Démission du juge Kennedy

Le juge Anthony Kennedy (82 ans) a démissionné de son poste à la cour suprême des Etats-Unis, qu’il occupe depuis 30 ans, depuis sa désignation par le président Ronald Reagan.

La cour suprême américaine est composée de 9 juges : 4 considérés comme conservateurs, 4 comme gauchistes, et le juge Kennedy, considéré comme « conservateur », et qui vote très souvent comme les gauchistes.

Le président Trump va donc désigner un nouveau juge, qui devra être confirmé par le sénat. S’il désigne un vrai conservateur, la majorité de la cour sera clairement conservatrice, pour plusieurs années, peut-être pour plusieurs décennies. Avec des conséquences importantes1.

Il est à noter que les deux juges restants les plus vieux sont deux gauchistes : madame Ruth Bader Ginsburg (85 ans) et Stephen Breyer (80 ans).

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1- Voir chroniques du 21 février 2016 : « Le Monde et les républicains américains », du 14 décembre 2016 : « Bataille pour la Cour suprême » et du 10 avril 2017 : « Neil Gorsuch ».

Alliance entre la ligue et le M5S

Les élections du 4 mars 2018 n’ont donné de majorité absolue à aucun des trois blocs qui s’affrontaient1 en Italie.

Après des semaines de discussion, un gouvernement a été nommé le 1er juin, suite à l’établissement d’un accord entre la ligue et le M5S2.

Le premier ministre (président du conseil) est le professeur Giuseppe Conte, proche du M5S. Il est secondé par deux vice-présidents du conseil : Luigi Di Maio (dirigeant du M5S), également ministre du travail et Matteo Salvini (dirigeant de la ligue), également ministre de l’intérieur.

Les négociations entre le M5S et la ligue ont un temps semblé sans issue ; le M5S ne voulait pas du mouvement Forza Italia de Silvio Berlusconi dans la coalition ; de son côté, Matteo Salvini, le dirigeant de la ligue, restait loyal envers son allié de la coalition des droites, et refusait cette exigence du M5S. La situation s’est finalement débloquée quand Silvio Berlusconi a indiqué qu’il ne soutiendrait pas une coalition entre le M5S et la ligue, mais que la ligue avait la liberté de conclure une telle alliance.

Avec cette nouvelle coalition s’ouvre donc une nouvelle page de l’histoire italienne. Il est évidemment trop tôt pour savoir si cette alliance tiendra toute la durée de la législature, ou si des tensions entre les deux mouvements la fera éclater plus tôt.

En tous cas, aux prochaines élections législatives se posera la question de la pérennité de cette alliance. Restera-t-elle en vigueur pour ces futures élections ? Ou la ligue se représentera-t-elle dans le cadre de la coalition des droites ?

En effet, pour l’instant, cette coalition entre le M5S et la ligue peut faire figure d’arrangement temporaire, même si c’est pour quelques années. Car elle n’a pas remis en cause le principe de l’unité des droites dans le pays. En effet, la coalition des droites existe toujours au niveau local et régional ; elle n’a pas été remise en cause par la création de l’alliance gouvernementale. La ligue, Forza Italia et Frères d’Italie gèrent ensemble des communes et des régions.

Par exemple, la région du Frioul-Vénétie julienne a été conquise par l’alliance des droites en 2018 ; le nouveau président de la région, Massimiliano Fedriga, appartient à la ligue, et s’appuie sur une coalition comprenant notamment Forza Italia et Frères d’Italie.

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1- Voir chronique du 5 mai 2018 : « Quelle coalition pour l’Italie ? ».

2- M5S : movimento 5 stelle.

