Camus : le changement de peuple

J’ai lu le livre de Renaud Camus « Le changement de peuple », publié en 2013 (90 pages). Renaud Camus est souvent présenté comme « le théoricien du grand remplacement » ; il utilisa cette expression en 2010 dans des conférences, pour décrire le processus en cours dans certaines parties du pays, et publia un livre en 2011, « Le grand remplacement », qui regroupait ces allocutions.

N’ayant point lu ce livre, je pensais pouvoir faire l’économie de sa lecture, et trouver dans « Le changement de peuple » une version plus élaborée et définitive de la réflexion de Renaud Camus sur le sujet.

Mais ce fut une déception. Alors que j’attendais, excessivement sans doute, de ce livre plus tardif qu’il fût à la fois solidement et concrètement argumenté, on a malheureusement souvent l’impression de lire des généralités ne reposant sur aucun chiffre, ni fait. Le goût de l’auteur pour l’emploi de mots bizarres n’apporte de plus rien à la démonstration ; par exemple, l’utilisation de « nocence », qui semble être plus ou moins l’équivalent de « nuisance », ne contribue qu’à des digressions linguistiques plus ou moins fondées.

Il est néanmoins utile de lire ce livre pour avoir une vision de la pensée de Camus non-déformée par les lunettes filtrantes et colorées des médias dominants. Un certain nombre de notions et d’arguments y sont exposés, qui donnent matière à réflexion, que l’on y adhère, ou qu’ils soient plus discutables, comme la différence entre l’empire et la colonisation, ou comme son opposition à la politique nataliste qui se traduit presque par un malthusianisme forcené.

Enfin, le livre se termine par trois pages de mesures à prendre d’urgence pour lutter contre le grand remplacement.

Finkielkraut : la seule exactitude

 

J’ai lu cet été « La seule exactitude », publié par Alain Finkielkraut en 2015, recueil de chroniques de 2013 à 2015. Ce livre se situe dans la continuité intellectuelle de son précédent ouvrage1, « L’identité malheureuse ». Ce dernier livre suscite et mérite autant d’intérêt que le précédent.

L’idée principale développée par Alain Finkielkraut dans « La seule exactitude », c’est que le système politico-médiatique français a un problème de synchronisation historique : il se croit dans les années 1930 et combat un ennemi nazi imaginaire, et il refuse de voir les menaces actuelles.

On peut seulement regretter trois points particuliers.

D’abord, une toute petite partie du livre est consacrée à Heidegger2 et Lévinas3. Pour un lecteur comme moi, qui n’est malheureusement pas un lecteur assidu de ces philosophes, il n’est pas aisé de comprendre la totalité de la pensée finkielkrautienne sur le sujet.

Ensuite, on peut regretter un emploi assez intense du mot « juif » dans les chroniques. L’auteur officiant sur RCJ (radio de la communauté juive), on lui pardonnera ce léger excès.

Enfin, l’attitude d’Alain Finkielkraut envers le front national demeure un mystère. Il écrit par exemple : « Au nom de l’universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale. Mais si les nations ne distinguaient pas leurs citoyens et ne leur réservaient pas certaines prérogatives, ce ne seraient plus des nations, ce seraient des galeries marchandes, des salles des pas perdus ou des aéroports ». Alain Finkielkraut s’exprime ici comme le front national. Mais il poursuit immédiatement ainsi : « Ce qui est grave et doit être dénoncé, c’est le fait de s’appuyer sur cette préférence pour refuser tout droit aux étrangers, comme le voudrait le parti de Marine Le Pen4 ». Ce qui est manifestement faux : sur quoi donc s’appuie-t-il pour écrire çà ? Il ne nous le dit pas.

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1- Voir chronique du 14 octobre 2015 : « Finkielkraut : l’identité malheureuse ».

2- Martin Heidegger (1889-1976) : philosophe allemand.

3- Emmanuel Lévinas (1906-1995) : philosophe d’origine lituanienne, naturalisé français en 1930.

4- Marine Le Pen : présidente du front national.

 

Despot : Oskar et les minarets

 

J’ai lu cet été « Oskar et les minarets », publié en 2010 par Slobodan Despot.

Oskar, c’est Oskar Freysinger.

