La droite se maintient en Norvège

Le 11 septembre 2017, les Norvégiens étaient appelés aux urnes pour leurs élections législatives.

La gauche a progressé par rapport aux précédentes élections en 2013. Le premier parti du pays est certes en baisse : le parti travailliste passe de 30,8% en 2013 à 27,4% en 2017, et tombe de 55 à 49 députés. Mais les autres partis de l’opposition de gauche progressent : le parti du centre passe de 10 à 19 députés, le parti socialiste de gauche passe de 7 à 11 députés, et les communistes du parti Rouge, créé en 2007, entrent au parlement avec 2,4% des voix et 1 siège.

La coalition de droite au pouvoir, bien qu’en baisse de 8 sièges par rapport à la précédente élection, conserve la majorité absolue à 88 sièges sur 169, contre 81 sièges à l’opposition de gauche.

Chacun des partis de la coalition de droite est en légère baisse : le parti conservateur du premier ministre Madame Erna Solberg, le parti du progrès, le parti libéral et le parti populaire chrétien. En 2013 comme en 2017, le parti conservateur et le parti du progrès forment le gouvernement ; le parti libéral et le parti populaire chrétien soutiennent le gouvernement sans y participer.

Parti de droite nationale norvégien créé en 1973, le parti du progrès a obtenu entre 2% et 5% des voix entre 1973 et 1985. Aux élections législatives de 1989, il devient le 3ème parti norvégien, avec 13% des voix et 22 députés. Après une baisse aux législatives de 1993 (6,3% et 10 députés), il repart à la hausse en devenant le deuxième parti norvégien en 1997 (15,3% et 25 députés). Il repasse à la 3ème position en 2001 (14,6% et 26 sièges). Il culmine aux législatives de 2005 (22,1% et 38 députés) et 2009 (22,9% et 41 députés), se hissant à nouveau à la deuxième place lors de ces deux élections (l’assemblée norvégienne comptait 165 sièges de 1989 à 2005, et en compte 169 depuis 2005). En 2013 et 2017, le parti du progrès baisse : 16,3% et 29 députés en 2013 ; 15,2% et 27 députés en 2017 ; il est relégué en troisième position par la montée du parti conservateur. Mais ce recul est compensé par l’entrée du parti du progrès dans la coalition de droite, et au gouvernement en 2013 ; le parti du progrès se voit attribuer en 2013 sept ministères sur 18, dont le ministère des finances (Madame Siv Jensen) et celui de la justice ; fin 2015, le gouvernement passe à 19 ministères, et le parti du progrès a désormais un huitième ministère, celui de l’immigration et de l’intégration. Ce nouveau ministère est attribué à Sylvi Lysthaug, ministre de l’agriculture dans le précédent gouvernement. Après les élections de septembre 2017, la répartition des ministères entre les partis reste identique.

Des communes sans racines

Comme Boischampré, certaines nouvelles communes ont tout effacé de l’histoire des anciennes communes, en se cantonnant à des noms géographiques sans âme (vallée, lac,…)

La commune de Val-en-Vignes, créée en 2017 dans les Deux-Sèvres, fait tellement dans l’originalité qu’elle prend quasiment le même nom que s’était donné en 2016 la nouvelle commune de Val-des-Vignes, en Charente.

Que penser du nom d’Eole-en-Beauce, qui efface et remplace en 2016 quelques communes d’Eure-et-Loir ?

Et Bourgvallées, dans la Manche ?

Et Entrelacs, en Savoie ?

Les-Premiers-Sapins, dans le Doubs ?

La palme du ridicule revient probablement en 2016 à Capavenir-Vosges. Capavenir-Vosges, c’est un nom de commune ? On dirait le nom d’un contrat d’assurance-vie d’une banque régionale ou d’un magasin d’électroménager des années 60 ! D’autres, comme les conseillers municipaux FN de Thaon-les-Vosges (une des communes fusionnées), y voient1 « un nom de centre commercial sans âme qui nous fait perdre notre identité ». Il est probable que ceux qui ont choisi ce nom ringard et sans âme pensaient probablement être à la pointe de la modernité……

Où sont donc passées la fierté, l’estime de soi de ces villageois qui acceptent sans broncher que disparaissent les noms de leurs communes, héritage de dizaines de générations de paysans et d’artisans, remplacés par des noms qui évoquent des marques de lessive ou de yaourt, voire des noms de compagnies d’assurance ?

.

1- Tribune libre dans le bulletin municipal de Capavenir-Vosges d’avril 2016.

