Mort de John Wayne

Il y a 40 ans, le 11 juin 1979, John Wayne mourait à l’âge de 72 ans.

De son vrai nom Marion Morrison, cet acteur formidable reste l’archétype du cowboy de western. Sans dresser ici la liste complète de ses très nombreux films, on peut citer quelques westerns marquants : la chevauchée fantastique (1939), la charge héroïque (1949), Rio Bravo (1959), les cavaliers (1959), l’homme qui tua Liberty Valence (1962), les quatre fils de Katie Elder (1965) ; de rares films policiers : un silencieux au bout du canon (1974), Brannigan (1975) ; et quelques films de guerre : les diables de Guadalcanal (1951), le jour le plus long (1962), les bérets verts (1968).

Anticommuniste, John Wayne était politiquement très proche du parti républicain, soutenant notamment les candidatures de Richard Nixon à la présidence, et les campagnes de Ronald Reagan pour le poste de gouverneur de Californie.

Répartition nationale des députés européens

Les résultats des élections européennes, qui se déroulent du 23 au 26 mai 2019, seront évidemment fonction des résultats des partis dans les différents pays. Mais l’impact des résultats nationaux est aussi évidemment tempéré par le poids de chaque pays. Ainsi, le tableau ci-après donne le nombre de députés élus par pays ; une colonne supplémentaire donne le nombre de députés après le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne).

Pays 26/05/19 Après Brexit
Allemagne 96 96
France 74 79
Italie 73 76
Royaume-Uni 73
Espagne 54 59
Pologne 51 52
Roumanie 32 33
Pays-Bas 26 29
Belgique 21 21
Grèce 21 21
Hongrie 21 21
Portugal 21 21
Tchéquie 21 21
Suède 20 21
Autriche 18 19
Bulgarie 17 17
Danemark 13 14
Finlande 13 14
Slovaquie 13 14
Irlande 11 13
Croatie 11 12
Lituanie 11 11
Lettonie 8 8
Slovénie 8 8
Estonie 6 7
Chypre 6 6
Luxembourg 6 6
Malte 6 6
Total 751 705

Il faut par ailleurs noter qu’il s’agit là du nombre de députés élus par pays, et non pas du nombre de députés ayant la nationalité du pays. En effet, en particulier en France, il est possible d’être élu député européen français sans être français.

Les caméras d’Ibiza

En Autriche, Heinz-Christian Strache, vice-chancelier et président du FPO, a été victime d’un coup monté.

Une semaine avant les élections européennes, une vidéo a été diffusée le montrant dans une villa à Ibiza (Espagne) en 2017, probablement en état d’ébriété, promettant des contrats à une fausse femme d’affaires russe.

Heinz-Christian Strache a démissionné de ses fonctions de vice-chancelier et de président du FPO.

Le chancelier Sebastian Kurz, membre de l’OVP, a mis fin à la coalition1 entre l’OVP et le FPO, demandé de nouvelles élections législatives (probablement en septembre) et démis le ministre de l’Intérieur (FPO) de ses fonctions. Les autres ministres du FPO ont alors démissionné.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle2 Norbert Hofer remplace Heinz-Christian Strache à la tête du FPO.

.

1- Voir chronique du 21 décembre 2017 : « Alliance OVP/FPO ».

2- Voir chronique du 6 décembre 2016 : « Petite baisse du FPO ».

Percée de Vox au niveau national

Lors des élections législatives espagnoles organisées le 28 avril 2019, les 350 sièges de députés étaient renouvelés au scrutin proportionnel dans 52 circonscriptions.

Le résultat n’a pas donné de majorité absolue à un parti ni à une coalition ; le prochain gouvernement sera probablement issu d’une alliance entre les socialistes, l’extrême-gauche, les régionalistes et les indépendantistes.

L’élection a notamment été marquée par l’effondrement du parti populaire (droite), qui passe de 33% à 16,70% des voix.

Le mouvement de droite nationale Vox fait son entrée à la chambre des députés, remportant 10,06% des voix et 24 députés. Créé fin 2013 par des dissidents du parti populaire, Vox avait obtenu 0,2% aux précédentes élections législatives de 2016. Il n’a commencé à percer qu’en décembre 2018 aux élections régionales d’Andalousie1, obtenant 10,96% des voix, et permettant la nomination d’un gouvernement de droite dans cette région2.

.

1- Voir chronique du 27 décembre 2018 : « Elections régionales en Andalousie ».

2- Voir chronique du 27 janvier 2019 : « Alliance des droites en Andalousie ».

Elections législatives finlandaises

La Finlande a organisé le renouvellement de son parlement le 14 avril 2019. Les 200 députés ont été élus à la proportionnelle dans 12 circonscriptions.