Oskar Freysinger a notamment été très actif dans le lancement du référendum suisse demandant l’interdiction de la construction de nouveaux minarets.

Ce livre, s’il part de ce référendum, nous décrit néanmoins plus largement la personnalité et les combats politiques d’Oskar Freysinger. Le titre constitue donc un peu une publicité mensongère pour ceux qui chercheraient un récit ou une analyse fouillée de la campagne référendaire sur les minarets, mais constitue un éclairage très intéressant pour découvrir cette personnalité de la vie politique suisse.

Après une jeunesse légèrement à gauche, Oskar Freysinger est élu conseiller communal sous l’étiquette démocrate-chrétienne. Il passe ensuite à l’UDC1.

Professeur de langue, son implication dans la vie politique commence avec son opposition à une réforme de l’enseignement (E-2000). « E-2000 incorporait les thèses marxistes exportées par l’URSS via l’UNESCO dès les années 70 : la famille doit être abolie, ou en tout cas marginalisée ; l’influence des parents, qui empêchent par leurs valeurs « réactionnaires » l’élaboration d’un monde nouveau globalisé, doit être contenue et sapée ; l’enfant doit être au centre du système ; au nom de l’égalitarisme, les devoirs à domicile doivent être abolis ; le savoir brut est suspect, « fasciste », on lui préfère les « savoir-être » et la socialisation ; les profs sont collectivisés et intégrés à des groupes contraignants qui les contrôlent ; l’enracinement émotionnel, historique et géographique est un mal, on veut créer des générations globalisées, dépourvues d’attaches ».

Son arrivée à l’UDC lui vaut la haine du système. Exemple de ce sectarisme : Oskar Freysinger a participé à un concours de poésie ; les textes déposés devaient être anonymes. Et il a gagné le concours. Le jour de la remise du prix, la troupe de théâtre subventionnée refuse de lire le morceau primé. Freysinger demande : « Quelle est leur vision du monde s’ils n’arrivent pas à accepter un homme qui ne pense pas comme eux ? Au nom de la tolérance, ces gens pratiquent l’intolérance la plus étroite. A nous la peur si on leur confiait un jour le pouvoir sur autrui…. La liberté artistique qu’ils invoquent à tout bout de champ est l’instrument de leur répression envers ceux qui ne dansent pas sur la même musique. Et l’Etat subventionne cette censure ».

La nécessité de faire interdire la construction de nouveaux minarets découle pour lui de la fonction du minaret : « Chaque lieu d’où est visible un minaret et chaque région que l’on voit depuis un minaret doivent devenir islamiques. Face à cette revendication, on comprend que cet édifice fréquemment sous-estimé par les Européens joue un rôle bien plus important que celui qu’on lui prête communément ». D’après lui, l’attitude de l’Union européenne envers la Suisse après le référendum sur les minarets s’explique certes par le résultat du référendum, mais aussi par le fait que l’Europe ne veut surtout pas consulter ses citoyens sur ces sujets : « Par son exemple, la Suisse met en évidence les lacunes du système qui l’entoure, un système qui se légitime par l’invocation de la démocratie, mais se garde bien de la mettre en pratique. C’est un système d’ingénierie sociale, calqué sur le modèle marxiste : la création d’un homme nouveau, sans racine, sous la houlette d’une avant-garde « éclairée » qui ne rend des comptes qu’à elle-même. Des êtres sans attaches, des « citoyens du monde » sont bien plus faciles à manipuler, déplacer, remplacer et jeter que des citoyens ancrés dans une tradition et une terre pétrie d’histoire ».

Deux analyses de Freysinger pour terminer. D’abord sur l’incompatibilité entre les conceptions juridiques et morales islamiques et chrétiennes. « Dans l’islam, la morale se fonde sur la loi alors que dans notre conception du droit, la loi se fonde sur la morale. Un exemple pour illustrer ce propos : chez nous, un principe moral décrète qu’il est mal de tuer. Cependant, la loi résultant de ce principe moral doit prendre en considération qu’en cas de légitime défense il peut arriver qu’un humain en tue un autre sans être puni par la suite. Il est toujours mal de tuer, mais le législateur admet une légitimité dans certains cas d’urgence. Il en est tout autrement dans l’islam. La charia prescrit en effet précisément quand, dans quelles conditions et comment exactement certaines personnes peuvent être tuées ou non. La morale exige simplement que ce catalogue soit respecté ; à l’inverse, il est immoral de ne pas respecter ce catalogue. La morale est déduite de la norme légale, intervient donc après la loi, ce qui est d’ailleurs logique dans la conception de l’islam, puisque la loi est divine et non créée et vaut donc une fois pour toutes ».