Déchristianisation toponymique

Ces dernières années, beaucoup de communes se sont regroupées en France, notamment sous la menace de sanctions financières de l’Etat.

Les noms des nouvelles communes sont parfois déconnectés de leur histoire et de leurs racines ; j’ai déjà évoqué la commune nouvelle de Boischampré1.

Mais une autre conséquence de ces regroupement, volontaire ou non, a aussi été la disparition de beaucoup de toponymes chrétiens.

Dans le tableau suivant, j’ai établi quelques statistiques à ce sujet. L’expression « communes regroupées » désigne les anciennes communes ; l’expression « communes nouvelles » désigne les communes obtenues par regroupement des anciennes. Ainsi, si l’on prend l’année 2015, 89 communes ont disparu (113 moins 24).

Années

2015

2016

2017

Total 2015-2017

Communes nouvelles

24

325

182

531

Communes regroupées

113

1111

576

1800

Nombre de noms de communes comportant une référence chrétienne supprimés

30

155

79

264

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom ne comporte pas de référence chrétienne

11

102

55

168

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

4

29

18

51

Nombre de nouvelles communes, qui regroupent des communes dont aucune n’avait un nom comportant une référence chrétienne, et dont le nom comporte une référence chrétienne

0

2

1

3

Si l’on examine l’année 2015, 24 communes regroupées ont été créées. Ces regroupements ont conduit à la disparition de 30 communes ayant un nom religieux, qui sont détaillées ci-après (pour chaque nouvelle commune, ne sont inscrites ensuite que les communes supprimées comportant une référence chrétienne).

La commune nouvelle de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-du-Genêt, de Saint-Philbert-en-Mauges et de Villedieu-la-Blouère.

La commune nouvelle de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Rousselin, de Sainte-Christine, de Saint-Georges-des-Gardes et de Saint-Lézin.

La commune nouvelle de Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de la Chapelle-Saint-Florent, de Saint-Florent-le-Vieil, de Saint-Laurent-de-la-Plaine et de Saint-Laurent-du-Mottay.

La commune nouvelle de Montrevault-sur-Èvre (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Pierre-Montlimart, de Saint-Quentin-en-Mauges, de Saint-Rémy-en-Mauges et de la Salle-et-Chapelle-Aubry.

La commune nouvelle d’Orée d’Anjou (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-la-Couperie, de Saint-Laurent-des-Autels et de Saint-Sauveur-de-Landemont.

La commune nouvelle de Sèvremoine (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-André-de-la-Marche, de Saint-Crespin-sur-Moine, de Saint-Germain-sur-Moine et de Saint-Macaire-en-Mauges.

La commune nouvelle de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) a fait disparaître les communes de Saint-Aubin-de-Luigné et de Saint-Lambert-du-Lattay.

La commune nouvelle de Boischampré (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Christophe-le-Jajolet et de Saint-Loyer-des-Champs.

La commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (Orne) a fait disparaître les communes de Saint-Cornier-des-Landes et de Saint-Jean-des-Bois.

La commune nouvelle de Vaugneray (Rhône) a fait disparaître la commune de Saint-Laurent-de-Vaux.

La commune nouvelle de Villeneuve-en-Perseigne (Sarthe) a fait disparaître la commune de Saint-Rigomer-des-Bois.

Vu le nombre de communes concernées en 2016 et 2017, il serait fastidieux d’en dresser ici une liste exhaustive (voir chiffres dans le tableau précédent).

Sur 3 ans, de 2015 à 2017, 264 communes au nom comportant une référence chrétienne ont disparu. Sur cette période, 168 nouvelles communes, qui regroupaient des communes dont au moins une avait un nom comportant une référence chrétienne, ont été créées avec un nom qui ne comporte pas de référence chrétienne.

Cette disparition de toponymes chrétiens n’est pas systématiquement voulue.

D’abord, le regroupement implique nécessairement des disparitions de communes et de toponymes.

Ensuite, le choix logique de désignation du nouveau nom impliquait parfois que la commune nouvelle ne comporte pas ce type de références.

Prenons l’exemple de Chemillé-en-Anjou, obtenue par le regroupement de 12 communes en 2015 ; en 2013, Chemillé avait déjà été fusionnée avec la commune de Melay. Le tableau ci-après donne la population des 13 communes.