Après les précédentes élections1 du 19 avril 2015, Juha Sipila (Kesk : parti du centre) était devenu premier ministre, à la tête d’une coalition de droite avec le parti de la coalition nationale (Kok) et les Vrais Finlandais, parti de droite nationale.

En 2017, une crise au sein des Vrais Finlandais se termine par une scission du parti. Jussi Halla-Aho prend le contrôle du parti. L’ancien président, Timo Soini, crée un nouveau parti : la réforme bleue. Les Vrais Finlandais quittent la coalition gouvernementale ; grâce au nouveau parti de la réforme bleue qui fait désormais partie de la coalition, le gouvernement reste en place, avec notamment Timo Soini qui demeure ministre des affaires étrangères.

Lors des élections de 2019, le parti du premier ministre sortant s’effondre. Les deux autres partis de la coalition de 2015 restent stables ; quant au parti de la réforme bleue, il ne perce pas.


2015 2015 2019 2019

voix sièges voix sièges
Kesk 21,10% 49 13,76% 31
Kok 18,20% 37 17,00% 38
Vrais Finlandais 17,65% 38 17,48% 39
Réforme bleue

0,97% 0

A gauche, le parti social-démocrate devient le premier parti du pays (17,73% des voix et 40 sièges), devançant de peu les Vrais Finlandais, qui deviennent la deuxième force du pays.

On constate que la coalition de droite de 2015 (Kesk+Kok+VF) reste majoritaire ; on semble néanmoins s’acheminer vers un gouvernement de gauche, les partis de centre-droit refusant cette fois de s’allier avec les Vrais Finlandais.

.

1- Voir chronique du 21 décembre 2015 : « Elections scandinaves ».

Les touristes au Bénin

Le 1er mai 2019, deux touristes français ont été kidnappés dans le nord du Bénin.

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2019, ayant identifié le campement des ravisseurs dans un pays voisin, le Burkina Faso (ancienne Haute-Volta), les forces françaises ont libéré les deux touristes français, ainsi que deux autres prisonniers, une Sud-coréenne et une Américaine.

Deux sous-officiers français sont morts dans l’opération : les maîtres1 Cédric de Pierrepont (né en 1986) et Alain Bertoncello (né en 1991).

.

1- Dans la marine française, les sous-officiers sont appelés « officiers mariniers », tandis que les officiers sont « officiers de marine » ; le grade de « maître » dans la marine correspond à celui de « sergent-chef » dans l’armée de terre.

Camus : le grand remplacement

J’ai lu le livre de Renaud Camus « le grand remplacement », dans sa 3ème édition de 2015 (la première édition datait de 2011).

J’avoue d’abord que je commence à écrire avec une petite arrière-pensée négative. Sur un plan pratique, j’ai un peu l’impression de m’être fait arnaquer économiquement.

En effet, la première partie de l’ouvrage est constituée par « le changement de peuple ». Or ce texte avait constitué un livre à part, que j’avais acheté ; j’aurais donc pu faire des économies en ne l’achetant pas, et en lisant ce texte directement dans « le grand remplacement ».

Je n’ai pas relu « le changement de peuple » ; et je n’en parlerai donc pas ici, l’ayant déjà évoqué précédemment1.

Venons-en donc au reste du livre.

Un grand défaut du livre est la répétition. En effet, c’est un recueil de discours. Les différents discours étant non seulement sur les mêmes thèmes, mais reprenant parfois les mêmes thèses, les mêmes exemples, on ne peut qu’être lassé par cette impression de déjà-lu permanent qui s’installe au fil de la lecture des discours successifs. Si l’on peut admettre que l’auteur se répète dans ses différents discours, un peu comme un candidat qui irait répéter la même chose de meeting en meeting, on aurait pu espérer l’élégance de ne pas imposer ces redondances aux lecteurs d’un livre.

Ceci dit, cet ouvrage fournit des éléments très intéressants.

On trouvera pour commencer la définition du grand remplacement énoncée par l’auteur, et c’est sans doute ce qu’on en attendait prioritairement, Renaud Camus étant systématiquement présenté comme l’inventeur de cette théorie ; notion de théorie qu’il conteste d’ailleurs, expliquant qu’il s’agit plus d’un constat : « Le Grand Remplacement, je l’ai ressenti pour la première fois à Lunel, dans l’Hérault, il y a au moins trois lustres de cela, et aussi dans les petits villages anciens, médiévaux, de la plaine côtière, en constatant un beau jour, stupéfait, que la population, en une génération, avait été entièrement changée, que ce n’était plus le même peuple aux fenêtres et sur les trottoirs, qu’un changement à vue était survenu, que sur les lieux même de ma culture et de ma civilisation je marchais dans une autre culture et une autre civilisation, dont je ne savais pas encore qu’elles étaient décorées du beau nom trompeur de multiculturalisme ».