Enfin, sur l’antisémitisme et la haine d’Israël qui se renforcent à gauche : « La haine incroyable dont on accable l’Etat d’Israël dépasse largement ses méfaits réels. Aux yeux de la gauche européenne, le juif n’est acceptable qu’en tant que victime. Une victime qu’on célèbre par des exercices de contrition qui servent à établir le règne de la culpabilité sur la société occidentale. Le juif fort et debout vient brouiller cette image. Il est non seulement inutile mais encore contreproductif dans ce dessein. Lui, l’éternel apatride, a osé s’ancrer dans un territoire, créer une armée, des frontières. Le nomade qui se sédentarise : un cauchemar pour l’idéologie mondialiste qui cherche, elle, à nomadiser les sédentaires ».

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1- Voir chronique du 20 décembre 2015: « élections fédérales suisses »

 

 

 

Riocreux : la langue des médias

 

J’ai lu ce mois-ci le livre d’Ingrid Riocreux, « la langue des médias », ouvrage de 300 pages publié cette année.

L’auteur démonte les mécanismes de manipulation utilisés par les journalistes, en précisant que ceux-ci n’ont pas forcément conscience de leurs manipulations ; ils manipulent parfois pour la bonne cause, mais parfois aussi sans s’en rendre compte, confondant leurs préjugés et leur orientation idéologique avec la réalité, l’utilisation d’un vocabulaire dévoyé et biaisé permettant de fausser la réalité.

Pour l’auteur, cette présentation biaisée de la réalité n’est pour autant pas le résultat d’un complot, ni d’une censure appliquée par un organisme ni une organisation. C’est au contraire chacun des journalistes qui s’applique une autocensure, quelles qu’en soient les motivations ou les modalités : protection de sa carrière, souci d’être dans le camp des gentils et dans le sens de l’histoire, conformisme social, motivations idéologiques, volonté de protéger ses lecteurs, ses auditeurs ou ses téléspectateurs contre la tentation de « mal penser ».

Un livre intéressant et utile, appuyé sur des exemples précisément et sérieusement référencés, qui participe à l’entreprise de description et d’analyse de notre société.

 

 

Billot : l’affaire Vanneste

 

Je viens de lire « l’affaire Vanneste », livre de François Billot de 180 petites pages, publié en 2008.

Ce livre souffre d’au minimum trois défauts.

Tout d’abord, tout le monde ne connaît pas forcément Christian Vanneste, ni son action politique. L’auteur veut donc nous présenter cet admirable député. Néanmoins, se faire rappeler, quasiment à chaque trois pages, le caractère exceptionnel de Christian Vanneste, de son action parlementaire, ses talents de philosophe, l’admiration dont il jouit dans sa circonscription, çà devient vite un tout petit peu agaçant.

Ensuite, le livre a été publié en 2008, soit après la condamnation en appel de Vanneste, mais avant l’arrêt de la Cour de Cassation. Il serait utile que l’auteur publie une édition augmentée, prenant en compte les développements postérieurs à 2008.

Enfin, l’auteur paraît victime de la « technique du salami ». Il ne dénonce que les condamnations pour « homophobie », sans les mettre dans la continuité de la répression effectuée sous prétexte de racisme, voire même en légitimant la législation « antiraciste ».

Ceci dit, venons-en précisément au contenu du livre.

Il commence avec l’affaire Nouchet. Le 16 janvier 2004, à Noeux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, Sébastien Nouchet est trouvé dans le coma, gravement brûlé. L’enquête montre que Sébastien Nouchet, homosexuel, a tenté 19 fois de se suicider, et qu’il a été accusé de plusieurs départs de feu dans l’immeuble dans lequel il résidait précédemment, dans une autre ville. En l’absence de tout élément de preuve, la personne accusée de l’agression, emprisonnée plusieurs mois, est relaxée en 2006.

