans la vallée de Néander.

Article sur les inondations dans Libération9 en 2017 : « Le 1er juin 2016, les habitants de la vallée du Loing se réveillent les pieds dans l’eau. C’est d’abord le canal éponyme qui a débordé, puis la rivière ». Même sans connaissance particulière de la région, on peut supputer que le mot a encore été employé à contresens ; le journaliste dit que le canal a donné son nom à la rivière, alors que l’inverse est beaucoup plus probable……

Encore dans Libération10, à propos de football : « Jean-Louis Dupont, défenseur de Jean-Marc Bosman dans l’affaire éponyme, qui a fait exploser les frontières dans le foot ». L’arrêt Bosman est une décision de la cour de justice des communautés européennes, saisie par le footballeur belge Jean-Marc Bosman, qui décide que tout quota maximum de joueurs étrangers dans une équipe sportive est contraire au traité de Rome. Utilisation encore une fois contraire du mot « éponyme » : c’est le footballeur qui a donné son nom à la décision de justice, et évidemment pas l’inverse…

Un dernier exemple dans Libération11 : « Drut n’était pourtant pas à la rue: conseiller aux sports de Chirac (à la Mairie de Paris entre 1985 et 1989), ministre éponyme sous le gouvernement Juppé (de 1995 à 1997) ». Là, ce n’est même pas un emploi à contresens, c’est vraiment n’importe quoi ! Dans la tête du journaliste de Libération, çà doit vouloir dire que Guy Drut a d’abord été conseiller aux sports, puis ministre des sports….

Le mot « éponyme » est souvent employé de travers ; mais il faut reconnaître qu’il n’est pas couramment employé par les Français. Contrairement à d’autres mots de grammaire comme « homonyme » ou « synonyme », qu’on apprend à l’école.

Des homonymes sont des mots ayant un sens différent, mais une graphie ou une prononciation identiques (coeur/choeur, point/poing, prémisses/prémices, balade/ballade, mot/maux, sol/saule, sot/saut/sceau/seau, mine [de charbon]/mine [de crayon], port/porc, mer/mère/maire, pin/pain, champ/chant).

Des synonymes sont des mots ayant un sens similaire (cacher/dissimuler, beau/joli).

Des paronymes sont des mots dont le sens diffère, mais dont l’écriture ou la prononciation sont proches (Draguignan/Gradignan, attention/intention, éruption/irruption, enduire/induire, collision/collusion, effraction/infraction).

Les antonymes sont des mots dont le sens est contraire (jeune/vieux, beau/laid, travailleur/paresseux, gentillesse/méchanceté). Contrairement au mot « synonyme », le mot « antonyme » est probablement largement inconnu des Français ; en effet, on parle aux élèves de « synonymes et de contraires », et non pas de « synonymes et d’antonymes ».

Il n’y a donc aucune honte à ne pas connaître le mot « antonyme » ; et il n’y aucune nécessité, à part peut-être pour des grammairiens de très haut niveau, à utiliser ce mot. Il en est de même pour le mot « éponyme ». Je n’ai jamais employé ce mot de ma vie, et je pense qu’il y a une dizaine ou une quinzaine d’années, j’ignorais même qu’il existait ; à tort ou à raison, je n’en éprouve aucune honte, ni aucun complexe d’infériorité culturelle.

Je pense en revanche qu’il est vraiment ridicule d’employer des mots qu’on ne comprend pas….

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1- Alain Sanders : « Le Fauteuil 47 », Présent, 21 avril 2018.

2- Isabelle Chaperon : « Les entrepreneurs accros à la dette sont de retour », le Monde, 24 juin 2015.

3- Eric Nunès : « Pour Serge Dassault, la précarité c’est la vie », le Monde, 10 février 2012.

4- Rafale : avion de combat fabriqué par le groupe Dassault.

5- Charles Jacquier : « Écrivain mystère et œuvre légendaire », le Monde diplomatique, mars 2018.

6- Gérard Lefort : « Raisins amers », Libération, 26 avril 2008.