L’ouvrage ne se limite pas au grand remplacement.

Ainsi l’auteur se prononce-t-il sans ambiguité contre la violence. Le fondement de son positionnement politique est d’ailleurs le refus de toute nuisance (la « nocence » dans son jargon).

Renaud Camus se positionne comme un adepte forcené du malthusianisme ; à ce titre, il ne souhaite donc pas pas lutter contre l’invasion migratoire en augmentant la natalité française.

Concernant les diplômes, Renaud Camus se distingue par une position originale ; alors que ces dernières décennies, les résultats du baccalauréat sont toujours l’occasion de se féliciter d’un taux de réussite croissant, ce qui est l’objectif même s’il faut pour celà baisser le niveau du bac, l’auteur se prononce à contrecourant pour un relèvement substantiel du niveau du bac avec une diminution du taux de réussite comme objectif.

Intéressante remarque aussi sur l’obsession du neuf et du moderne dans notre société, et surtout sur la société du jetable : « Nous sommes la première civilisation qui construit des maisons faites pour durer dix ans. Nous sommes la première civilisation qui s’émerveille qu’un pont2, un pont magnifique, un pont qui fait la fierté du régime, promette, à quelques lieues à peine du pont du Gard, d’être encore parfaitement utilisable dans quarante ans. Nous sommes la première civilisation qui explique le désastre d’un lycée, la violence qui y règne, l’impossibilité de le faire servir à la moindre transmission, par sa vétusté, car il a été construit, pensez, il y a trente ou quarante ans : qu’est-ce que vous voulez faire de sérieux dans des bâtiments pareils ? ».

A noter enfin, peut-être le texte le plus réussi : en fin de livre, Renaud Camus se livre à un pastiche de conte danois de 19 pages, qu’il intitule « Orop » (prononciation « europ »). Extrait : « Cette hébétude avait un nom, les poètes et savants de la cour impériale l’avaient baptisée vivre ensemble. Le vivre ensemble avait une idole, un petit dieu très exigeant et très cruel, qui se nommait Padamalgam. Chaque fois que des secousses de vérité ébranlaient à l’excès le vivre ensemble, et que le sang coulait à flot, des foules énormes se précipitaient dans les rues afin d’y promener l’idole propitiatoire, et le peuple entier criait d’une seule voix, sur son passage, Padamalgam !,Padamalgam ! -ce qui en fait voulait dire : « A bas la vérité ! Nous vivants, la vérité ne passera pas ! ». On savait que le petit dieu, en effet, était contre elle d’un effet souverain ».

.

1- Voir chronique du 7 février 2017 : « Camus : le changement de peuple ».

2- Renaud Camus fait ici référence au viaduc de Millau.

L’empereur Naruhito

Le 30 avril 2019, l’empereur du Japon abdiquera. Son fils Naruhito lui succèdera.

Il sera le quatrième empereur depuis la fin de l’ère Meiji.

L’empereur Mutsuhito régna de 1867 à 1912 ; il choisit Meiji comme nom posthume. Régnèrent ensuite Yoshihito (1912-1926), Hirohito (1926-1989) et Akihito (1989-2019).

Elections provinciales aux Pays-Bas

Le 20 mars 2019 étaient organisées les élections provinciales aux Pays-Bas, pour renouveler les assemblées régionales des 12 provinces des Pays-Bas.

Ces élections se sont traduites par l’arrivée en première place du FvD (forum pour la démocratie), parti de droite nationale créé en 2016 par Thierry Baudet1. C’est un succès considérable pour ce jeune parti, qui avait réussi à obtenir 2 députés avec 1,78% des voix aux élections législatives du 15 mars 20172. Il recueille 14,53% des voix et obtient 86 des 570 conseillers provinciaux, devant le VVD, parti du premier ministre de centre-droit, qui obtient 13,99% des voix et 80 conseillers.

Ce succès du FvD s’établit en partie au détriment du PVV (parti pour la liberté) de Geert Wilders : le PVV passe de 11,73% des voix aux précédentes élections provinciales de 2015 à 6,94% en 2019, et passe de 66 à 40 sièges.

Mais c’est donc globalement une poussée de la droite nationale néerlandaise (PVV + FvD).

Ces élections auront des conséquences sur l’équilibre des forces politiques au sénat ; en effet, les élections sénatoriales auront lieu le 27 mai 2019 ; les sénateurs néerlandais sont élus par les conseillers provinciaux.