En s’appuyant sur une campagne médiatique menée par les lobbys homosexuels qui exploitent cette trouble affaire, le président Chirac récupère ce fait divers pour accélérer la création de la HALDE1 et créer le délit d’« homophobie ». L’auteur explique que la HALDE doit « devenir une sorte de tribunal, sans que l’accusé, pourtant, puisse bénéficier des droits complets de la défense ». Le livre expose les arguments présentés par Christian Vanneste contre l’adoption de ces mesures.

Le livre s’attache enfin à exposer les ennuis judiciaires de Christian Vanneste, poursuivi pour avoir déclaré que l’homosexualité était un comportement inférieur à l’hétérosexualité. Le 24 janvier 2006, le tribunal correctionnel de Lille condamne Christian Vanneste. Jugement confirmé, et peine aggravée par la Cour d’appel de Douai le 25 janvier 2007. Le tribunal indique notamment que le propos de Christian Vanneste était « dans une réponse destinée à être insérée dans un organe de presse s’adressant à un large public qui ne permettait pas de découvrir les fondements et les nuances de la pensée de Christian Vanneste, agrégé de philosophie et qui s’exprimait en tant qu’homme politique ». Situation « surprenante » pour l’auteur, qui indique : « Ce qu’écrit la Cour a quelque chose de terrifiant. En effet, s’il n’a pas été possible aux lecteurs des journaux ayant bénéficié d’une interview du député de « découvrir les fondements et les nuances de la pensée » de celui-ci, c’est bien parce que les propos du député ont été … censurés par les journalistes ». Etrange motif de condamnation, effectivement….

En conclusion, un livre intéressant et utile, dont je recommande la lecture, pour avoir les éléments principaux sur la chronologie et les argumentations de la création de la HALDE et du procès Vanneste.

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1- HALDE : Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité

 

 

 

Géographie de la fainéantise

Je lisais il y a peu un petit guide sur les archives notariales. Sujet passionnant, qui permet de s’immerger dans les actes importants de nos ancêtres (mariages, successions, impôts, baux agricoles,…..). Passionnant, à condition néanmoins que le livre ne soit ni trop long, ni trop technique, ni trop touffu…

Mais, maintenant que je vous ai impressionnés par l’énoncé de mes lectures sérieuses et passionnantes, venons-en au fait.

J’ai pu y lire le rappel de certaines unités de mesures de la France d’antan, certaines que je connaissais plus ou moins, d’autres pas : l’arpent, l’ouvrée, la seytive, la vergée…. Tout un folklore antérieur à l’adoption du système métrique.

Une des unités de surface que j’ai notée est le journal. Le journal était la superficie qu’un homme pouvait labourer en une journée. Comme les autres unités de mesure de cette époque, sa valeur variait d’une province à l’autre, voire d’une commune à l’autre.

Voilà un passionnant sujet d’études et de statistiques possible. Dans quelle partie du pays le journal était le plus ou le moins important ? J’espère qu’un historien étudiera çà un jour. Car çà montrera à quel endroit un homme travaillait le plus ou le moins de surface dans la journée. Cà permettra peut-être de montrer que les gens du Nord n’étaient peut-être pas plus travailleurs que ceux du Sud. Ou de confirmer que les Méridionaux sont décidément de grosses feignasses.

Jean Raspail: le camp des saints

 

Celà fait plus d’un quart de siècle que j’avais lu « le camp des saints » de Jean Raspail. Je l’ai relu cet été, précédé de la préface de l’édition de 2011, intitulée « Big other ».

Un livre encore plus noir et pessimiste que le souvenir qui en était resté dans ma mémoire. Le scénario est simple. Un matin, « ils » débarquent. Pacifiquement. Et l’Occident ne fait rien et disparaît. Les 300 pages du livres décrivent le trajet de la flotte, et la réaction occidentale, à la recherche de l’explication.

Le narrateur ne trouvera pas « une » explication factuelle précise. Mais tous les éléments possibles d’explication convergent vers l’évidence: l’Occident se hait lui-même, se croit coupable et redevable envers tous les autres, et n’ose pas tuer pour se défendre.