Les poules du gouvernement

Depuis quelques années, je vois régulièrement dans les journaux télévisés que, dans le cadre de la gestion des déchets, des poules sont fournies gratuitement à certains citoyens ; notamment par des conseils départementaux, me semble-t-il.
En général, le reportage insiste d’abord sur le fait que les particuliers produisent beaucoup de déchets, que çà coûte cher de les traiter. Puis on nous vante l’action écologique du département qui fournit gratuitement des poules à des particuliers, afin qu’elles soient nourries avec des déchets ménagers ; le principe étant que ces déchets mangeables que les poules ingurgitent sont autant de déchets en moins à traiter par le service des poubelles. En général, le reportage mentionne alors la quantité de déchets qu’une poule mange par jour ou par an.
En général, le reportage se conclut par une charmante dame en train de donner à manger à sa poule, qui nous explique sa joie et sa fierté de participer à une action écologique, éco-responsable, durable, solidaire, citoyenne,……
Et la dame finit en vous expliquant qu’il y a même un miracle. Vous savez quoi ? La poule, en plus de bouffer les déchets, elle fait des œufs ! On est là émerveillé devant la découverte scientifique de notre concitoyenne écolo-solidaro-durablo-responsable…..
Chaque fois que je vois ce genre de reportage, j’avoue ne pas être béat d’admiration devant ces actions départementales. Je suis plutôt effaré par ces exemples d’assistanat. On en est donc arrivé au point que l’Etat fournit maintenant des poules aux citoyens ; et que çà semble normal, et même positif !
Moi, à la fin de ces reportages, ma réaction intellectuelle peut en général se résumer à deux questions.
Cette dame ne pouvait-elle donc pas aller toute seule au marché s’acheter une poule ?
Est-elle à ce point bête et assistée qu’elle a besoin que ce soient les autorités qui viennent lui offrir une poule ?
Je connais personnellement des gens qui ont des poules ; ils ne les ont pas attendues du gouvernement ; ils les ont achetées au marché, ou chez un paysan du coin.
Et c’est bien d’avoir des poules, mais il faut avoir quelques minutes à leur consacrer régulièrement, quotidiennement.
C’est bien d’avoir des poules, car effectivement, çà réduit le gaspillage ; çà mange de tout : épluchures, restes de pâtes et de riz, gras de jambon, mauvaises herbes arrachées, gazon coupé. Penser que l’alimentation ne coûtera jamais rien est quand même peut-être illusoire ; dans la réalité, il faut acheter du blé pour compléter le régime alimentaire.
C’est surtout bien pour les œufs ; fourniture quotidienne d’œufs frais.
C’est bien aussi pour l’éducation. Les enfants voient ainsi que les œufs ne sortent pas d’une machine, et gardent un lien avec la nature. Et quelle joie pour le jeune enfant, entrant accompagné dans le poulailler pour ramasser les œufs. Quelle fierté pour l’enfant, un tout petit peu moins jeune, entrant seul dans le poulailler, un peu perturbé par les poules qui volettent, un peu intimidé par le coq qui le regarde méchamment, mais qui va courageusement aller chercher les œufs, et, malgré l’envie qu’il a de courir pour s’échapper, obligé de marcher normalement pour ne pas casser les œufs, va sortir dignement de l’enceinte périlleuse.
Educatif aussi la poule qui couve, et les poussins qui naissent, et qui grandissent sous le regard émerveillé et attendri des enfants. A ce sujet, j’espère que les fournisseurs de poules gratuites n’oublient pas de préciser aux récipiendaires écolo-responsables que, comme ils ne fournissent pas de coq, laisser couver la poule n’a pas vraiment d’intérêt…..
Educatifs aussi pour les grandes personnes. Les gens qui ont acheté leurs poules en achètent généralement de races différentes. Quand vous avez beaucoup d’œufs, et que vous en offrez à des collègues en entreprises, certains peuvent être ébahis. Tous les coquilles d’œuf n’ont pas la même couleur, elles sont d’un jaune différent, certaines sont même blanches. Certaines coquilles sont unies, d’autres tachetées de points noirs. Et il y a des gros œufs, et des tout petits ! Pour ceux qui font leurs courses au supermarché depuis des décennies, les œufs sont tous pareils : même calibre, même couleur……