Commune

Population (2013)

Chanzeaux

1177

La Chapelle-Rousselin

778

Chemillé

8822

Cossé-d’Anjou

430

La Jumellière

1419

Melay

1608

Neuvy-en-Mauges

802

Sainte-Christine

813

Saint-Georges-des-Gardes

1616

Saint-Lézin

777

La-Salle-de-Vihiers

1036

La Tourlandry

1344

Valanjou

2290

Au vu de la population de chaque commune initiale, il n’est pas illogique que la commune nouvelle s’appelle Chemillé.

Il y a en revanche des cas où, bien que toutes les communes comportaient une référence chrétienne, la commune nouvelle n’en comporte plus. Par exemple, en 2015, la création de la commune de Val-du-Layon (Maine-et-Loire) par regroupement de 2 communes : Saint-Aubin-de-Luigné et Saint-Lambert-du-Lattay. En 2016, dans le Lot, les communes de Saint-Cernin et Saint-Martin-de-Vers ont été regroupées sous le nom des-Pechs-du-Vers ; en Lozère, les communes de Saint-Andéol-de-Clerguemort et de Saint-Frézal-de-Ventalon ont été regroupées sous le nom de Ventalon-en-Cevennes ; toujours en Lozère, les communes de Saint-Julien-d’Arpaon et de Saint-Laurent-de-Trèves ont été regroupées sous le nom de Cans-et-Cevennes ; dans l’Yonne, les communes de Saint-Aubin-Château-Neuf et de Saint-Martin-sur-Ocre ont été regroupées sous le nom du-Val-d’Ocre.

Dans 3 rares cas cependant, la nouvelle commune a pris un nom comportant une référence chrétienne, alors que ce n’était le cas d’aucune commune initiale : il s’agit de Saint-Augustin (Pas-de-Calais) et de Saint-Martin-de-l’If (Seine-Maritime) créées en 2016, et de Saint-Martin-la-Pallu (Vienne) créée en 2017. Saint-Augustin a été créée par le regroupement de Clarques et de Rebecques ; son nom aurait été choisi en référence à l’abbaye Saint-Augustin, qui fut en activité du XIIème siècle jusqu’à la Révolution, et dont les possessions s’étendaient sur les deux communes.

.

1- Voir chronique du 10 juin 2015 : « Boischampré ».

Camus : le changement de peuple

J’ai lu le livre de Renaud Camus « Le changement de peuple », publié en 2013 (90 pages). Renaud Camus est souvent présenté comme « le théoricien du grand remplacement » ; il utilisa cette expression en 2010 dans des conférences, pour décrire le processus en cours dans certaines parties du pays, et publia un livre en 2011, « Le grand remplacement », qui regroupait ces allocutions.

N’ayant point lu ce livre, je pensais pouvoir faire l’économie de sa lecture, et trouver dans « Le changement de peuple » une version plus élaborée et définitive de la réflexion de Renaud Camus sur le sujet.

Mais ce fut une déception. Alors que j’attendais, excessivement sans doute, de ce livre plus tardif qu’il fût à la fois solidement et concrètement argumenté, on a malheureusement souvent l’impression de lire des généralités ne reposant sur aucun chiffre, ni fait. Le goût de l’auteur pour l’emploi de mots bizarres n’apporte de plus rien à la démonstration ; par exemple, l’utilisation de « nocence », qui semble être plus ou moins l’équivalent de « nuisance », ne contribue qu’à des digressions linguistiques plus ou moins fondées.

Il est néanmoins utile de lire ce livre pour avoir une vision de la pensée de Camus non-déformée par les lunettes filtrantes et colorées des médias dominants. Un certain nombre de notions et d’arguments y sont exposés, qui donnent matière à réflexion, que l’on y adhère, ou qu’ils soient plus discutables, comme la différence entre l’empire et la colonisation, ou comme son opposition à la politique nataliste qui se traduit presque par un malthusianisme forcené.

Enfin, le livre se termine par trois pages de mesures à prendre d’urgence pour lutter contre le grand remplacement.

Pour une charte des 5 refus

 

Comment clarifier les positions des mouvements européens classés comme « populistes » ou « d’extrême-droite » ?

Une première étape serait de définir quelques critères minimaux, en vue d’une alliance.

A ce titre, je propose une charte des 5 refus qui pourrait être signée par les mouvements européens de droite nationale :

  • refus du communisme

  • refus du national-socialisme

  • refus de l’islamisation

  • refus d’une immigration de peuplement en Europe

  • refus du fédéralisme européen

 

 

Mouvements populistes européens

 

Deux types de regroupements européens peuvent permettre d’établir une liste non-exhaustive des partis européens classables dans la catégorie « populiste », « extrême-droite » ou « droites nationales » : les groupes au parlement européens ; les partis européens, qui sont des regroupements de partis nationaux.