A deux mois des élections européennes, on peut noter que le PVV de Geert Wilders fait partie du groupe ENL3 au parlement européen, aux côtés notamment du RN français, du FPO autrichien et de la Ligue italienne. De son côté, le FvD a annoncé, de même que Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, son intention de rejoindre le groupe CRE (conservateurs et réformistes européens), qui comprend notamment les Démocrates de Suède, les Vrais Finlandais, Frères d’Italie et le PiS polonais.

.

1- Voir chronique du 7 février 2019 : « Baudet : Indispensables frontières ».

2- Voir chronique du 27 mars 2017 : « Elections législatives aux Pays-Bas ».

3- Voir chronique du 5 novembre 2016 : « Les droites nationales européennes dans les groupes parlementaires ».

Eradication du passé simple

Il y a environ un an, de passage dans le centre-ville de Manosque, j’étais entré dans la bibliothèque municipale de cette ville des Alpes-de-Haute-Provence.

J’avais pu constater que la section jeunesse de la bibliothèque avait résisté à l’épuration ambiante. En effet, dans beaucoup de bibliothèques municipales, les livres pour la jeunesse sont systématiquement censurés. Les anciens livres sont éliminés. Ne restent que des livres aux dessins moches, aux couvertures horriblement flashy, et surtout dont les textes ont été réécrits au présent, les expurgeant du passé simple.

Or à Manosque, si ma mémoire est bonne, les éditions nouvelles cohabitaient avec les éditions des années 1980, par exemple du Club des Cinq et de l’agent secret Langelot.

Etant repassé dans cette bibliothèque il y a une dizaine de jours, je n’ai plus retrouvé les livres des anciennes collections. Avais-je un faux souvenir ? Non. La grande épuration a bien eu lieu cette année. D’après les bibliothécaires, les « vieux » livres ont été jetés, pour ne conserver que les « modernes ».

Les enfants qui fréquentent la bibliothèque municipale de Manosque sont donc désormais protégés contre tout contact avec le passé simple.

Après l’incendie

Le lundi 15 avril 2019, un incendie de plusieurs heures, qui a démarré dans la charpente, a détruit une partie de Notre-Dame-de-Paris. Vers 20h00, la flèche enflammée de la cathédrale s’est effondrée. Les deux tours de la cathédrale sont pour l’instant toujours debout.

Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré que la cathédrale allait être reconstruite en 5 ans.

Bien.

Dans cette entreprise souhaitable, deux aspects pourraient néanmoins être navrants.

Tout d’abord, la recherche de financements. Il faut espérer que le gouvernement ne va pas chercher à obtenir de l’aide étrangère. On est capable de financer çà tout seul. La France va-t-elle se comporter comme un sous-pays, sans fierté, faisant la manche ?

Ensuite le détail de la reconstruction n’est évidemment pas encore établi. Va-t-on respecter l’architecture de la cathédrale ? Ou la dénaturer par une reconstruction « moderne » ? Si c’est pour la transformer en un mélange de raffinerie à la Beaubourg, de verrière de centre commercial et de Disneyland, mieux vaut la laisser en ruine ; ce sera plus esthétique…..

Marc Laycuras

Le ministère de la Défense a annoncé la mort au Mali du médecin-capitaine Marc Laycuras, à l’âge de 30 ans, le 2 avril, « mortellement blessé par un engin explosif détruisant son véhicule ».

Auteur ou auteure ?

Sur un polycopié de sciences économiques sur lequel travaillait un lycéen en cette semaine de vacances, j’ai pu voir qu’il était question d’un cours avec un invité extérieur : une dame qui était « co-auteure » d’un bouquin, et qui était aussi présentée comme « maitre de conférence ».

« Maître » sans accent, c’est courant, certains enseignants vouant une haine au circonflexe.

En revanche, pourquoi indiquer qu’elle est « maître de conférence » ? Si elle est « co-auteure », pourquoi n’est-elle pas « maîtresse de conférence » ?

L’assassinat de Yann Piat

Il y a 25 ans, le 25 février 1994, Yann Piat était assassinée. Alors qu’elle rentre chez elle à Hyères (Var) en voiture, elle est abattue par des hommes en moto.

Membre du front national, elle est élue député du Var en 1986, en même temps que la trentaine de députés de son parti élus cette année-là. Contrairement à 1986, où les élections législatives avaient été organisées à la proportionnelle départementale, celles de 1988 sont organisées au scrutin uninominal majoritaire à deux tours ; Yann Piat est le seul député FN réélu. En 1993, elle est réélue sous l’étiquette UDF.

Le député UDF de Vendée, Philippe de Villiers, déclara1 : « C’était une femme de conviction et à cause de cela sans doute elle l’a payé de sa vie. (…) Dans son combat contre la Mafia et la corruption, elle m’avait dit récemment qu’elle se savait menacée ».

Les assassins ont été condamnés en 1998.

.

1- Cité dans le Monde du 27 février 1994.