Etudiants en grève

Il n’y a pas que les trains qui sont en grève en ce moment, il y a aussi certains étudiants. Ils ne veulent pas travailler, mais veulent aussi empêcher les autres de travailler et de passer leurs examens.
Depuis longtemps, je trouve assez bizarre que des étudiants ou des lycéens puissent se considérer « en grève ».
En effet, un étudiant, un lycéen ne « travaille » pas ; comment pourrait-il être en grève ? Comment peut-il se considérer en grève ?
C’est très probablement la conséquence de la politique du tout-gratuit. En France, l’éducation est gratuite. Dans certaines régions, depuis quelques années, même les livres scolaires sont devenus gratuits, payés par les conseils régionaux.
Certains étudiants et lycéens ne perçoivent probablement même pas l’aspect ridicule des expressions « étudiant en grève » et « lycéen en grève ». Ils sont persuadés de travailler !
Etant donné que tout est gratuit, ils ne comprennent pas qu’ils ne « travaillent » pas ; ce sont les professeurs qui travaillent pour eux. Pour les instruire, les former, les aider à obtenir un diplôme. Normalement, ils devraient payer ; eux ou leurs parents. Ils devraient payer le salaire de ces enseignants, ils devraient payer la location et l’entretien des salles et du matériel d’instruction. Mais comme c’est l’argent des impôts qui finance çà à leur place, ils n’en ont même pas conscience.
D’ailleurs, pour renforcer encore ce sentiment, certaines collectivités locales ont même envisagé ou décidé de payer les élèves qui allaient en cours ! Le summum du ridicule, de la bêtise et de l’inversion des valeurs ; payer un élève pour qu’il aille à l’école !
Les étudiants et les lycéens en grève, c’est pourtant comme si l’Etat décidait que le pain et les brioches seraient désormais gratuits, c’est-dire que les boulangers seraient désormais payés directement par l’Etat avec l’argent des impôts, et que les clients décidaient de faire grève, et de ne pas aller chercher quotidiennement leur pain et leur brioche gratuits !
La vérité, c’est donc que si les étudiants et les lycéens veulent se mettre « en grève », on s’en fout ! Et l’Etat devrait aussi s’en foutre complètement. Si ces jeunes gens décident de ne pas bénéficier de l’instruction que les contribuables leur financent, tant pis pour eux, ou tant mieux pour eux ; on s’en fout !
Il y a en revanche deux problèmes que posent ces « grévistes », et que l’Etat doit correctement traiter.
Le premier est le blocage des établissements et des examens. Parce que les « grévistes » ne veulent pas aller en cours, ni passer les épreuves des examens, mais ils empêchent aussi les autres élèves d’aller en cours, et empêchent par la force la tenue des examens. L’Etat doit assurer le bon déroulement des examens.
Le second est la prétention des « grévistes » à ne pas passer leurs examens, et à se voir attribuer une note de 10/20, ou de 14/20, aux épreuves qu’ils auraient manquées. Il y a quelques mois, ou quelques années, cette notation avait reçu le soutien de certains professeurs ; en gros, l’argumentation était que le fait de participer à des luttes sociales était formateur. Pour l’instant, le président de la république Emmanuel Macron a indiqué que le rôle de l’Etat n’était pas d’attribuer des diplômes en chocolat. Si ce type de notation était néanmoins mis en œuvre, il me paraîtrait indispensable qu’une information adéquate soit ultérieurement mise en place. Avant d’être charcuté par un chirurgien, j’aimerais savoir s’il a eu son diplôme de médecine grâce à ses études universitaires, ou grâce à sa participation à des luttes sociales. Je parle ici de l’information des Français moyens ; parce que les syndicalistes et les professeurs favorables à ce genre de notation, qui nous imposeront par idéologie des professeurs, des architectes, des médecins ayant obtenu leur diplôme grâce à leur participation à des luttes sociales, sauront eux très probablement soigneusement éviter ces diplômés. Un peu comme ces admirateurs de l’hôpital public qui se font opérer dans des cliniques privées, ces défenseurs de l’immigration massive qui évitent cette « richesse » et cette diversité culturelles en habitant dans des quartiers clôturés et sécurisés, et ces défenseurs acharnés de l’école publique qui inscrivent leurs enfants dans des établissements privés.