Les groupes parlementaires sont destinés à obtenir des moyens d’organisation pour les députés européens.

Les partis européens reçoivent des subventions de l’Union européenne.

 

 

 

 

La danse à Cogolin

Le site internet du nouvel observateur a publié le 3 octobre une tribune d’une certaine Aude Mathis, professeur de danse orientale: « Le maire FN de Cogolin a interdit mon numéro de danse orientale : écœurant et intolérant ».

 Allons donc voir du côté de Cogolin. Cogolin est une petite ville du Var de 11.000 habitants, entre Toulon et Fréjus, près de Sainte-Maxime.

Les résultats des élections cogolinoises du 23 mars 2014 étaient les suivants:

  • FN: 39%
  • divers droite:27%
  • divers gauche: 19%
  • UMP: 15%

Au second tour, la liste du Front national, conduite par Marc-Etienne Lansade, remporte l’élection avec 53% des voix.

 Le week-end des 6 et 7 septembre 2014, était organisée la fête traditionnelle de Cogolin, appelée la fête du Coq. Et la municipalité semble donc avoir préféré les fifres et les tambourins pour sa traditionnelle fête provençale, plutôt que les danses orientales.

 Aude Mathis semble avoir ruminé près d’un mois son article dénonçant cette attitude écœurante et intolérante. J’ai sorti mon mouchoir pour pleurer avec Aude; « cette nouvelle m’a dévastée pendant plusieurs jours », nous confie-t-elle. Mais il y a pire: « le plus dur a été de l’annoncer à mes élèves ». J’ai dû sortir là un autre mouchoir, car « elles ont toutes été choquées ».

Mais j’ai vite rangé mes mouchoirs. Les élèves en question sont quand même des adultes; on aurait peut-être pu créer une cellule d’aide psychologique, pour pousser le ridicule jusqu’au bout.

J’ai vite rangé mon mouchoir, car on est très vite entré dans le délire socialo-désirien. Admirez d’abord le passage suivant: « Elles ont vite fait le rapprochement entre danse orientale et idées frontistes.  Elles ont toutes été choquées et n’ont pas compris pourquoi on interdisait leur spectacle. » Je cite ce passage sans ajout, ni retrait: je vous laisse apprécier la contradiction que notre professeur ne semble pas avoir notée: d’abord ses élèves ont tout compris, puis elles n’ont rien compris.

 Je vous résume la suite: interdire des danses orientales, c’est « une forme de racisme », c’est « une atteinte à l’art », c’est une atteinte à la liberté des femmes, un « manque de tolérance, une démarche totalement antirépublicaine ». Et pour finir, les débilités des années 80: « le métissage des cultures et des hommes, c’est cela la richesse de la France »; « ce qui fait la force la France c’est bien son multiculturalisme ». Mais ce que n’a pas compris notre professeur, c’est que nous ne sommes plus dans les années 80; vous vous souvenez, c’est à cette époque qu’on devait répéter, sous peine de se retrouver exclu, que l’immigration est une chance pour la France, et qu’il n’y a pas d’insécurité, mais juste un sentiment d’insécurité,…. Je ne connais pas précisément Cogolin, mais il y a fort à parier que cette dame est en train de faciliter grandement la réélection du maire FN avec son délire multiculturaliste.

Dans le quotidien Présent du 10 octobre, le maire de Cogolin répond. « Il s’agit en effet de la programmation d’une fête locale, une fête provençale s’il en est, la fête du Coq, qui fait la part belle à Cogolin et à ses racines. Ainsi, je n’ai pas laissé programmer un spectacle de danse orientale, mais je n’aurais pas davantage laissé programmer de spectacle de danse bretonne, basque ou norvégienne. »

Et Aude Mathis ne va pas s’arrêter la; elle prévoit de continuer à faire campagne pour le FN en décembre. A la fin de sa tribune, elle espère qu’il y aura des danses africaines et orientales au spectacle de Noel, car toutes les cultures ont le droit d’y être représentées. Et bien non, Madame. Je ne sais pas ce que prévoit la municipalité de Cogolin pour Noel. Peut-être privilégiera-t-elle les santons et les tambourins bien provençaux. Peut-être associera-t-elle des étrangers, comme les chrétiens d’Irak ou de Syrie. Mais il y a une chose dont je suis sûr: je ne reconnais pas de DROIT à toutes les cultures étrangères d’être présentes dans les fêtes de France. Et je pense que les Cogolinois pensent probablement la même chose……