Volée de grain

Allant comme souvent admirer les poules ce matin, et leur ayant jeté quelques grains de blé dans leur volière, je me demandais (question ô combien intéressante) comment les poules pouvaient expliquer cette manne qui leur tombe de temps en temps, un peu comme la pluie.

A ce point de mes réflexions, il m’est apparu que le cerveau des poules devait présenter des similitudes avec celui des électeurs socialistes ; elles croient que le blé tombe du ciel.

Investiture de Donald Trump

Donald Trump a été investi le 20 janvier 2017 ; il est donc désormais le 45ème président des Etats-Unis.

Après l’élection du 8 novembre 20161, ses adversaires conservaient des espoirs délirants dans deux domaines.

Ils ont d’abord crié à la fraude et demandé un recomptage des votes. Un recomptage des voix a été effectué dans le Wisconsin ; le résultat a été d’accorder quelques dizaines de voix en plus à ……… Donald Trump.

Enfin, certains espéraient que les grands électeurs de Donald Trump le trahiraient, et ne voteraient pas pour lui. Pour être élu, Donald Trump devait obtenir les voix de 270 grands électeurs. Or les élections lui en ont attribué 306, contre 232 à sa rivale démocrate Hillary Clinton. Dans les jours précédant la réunion des grands électeurs, on a assisté dans la presse française à un véritable délire : les grands électeurs de Trump vont en partie refuser de voter pour lui. Il me semble que c’est la première fois que j’ai assisté à un tel emballement médiatique. Par exemple, en 2008 et en 2012, on n’a pas entendu les journalistes discuter à l’infini sur le thème : les grands électeurs élus pour donner leur voix au candidat démocrate Barack Obama vont-ils finalement voter pour un autre candidat ? Mais pour le candidat républicain Trump, il semblait légitime aux journalistes que les grands électeurs ayant été élus pour le désigner le trahissent finalement. Le vote des grands électeurs a finalement eu lieu le 19 décembre 2016. Et Donald Trump a été élu. Il a certes perdu 2 votes sur les 306 théoriques qu’il aurait dû obtenir. Le plus comique après tout ce tapage, c’est qu’Hillary Clinton en a elle perdu 5 sur son score théorique de 232 !

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1- Voir chronique du 7 décembre 2016 : « Trump a gagné ».

 

Finkielkraut : la seule exactitude

 

J’ai lu cet été « La seule exactitude », publié par Alain Finkielkraut en 2015, recueil de chroniques de 2013 à 2015. Ce livre se situe dans la continuité intellectuelle de son précédent ouvrage1, « L’identité malheureuse ». Ce dernier livre suscite et mérite autant d’intérêt que le précédent.

L’idée principale développée par Alain Finkielkraut dans « La seule exactitude », c’est que le système politico-médiatique français a un problème de synchronisation historique : il se croit dans les années 1930 et combat un ennemi nazi imaginaire, et il refuse de voir les menaces actuelles.

On peut seulement regretter trois points particuliers.

D’abord, une toute petite partie du livre est consacrée à Heidegger2 et Lévinas3. Pour un lecteur comme moi, qui n’est malheureusement pas un lecteur assidu de ces philosophes, il n’est pas aisé de comprendre la totalité de la pensée finkielkrautienne sur le sujet.

Ensuite, on peut regretter un emploi assez intense du mot « juif » dans les chroniques. L’auteur officiant sur RCJ (radio de la communauté juive), on lui pardonnera ce léger excès.

Enfin, l’attitude d’Alain Finkielkraut envers le front national demeure un mystère. Il écrit par exemple : « Au nom de l’universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale. Mais si les nations ne distinguaient pas leurs citoyens et ne leur réservaient pas certaines prérogatives, ce ne seraient plus des nations, ce seraient des galeries marchandes, des salles des pas perdus ou des aéroports ». Alain Finkielkraut s’exprime ici comme le front national. Mais il poursuit immédiatement ainsi : « Ce qui est grave et doit être dénoncé, c’est le fait de s’appuyer sur cette préférence pour refuser tout droit aux étrangers, comme le voudrait le parti de Marine Le Pen4 ». Ce qui est manifestement faux : sur quoi donc s’appuie-t-il pour écrire çà ? Il ne nous le dit pas.

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1- Voir chronique du 14 octobre 2015 : « Finkielkraut : l’identité malheureuse ».

2- Martin Heidegger (1889-1976) : philosophe allemand.

3- Emmanuel Lévinas (1906-1995) : philosophe d’origine lituanienne, naturalisé français en 1930.

4- Marine Le Pen : présidente du front national.

 

Bataille pour la cour suprême

 

Une promesse décisive de Donald Trump pendant la campagne présidentielle a été d’œuvrer en faveur du droit à la vie, en particulier en nommant des juges à la cour suprême favorables à ce droit. Respectera-t-il sa promesse ?

Il faut rappeler que les Etats-Unis n’ont pas voté une loi légalisant l’avortement. Si l’avortement est légal dans tous les Etats-Unis, c’est parce qu’en 1973, dans l’affaire Roe v. Wade (Roe contre Wade), la cour suprême établit l’avortement comme un droit constitutionnel dans tous les Etats-Unis.

Pour justifier sa décision, la cour suprême interpréta un peu bizarrement le 14ème amendement à la constitution américaine, ratifié en 1868, qui visait à garantir les droits des anciens esclaves. La cour estima qu’une partie de la section 1 de l’amendement (« Aucun État ne privera une personne de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale régulière ») devait conduire à l’abrogation de toutes les lois des Etats interdisant ou restreignant l’avortement. Cette décision est contestée par les défenseurs de la vie, et par ceux qui estiment que la cour s’est beaucoup éloignée du texte de la constitution en promulguant cet arrêt. 2 des 9 juges de la cour, opposés à ce jugement, estimèrent alors que cet arrêt était « une application extravagante du pouvoir de contrôle des lois que la constitution accorde à la cour ».