J’aime ma bagnole

Les utilisateurs de voiture sont souvent critiqués. Les voitures polluent et occupent beaucoup d’espace en ville ; il faudrait privilégier les transports en commun. Les détracteurs les plus virulents dénoncent ceux qui s’accrochent à leur sacro-sainte bagnole, symbole de puissance, de liberté.
En ce qui me concerne, depuis que je travaille, j’ai toujours habité en ville ; depuis que j’ai obtenu le permis de conduire, et disposé de l’argent nécessaire à son achat, j’ai toujours eu une voiture.
Ceci dit, j’en ai fait un usage très modéré. Sur les longs trajets, je préfère le train ; je le considère comme moins dangereux que ma conduite, et plus reposant ; il fait de surcroît perdre moins de temps, le trajet pouvant être utilisé à lire par exemple. Il est parfois difficile de se garer en ville ; lorsque les transports en commun sont efficaces et adaptés, je préfère donc les utiliser. A Paris et en région parisienne, en raison des difficultés de circulation et de parking, je préfère m’y rendre en train et utiliser les transports en commun, même si ceux-ci ne sont parfois ni très ragoûtants ni très confortables.
J’aurais donc pu réfléchir à la possibilité de me passer complètement de voiture, et ainsi réaliser quelques économies. C’est pourtant une éventualité que je n’ai jamais sérieusement envisagée.
Parce que je vis en France.
Parce qu’en France, la bagnole, c’est la liberté.
En France, des employés des trains, métros et bus, bénéficiant généralement d’un statut avantageux pour eux-mêmes et leur famille très élargie, ainsi que de la garantie de l’emploi à vie, ont en permanence sur les lèvres l’expression « service public » ; ils sont « le service public ». Assez curieusement, et c’est même normalement complètement contradictoire, ces gens considèrent qu’ils ont le droit, quand ils le veulent, de se mettre en grève et de priver leurs concitoyens de cet indispensable « service public ».
Cette période de grèves que connaît actuellement la France me rappelle qu’il ne faut surtout pas se débarrasser de sa voiture.
Car c’est dans ce genre de période que j’aime vraiment ma bagnole.
Parce que ma bagnole, c’est ma liberté de déplacement.
Parce qu’avec elle, je ne suis pas l’otage des grévistes.

Effondrement du UKIP

Des élections locales se tenaient en Angleterre jeudi 3 mai 2018, en vue de renouveler partiellement certains conseils locaux.

D’après la BBC, les résultats concernant les conseillers locaux élus sont les suivants.

Élus 2018

évolution

travaillistes

2350

+77

conservateurs

1332

-33

libéraux-démocrates

536

+75

verts

39

+8

UKIP

3

-123

Les résultats montrent une légère baisse des conservateurs, et une faible hausse des travaillistes et des libéraux-démocrates. Etant donné le caractère partiel du scrutin, il serait imprudent d’en tirer des enseignements généraux et péremptoires.

En revanche, avec 126 élus sortants, et seulement 3 élus, le UKIP confirme son effondrement. Il se traduit par une forte baisse des voix obtenues ; en certains endroits comme à Thurock, le UKIP a de surcroît été confronté à la défection de certains de ses conseillers locaux, qui se représentaient en tant que candidats dissidents. Ce scrutin local confirme la chute du UKIP des dernières élections législatives1 de 2017, où le UKIP avait obtenu 1,8% des voix (contre 12,6% aux élections précédentes de 2015).

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1- Voir chronique du 10 novembre 2017 : « Pari perdu pour Theresa May ».

Quelle coalition pour l’Italie ?

Les élections législatives italiennes se sont déroulées le 4 mars 2018 ; les électeurs ont renouvelé l’assemblée nationale et le sénat. Les résultats électoraux donnés dans cette chronique sont provisoires.

Trois blocs s’affrontaient : la coalition de gauche autour du parti démocrate ; la coalition de droite ; le M5S1 (mouvement 5 étoiles). Aucun de ces trois blocs n’a réussi à obtenir une majorité au parlement.