Ce qui est remarquable, c’est que le livre de fiction politique est toujours très « parlant » pour le lecteur de 2015. Des noms actuels viennent spontanément pour tous ces ministres couchés devant les médias dominants. Des noms actuels viennent à la pelle pour les animateurs et journalistes du roman; on imagine sans problème des noms d’aujourd’hui pour ces donneurs de leçon, intimant d’accueillir généreusement les étrangers, et qui finiront égorgés dans un fossé alors qu’ils tentaient de partir en Suisse avec leur argent à l’arrivée des sympathiques étrangers.

Quelles réflexions particulières peut nous suggérer une lecture du livre 40 ans après sa publication?

D’abord un clin d’oeil aux dons prémonitoires de Jean Raspail en matière de papauté, qui apparaissent pour le lecteur de 2015. Ecrit sous le règne du pape Paul VI, le roman décrit les errances du pape Benoît XVI, qui vient du Brésil. Ce qui peut évidemment faire sourire le lecteur de 2015, dont les deux derniers papes sont Benoît XVI, et François Ier qui vient d’Argentine. Jean Raspail précise dans l’édition de 2011, qu’il n’a pas changé une virgule du roman de 1973, et que Benoît XVI n’est qu’un pape de fiction, qui ne saurait être confondu avec le pape réel Benoît XVI. Je ne sais pas si Jean Raspail a effectué un quelconque commentaire sur son pape brésilien de fiction, qui ne saurait être confondu avec le pape argentin réel, mais il m’intéresserait beaucoup; car j’avoue avoir pensé à notre pape actuel François Ier à Lampedusa, nous demandant d’accueillir tout le monde, en lisant les actions du pape fictif.

Ensuite, une réflexion sur l’augmentation de la menace de l’islam. Les envahisseurs du roman viennent du Gange, et ne sont pas musulmans. Aujourd’hui, tout lecteur du roman ne voit pas réellement des Indiens, mais pense tout naturellement à des musulmans. Jean Raspail reconnaît d’ailleurs, dans sa préface de 2011, qu’il avait manqué de clairvoyance en 1973, en n’anticipant pas la puissance de l’islam.

Ensuite, la perception de la menace. Le lecteur de 2015 a certes la crainte d’une venue massive d’étrangers arrivant de l’extérieur. Mais il craint peut-être plus encore la menace des égorgeurs déjà installés en France. Certes, le roman n’oublie pas cette menace de l’intérieur; ce sont d’ailleurs les immigrés déjà installés qui commettent les crimes les plus sanguinolents. Mais ces ennemis de l’intérieur n’agissent dans le roman qu’en conséquence de l’arrivée massive nouvelle. Jean Raspail relativise néanmoins cette remarque dans sa préface à l’édition de 2011, puisqu’il y explique que son roman est une allégorie, et que ce qu’il décrit dans le roman comme une arrivée massive en une journée, s’effectue dans la réalité dans le long terme.

Ensuite, la réalité de la menace. Depuis 1973, l’immigration s’est poursuivie; et l’on compte en France davantage d’étrangers et de « Français de papier », grâce au droit du sol et aux naturalisations massives. Et l’islam continue de s’étendre dans notre pays.

Enfin, l’attitude des Français. Jean Raspail avait-il raison quant à l’attitude des Français en écrivant le livre? Partiellement sûrement, mais il a sans doute forcé la caricature. On pouvait par exemple espérer, et on peut toujours espérer aujourd’hui une réaction plus virile de l’armée que celle décrite dans le roman. Quant à la réaction populaire, elle a sûrement évolué grandement. Certes, nous sommes toujours gavés par la presse dominante de la propagande immigrationniste et repentante. Mais les Français sont sans doute davantage conscients de la menace, et sans doute plus désireux de lutter contre qu’en 1973. Le front national était à 0,74% en 1974; il est maintenant entre 25 et 30%. Quoi qu’on pense de ce parti, on peut considérer que l’augmentation de son électorat est un indicateur du rejet de la politique immigrationniste et de la hausse de l’affirmation nationale des Français.

En conclusion, un livre à lire ou relire absolument, en réfléchissant justement aux évolutions de ces 40 dernières années.

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public: pour adultes