7- Stephen Wall : « Chirac et Blair feraient la paire », Libération, 16 juin 2005.

8- Hélène Bourg : « Coup de massue sur Néandertal », le Monde des religions, 25 avril 2018.

9- Sylvain Mouillard : « Loing : un an après, la vallée manque d’assurance », Libération, 31 mai 2017.

10- Olivier Bertrand : « L’OL ne paie pas les pros cassés », Libération, 8 décembre 2005.

11- Renaud Lecadre : « Quand Drut chutait sur les emplois fictifs », Libération, 27 mai 2006.

Du bon usage des groupes parlementaires européens

Lorsqu’un organe de presse mentionne un parti étranger, doit-il indiquer ses éventuels liens avec des partis français, et en particulier une appartenance commune à un groupe parlementaire européen ? Nous allons voir deux exemples, où les pratiques journalistiques ne sont pas les mêmes dans ce domaine.

Tout d’abord, on a pu constater que quelques journaux ont rendu compte des manifestations du 23 juin 2019 contre le premier ministre tchèque Babis.

Dans le Monde, dans un long article d’une demi-page1, Ariane Chemin détaille la situation, et explique que les initiateurs de la manifestation « voulaient à nouveau protester contre la fraude aux subventions européennes dont la Commission accuse Andrej Babis – elle lui réclame le remboursement de 17,4 millions d’euros ».

Dans le quotidien Libération2, Nelly Didelot explique que le premier ministre tchèque est « empêtré dans de multiples affaires de conflits d’intérêt, qui ont été épinglées en début de mois par deux audits confidentiels de la Commission européenne ».

Dans la Croix3, François d’Alançon détaille aussi la situation à Prague et précise que le premier ministre tchèque « a été mis l’an dernier en examen dans une affaire de détournement présumé de deux millions d’euros de fonds européens » et évoque son « discours populiste ».

Toujours dans la Croix quelques jours plus tard4, Bruno Frappat nous décrit le premier ministre tchèque comme « une sorte de Trump slave », ce qui ne doit pas être un compliment pour un journal progressiste comme la Croix. On dit que Babis « qu’il n’est pas dépourvu de ces habiletés et de cette énergie qui font les grands escrocs et les corrompus de haut vol », ajoute Bruno Frappat.

Mais aucun de ces articles ne mentionne le fait que l’ANO, parti du premier ministre tchèque Andrej Babis, faisait partie du groupe parlementaire ALDE (alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) dans le précédent parlement européen, et en fait toujours partie ; l’ALDE vient d’être renommée Renew Europe. Et le parti français LREM du président Macron fait aussi désormais partie de Renew Europe.

Le second exemple concerne les déboires du vice-chancelier autrichien Strache survenus un mois plus tôt, à propos d’une soirée à Ibiza5 . A une semaine des élections européennes du 26 mai 2019, les journaux utilisent la grande artillerie pour marteler que le FPO du vice-chancelier autrichien Strache est un allié européen du rassemblement national français.

Le 19 mai 2019, en présentant l’affaire Strache, le Monde6 précise que Heinz-Christian Strache est un « allié de la première heure de Marine Le Pen ».

Le 21 mai, le Monde revient en détail7 sur l’affaire, et la diffusion de cette vidéo dans laquelle les Autrichiens peuvent « [voir] leur vice-chancelier, manifestement alcoolisé, lors d’un séjour à Ibiza (Baléares, Espagne), proposer à une prétendue nièce d’un oligarque russe de transformer le plus grand quotidien autrichien, la Kronen Zeitung, en un organe de propagande pro-FPO, contre l’obtention de contrats publics ». Le Monde insiste sur les alliés européens du FPO : « Cette crise promet d’être d’une intensité remarquable, pouvant ébranler, lors du scrutin européen de dimanche 26 mai, les alliés continentaux de M. Strache : Marine Le Pen en France et Matteo Salvini en Italie, pour ne citer qu’eux ». Et le quotidien implique aussi le premier ministre hongrois Viktor Orban : « M Orban est la figure la plus menacée par ce coup du destin. Dans la vidéo, il est cité plusieurs fois comme un modèle par M. Strache, qui explique par le menu comment – et surtout avec qui – le chef de l’exécutif hongrois a réussi à détruire les médias de son pays ».