La chambre des députés comprend 630 membres.

La coalition de droite arrive en tête, avec 37% des voix et 265 sièges de députés, en forte progression (environ 140 sièges supplémentaires par rapport à l’élection précédente de 2013). Cette coalition est constituée de 4 partis : Forza Italia de Silvio Berlusconi (premier ministre de 1994 à 1995, de 2001 à 2006, et de 2008 à 2011), la ligue du Nord de Matteo Salvini (allié au parlement européeen au front national français), Frères d’Italie de Giorgia Meloni (mouvement créé en 2012, qui reprend la flamme tricolore du MSI) et l’UDC chrétienne-démocrate de Raffaele Fitto.

Depuis les années 1990, malgré des tiraillements constants, la droite italienne s’est unie sous la direction de Silvio Berlusconi, qui a voulu l’union de toutes les droites autour de Forza Italia, en refusant d’exclure de sa coalition des mouvements diabolisés sous l’étiquette d’« extrème-droite » ou de « populiste » ; il s’est ainsi associé à la ligue du Nord, d’abord régionaliste, puis qui s’est rapprochée du front national français ; il s’est aussi associé à l’alliance nationale (nouveau nom du MSI) de Gianfranco Fini. En 2009, est créé le peuple de la liberté (PdL), un parti politique fusionnant des anciens partis de droite, sous la direction de Silvio Berlusconi ; se dissolvent notamment dans ce parti Forza Italia, l’alliance nationale et l’action sociale d’Alessandra Mussolini ; en 2013, le PdL explose et Forza Italia renaît.

Aux élections de 2018, la droite s’est présentée unie, et est arrivée en tête ; mais le rapport de force à l’intérieur de la droite n’est désormais plus le même. Alors que Forza Italia en était le parti leader depuis une vingtaine d’années, c’est maintenant la ligue qui arrive en tête de la droite.

Voix

Sièges (majoritaire)

Sièges (proportionnelle)

Total sièges

Ligue du nord

17,34%

50

75

125

Forza Italia

13,98%

44

60

104

Frères d’Italie

4,37%

13

19

32

UDC

1,31%

4

0

4

Total coalition

37,00%

111

151

265

Le M5S arrive en deuxième position, derrière la coalition des droites, avec 32,68% des voix et 227 députés élus, en progression d’environ 115 sièges par rapport à 2013. Il devient le premier parti d’Italie. Le M5S a un positionnement politique assez mouvant ; plutôt classé à gauche, il est en revanche allié au parlement européen au UKIP, aux démocrates de Suède et aux Patriotes (députés français élus en 2014 sur la liste FN, et ayant quitté le FN avec Florian Philippot en 2017).

La coalition de gauche (qui était au pouvoir), avec 22,85% des voix et 122 députés, perd environ 220 députés par rapport à la précédente élection.

L’élection des sénateurs a donné des résultats similaires à celle des députés.

Les négociations sont actuellement en cours entre les trois blocs pour tenter de constituer un gouvernement.

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1- M5S : movimento 5 stelle.

Triomphe pour Viktor Orban

Les élections législatives en Hongrie du 8 avril 2018 ont permis le maintien au pouvoir de Viktor Orban, qui entame son quatrième mandat de premier ministre (son troisième consécutif).

La coalition Fidesz-KDNP du premier ministre sortant Viktor Orban progresse fortement par rapport aux précédentes élections de 20141, en obtenant 49,28% des voix ; elle obtient le même nombre de députés qu’en 2014 (133), soit les 2/3 des sièges, malgré sa progression en voix ; la coalition a en fait gagné 5 sièges à la proportionnelle grâce à sa progression, mais en a en même temps perdu 5 au scrutin majoritaire.

Le Jobbik, avec 19,06% des voix, baisse légèrement par rapport à 2014, mais, avec désormais 26 députés, gagne 3 sièges ; mais il parvient surtout à dépasser les socialistes, et passe ainsi de la troisième à la deuxième place.

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1- Voir chronique du 19 juin 2015 : « Election présidentielle polonaise ».

