Elections législatives aux Pays-Bas

Mercredi 15 mars 2017, les Néerlandais votaient pour leurs élections législatives.

Leurs 150 députés sont élus à la proportionnelle dans une circonscription nationale unique ; une liste doit obtenir au minimum 0,67% des voix pour obtenir des sièges.

Le gouvernement sortant était soutenu par une coalition droite-gauche composée du VVD (parti populaire libéral et démocrate) du premier ministre Mark Rutte et du PvdA (parti travailliste).

Ces deux partis baissent fortement. Le VVD passe de 26,5% (41 sièges) en 2012 à 21,29% (33 sièges). Quant au PvdA, il s’effondre de 24,8% en 2012 (38 sièges) à 5,70% (9 sièges).

Le PVV progresse, et arrive en deuxième position dans ce scrutin, avec 13,06% (20 sièges). Le PVV (parti pour la liberté) a été créé en 2006, en prolongement du « groupe Wilders », créé en septembre 2004 par Geert Wilders, alors député du VVD. Le PVV est membre du groupe ENL au parlement européen1. Il a obtenu 5,9% (9 sièges) aux législatives de 2006, progressé jusqu’à 15,4% (24 sièges) en 2010, puis baissé à 10,1% (15 sièges) en 2012. Aux élections européennes de 2009, il a culminé à 17%, puis obtenu 13,3% en 2014.

Le PVV était légèrement concurrencé cette année par le FvD (forum pour la démocratie), créé en 2016, notamment par l’essayiste Thierry Baudet, dont un des livres a été traduit en français (« Indispensables frontières ») ; le FvD obtient 1,78% des voix et 2 sièges.

La GL (gauche verte) progresse de 2,33% (4 sièges) en 2012 à 9,13% (14 sièges) en 2017.

Parmi les autres partis en lice ayant obtenu des élus, notons Denk qui obtient 2,06% des voix et 3 députés pour cette première participation aux élections législatives. Denk a été fondé en 2016 par d’anciens membres du parti travailliste, pour regrouper les Néerlandais d’origine étrangère.

Au total, les députés élus sont émiettés entre 13 partis.

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1- Voir chronique du 5 novembre 2016 : « Les droites nationales européennes dans les groupes parlementaires ».

Les droites nationales européennes dans les groupes parlementaires

 

Les partis de droite nationale se sont affiliés à différents groupes parlementaires au parlement européen. Cette fragmentation, essentiellement due à des rivalités et des chamailleries parfois stupides, conduit probablement à minorer l’influence de ces mouvements.

Le groupe ENL (Europe des Nations et des Libertés) comprend des députés européens des partis suivants :

  • AFD1 en Allemagne

  • FPO2 en Autriche

  • Vlaams Belang en Belgique flamande

  • Front national français

  • Ligue du Nord en Italie

  • PVV aux Pays-Bas

  • KNP en Pologne

  • et un député britannique élu avec l’étiquette UKIP, et un roumain élu sous l’étiquette du parti conservateur roumain, les deux ayant quitté leur parti d’origine.

Le groupe ELDD (Europe de la Liberté et de la Démocratie directe) comprend des députés européens des partis suivants :

  • UKIP3 au Royaume-Uni

  • M5S (Mouvement 5 étoiles) en Italie

  • AFD en Allemagne

  • Ordre et Justice en Lituanie

  • Korwin en Pologne

  • Parti des citoyens libres en république tchèque

  • Démocrates de Suède

  • et un député français ayant quitté le front national.

Par ailleurs, le PiS4, les Vrais Finlandais et le parti populaire danois, qui sont des partis pouvant être inclus dans la droite nationale, sont membres du groupe CRE (Conservateurs et Réformistes Européens), aux côtés notamment des conservateurs britanniques.

Le Fidesz5 (Hongrie) est membre du PPE (parti populaire européen), aux côtés notamment des LR français, de la CDU/CSU allemande et du Parti populaire espagnol.

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1- Voir chroniques du 20 mars 2016 : « Recomposition allemande ? » et du 20 septembre 2016 : « Camouflets pour la chancelière ».

2- Voir chroniques du 24 mai 2016 : « Election serrée en Autriche » et du 29 mai 2016 : « Forte poussée du FPO ».

3- Voir chroniques du 19 mai 2015 : « Elections britanniques » et du 9 mai 2016 : « Elections locales en Grande-Bretagne ».

4- Voir chroniques du 19 juin 2015 : « Election présidentielle polonaise » et du 10 décembre 2015 : « Elections législatives polonaises ».

5- Voir chronique du 19 juin 2015 : « Election présidentielle polonaise ».