Dans le même numéro, l’éditorial du Monde martèle8 : « L’affaire Strache a plané sur la grand-messe nationaliste organisée, samedi, à Milan, par Matteo Salvini, vice-premier ministre italien et chef de la Ligue, avec une dizaine d’autres partis d’extrême droite, dont le Rassemblement national de Marine Le Pen. Si Mme Le Pen a fini par condamner, lundi, « la faute lourde » de M. Strache, M Salvini est resté silencieux. Le scandale tombe au pire moment pour eux : le FPO était un maillon important dans la stratégie de formation d’un groupe eurosceptique au Parlement européen, après les élections des 23 et 26 mai. L’ensemble des sondages laissent prévoir une forte progression des partis nationalistes à l’occasion de ce scrutin, mais leur unité se trouve encore plus fragilisée ».

Dans Libération, c’est la même journaliste, Nelly Didelot, qui a traité les affaires Strache et Babic. Le 20 mai 2019, elle utilise9 exactement les mêmes mots que le Monde en présentant Heinz-Christian Strache comme un « allié de la première heure de Marine Le Pen ».

La Croix indique10 que Heinz-Christian Strache est « proche de Marine Le Pen », et l’article se conclut ainsi : « Avec cette vidéo, c’est un mentor qui chute ».

On peut donc constater que ces trois journaux, le Monde, la Croix et Libération, qui avaient lourdement insisté sur le fait que le FPO autrichien et le rassemblement national français (présidé par Marine Le Pen) étaient dans le même groupe parlementaire européen, ont totalement tu le fait que l’ANO tchèque était dans le même groupe parlementaire européen que LREM, le parti du président français.

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1- Ariane Chemin : « A Prague, la rue exige le départ d’Andrej Babis », le Monde, 25 juin 2019.

2- Nelly Didelot : « A Prague, 250000 manifestants contre le premier ministre », Libération, 25 juin 2019.

3- François d’Alançon : « Le premier ministre tchèque sous pression », la Croix, 25 juin 2019.

4- Bruno Frappat : « Un peu d’air frais », la Croix, 29 juin 2019.

5- Voir chronique du 24 mai 2019 : « Les caméras d’Ibiza ».

6- Blaise Gauquelin : « Une vidéo compromet le vice-chancelier autrichien d’extrême droite », le Monde, 19 mai 2019.

7- Blaise Gauquelin : « En Autriche, la chute de la coalition des droites », le Monde, 21 mai 2019.

8- « L’onde de choc européenne de l’affaire Strache », le Monde, 21 mai 2019 (éditorial non-signé).

9- Nelly Didelot : « En Europe, un modèle de collaboration ébranlé », Libération, 20 mai 2019.

10- Delphine Nerbollier : « L’Autriche se prépare à de nouvelles élections », la Croix, 20 mai 2019.

Bruckner : Un racisme imaginaire

J’ai lu le livre de Pascal Bruckner « Un racisme imaginaire », sous-titré « Islamophobie et culpabilité », publié en 2017.

Pascal Bruckner dénonce le concept d’islamophobie, destiné à disqualifier et intimider toute personne critique envers l’islam. Intimidation qui fonctionne principalement à cause de la haine de soi que se porte l’Occident, et qu’exploite l’islam : « Contre qui nous battons-nous ? D’abord contre nous-mêmes, nos scrupules, nos doutes dévorants. L’on doit moins redouter la virulence des fous de Dieu que la virulence de la haine que nous nous portons et qui commande de nous soumettre. A l’évidence un continent qui ne s’aime pas ne peut être aimé des autres et se prépare moralement à la disparition. Il peut être colonisé parce qu’il est devenu mentalement colonisable ».

L’intérêt du livre est néanmoins malheureusement un peu gâché par une trop grande soumission de l’auteur au politiquement correct.