Comparaison des modes de scrutin allemand, italien et hongrois

Les modes de scrutin allemand, italien et hongrois pourraient être qualifiés à tort de scrutin mixte, combinant proportionnelle et scrutin majoritaire. C’est cependant inexact.

En Italie et en Hongrie, c’est effectivement le cas : une partie des députés est élue à la proportionnelle, et une partie au scrutin majoritaire. La répartition étant différente : en Italie1, il y a beaucoup plus de députés élus au scrutin proportionnel qu’au scrutin majoritaire ; en Hongrie2, il y a un tout petit peu plus de députés élus au scrutin majoritaire qu’au scrutin proportionnel.

En revanche, en Allemagne3, même si les électeurs ont deux voix, les partis ont in fine une représentation proportionnelle au Bundestag ; il est donc abusif de parler ici de scrutin mixte ; il s’agit d’un scrutin proportionnel avec un mode de désignation un peu particulier.

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1- Voir chronique du 25 avril 2018 : « Le mode de scrutin italien ».

2- Voir chronique du 26 avril 2018 : « Le mode de scrutin hongrois ».

3- Voir chronique du 19 décembre 2017 : « Le mode de scrutin allemand ».

Le mode de scrutin hongrois

Le 8 avril 2018, les Hongrois renouvelaient les 199 sièges de leur assemblée nationale, selon un mode de scrutin mixte.

106 députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour.

93 députés sont élus à la proportionnelle. Les modalités de l’attribution des sièges à la proportionnelle désavantagent légèrement les grands partis. En effet, pour l’attribution des sièges, on prend en compte les voix obtenues par les partis pour leur liste du scrutin proportionnel, auxquelles on ajoute les voix obtenues au scrutin uninominal qui n’ont pas été prises en compte pour l’attribution d’un siège ; c’est-à-dire, dans une circonscription, on prend en compte les voix des candidats non-élus ; en revanche, pour le candidat élu, on ne prend pas en compte toutes ses voix, on ne prend en compte que les voix qui étaient au-dessus du seuil qui a permis son élection.

Le mode de scrutin italien

Le 4 mars 2018, les Italiens renouvelaient leur assemblée nationale et leur sénat selon un nouveau mode de scrutin mixte, mélange de proportionnelle et de scrutin majoritaire.

L’assemblée nationale est composée de 630 députés. 232 sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour ; 398 sont élus à la proportionnelle, dont 12 par les Italiens résidant à l’étranger.

Le sénat est composé de 315 sénateurs. 116 sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour ; 199 sont élus à la proportionnelle, dont 6 par les Italiens résidant à l’étranger.

A ces 315 sénateurs élus, il faut ajouter des sénateurs à vie : tout d’abord les anciens présidents de la république ; à ce jour, seul le communiste Giorgio Napolitano, âgé de 93 ans, président de 2006 à 2015, est encore vivant pour bénéficier de ce statut. Ensuite 5 sénateurs à vie nommés par le président de la république pour leurs mérites éminents : ceux actuellement en fonction sont Mario Monti (commissaire européen de 1999 à 2004 ; premier ministre de 2011 à 2013), la neurobiologiste Elena Cattaneo, l’architecte Renzo Piano (notamment coupable d’avoir fait partie des architectes de l’horrible centre Pompidou à Paris), Carlo Rubbia (prix Nobel de physique en 1984) et Liliana Segre (rescapée du camp d’Auschwitz).

De la fermeture des tulipes

Découverte botanique ce mois-ci. Les tulipes se sont ouvertes. Et j’ai pu constater le soir que les tulipes se refermaient. Et ainsi de suite pendant les jours qui suivirent ; elles s’ouvraient le matin et se refermaient le soir quand le soleil faiblissait.

Je ne savais pas que les tulipes avaient ce comportement ; peut-être n’avais-je vu auparavant que d’autres fleurs qui, elles, restent ouvertes, comme les glaïeuls, les coquelicots ou les roses.

Il y a toujours quelque chose à découvrir dans son jardin au gré des saisons…..