Norma McCorvey, qui utilisa en 1973 le pseudonyme de Jane Roe pour contester la loi texane qui interdisait l’avortement, travailla ensuite dans un avortoir. Au milieu des années 90, elle comprit qu’elle tuait des bébés en travaillant dans une clinique d’avortement. Elle rejoignit alors le groupe anti-avortement « Operation Rescue ». Elle se convertit au protestantisme et se fit baptiser en 1995 ; elle entra dans l’Eglise catholique en 1998. Elle tenta de faire rejuger l’affaire Roe v. Wade, mais la cour suprême refusa en 2005.

La composition de la cour suprême la divisait grosso modo en 2015 en 4 membres plutôt « conservateurs » ou « originalistes », considérant que le texte de la constitution doit être appliqué en fonction du sens qu’il avait à l’origine, et non pas être excessivement interprété, 4 membres gauchistes, et 1 juge centriste penchant du côté des gauchistes. Après la mort du juge conservateur Antonin Scalia en février 2016, le président démocrate Barack Obama tenta de désigner un nouveau juge, mais les républicains s’y opposèrent, estimant que cette décision devait revenir au futur président1 ; le président Trump va donc devoir nommer un successeur à Scalia. De plus, le juge centriste a 80 ans, et deux des juges gauchistes ont un âge avancé (78 et 83 ans) ; sans trop se lancer dans des spéculations d’assez mauvais goût, il est quand même probable que Donald Trump aura de nouveaux juges à désigner. Il suffirait théoriquement du remplacement du juge Scalia et du remplacement d’un des juges âgés, décédé ou démissionnaire, pour faire basculer la cour dans le camp conservateur.

Mais un changement sur l’avortement aux Etats-Unis n’est pas encore gagné.

Il faudra d’abord que Donald Trump tienne sa promesse et nomme des juges pro-vie.

La nomination des juges doit ensuite passer devant le sénat ; les républicains y ont certes une majorité (52 contre 48). Mais les opposants aux nominations pourront éventuellement utiliser la technique du « filibuster », qui consiste à faire durer les débats de manière illimitée. Pour bloquer le filibuster, il faut 60 voix ; pas acquis d’avance, donc.

Enfin, si les juges renversent l’arrêt Roe v. Wade, çà ne signifiera sans doute pas que l’avortement sera interdit dans tous les Etats-Unis. Les juges constateront sans doute que la question de l’avortement n’est pas explicitement évoquée dans la constitution américaine, et il appartiendra alors aux 50 Etats de légiférer sur la question.

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1- Voir chronique du 21 février 2016 : « Le Monde et les républicains américains ».

 

Les gouverneurs républicains s’approchent du record

 

En 2014, l’élection des gouverneurs des Etats s’était conclue par un gain de 2 sièges des républicains sur les démocrates1.

Avant les élections de 2016, les républicains détenaient 31 sièges de gouverneurs, les démocrates 18, et le gouverneur de l’Alaska est classé comme indépendant.

12 sièges de gouverneurs étaient soumis à renouvellement cette année (5 républicains et 7 démocrates).

Le candidat démocrate a battu de justesse le gouverneur républicain sortant de la Caroline du Nord (49% contre 48,8%). Les républicains ont conquis sur les démocrates les postes de gouverneur du Missouri, du New Hampshire et du Vermont. Soit un gain global de 2 sièges pour les républicains.

Les républicains détiennent désormais 33 postes de gouverneurs ; ce qui est leur meilleur résultat depuis 1922 (34 postes), année qui constitue le nombre record de gouverneurs républicains du 20ème siècle.

Le poste de gouverneur est important, car il dirige son Etat. Il faut aussi noter que dans 47 Etats sur 50, en cas de décès d’un sénateur de l’Etat au sénat fédéral, le gouverneur désigne un nouveau sénateur, en attendant qu’une élection soit organisée.

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1- Voir chronique du 20 novembre 2014 : « L’élection des gouverneurs américains ».

 

Les représentants 2016

 

 

 

 

Comme tous les 2 ans, la chambre des représentants des Etats-Unis était complètement renouvelée cette année.

En 2014, lors de l’élection précédente1, les républicains avaient obtenu un résultat historique. En nombre d’élus à la chambre des représentants, c’était leur meilleur résultat depuis 1928.

Le 8 novembre 2016, les candidats républicains à la chambre des représentants ont obtenu 49,9% des voix, et les candidats démocrates 47,3%.

En 2016, les républicains ont perdu 6 sièges au profit des démocrates ; ils ont désormais 241 sièges contre 194 aux démocrates.

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1- Voir chronique du 14 novembre 2014 : « La chambre des représentants 2014 ».

 

Le sénat est resté républicain

 

Le sénat américain sortant, constitué de 100 sénateurs, était à majorité républicaine1 : 54 sénateurs républicains, 44 démocrates et 2 indépendants proches des démocrates. Le sénat étant renouvelé par tiers tous les 2 ans, 34 sièges étaient renouvelés cette année, majoritairement républicains (24 républicains, 10 démocrates).

Le mode d’élection des sénateurs et des membres de la chambre des représentants est le scrutin majoritaire à un tour (8 novembre 2016). A l’exception de la Louisiane, où le second tour était organisé le 10 décembre 2016.

Les républicains conservent leur majorité au sénat, mais y perdent 2 sièges (Illinois et New Hampshire) ; ils sont désormais 52 républicains au sénat.

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1- Voir chroniques du 13 novembre 2014 : « Les républicains ont conquis le sénat » ; et du 10 décembre 2014 : « Election sénatoriale en Louisiane »