Naturalisations en Suisse

Le 12 février 2017, les Suisses avaient à se prononcer sur trois textes. L’un d’eux visait à faciliter la naturalisation des « étrangers de la troisième génération » et des enfants apatrides. Cette mesure a été approuvée à une très large majorité (60,4%).

Ce référendum constitue une défaite nette pour la droite nationale suisse, qui tranche avec des référendums antérieurs soit hostiles à l’immigration, soit favorables, mais avec un résultat nettement plus serré.

Pas d’augmentation des retraites en Suisse

 

3 référendums étaient organisés en Suisse le 25 septembre 2016.

Votation 605 : « Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources (économie verte) ». Elle a été rejetée par 63,6% des électeurs. La proposition demandait notamment d’insérer dans la constitution suisse l’article suivant : « L’empreinte  écologique de la Suisse est réduite d’ici à 2050 de manière à ce que, extrapolée à la population mondiale, elle ne dépasse pas un équivalent planète ». La traduction de cet article dans un langage compréhensible semble être que la Suisse aurait dû réduire de 66% sa consommation de matières premières d’ici 2050, si cet article avait été adopté.

Votation 606 : « Pour une AVS forte ». La proposition demandait une augmentation de l’AVS (Assurance Vieillesse et Survivants), par l’inscription de l’article suivant dans la constitution : « Les bénéficiaires d’une rente de vieillesse ont droit à un supplément de 10 % sur leur rente ». Cette hausse des retraites a été refusée par 59,4% des électeurs.

Votation 607 : La loi sur le renseignement, augmentant les possibilités d’écoute, a été approuvée par 65,5% des votants.

 

 

 

La revanche du mouton noir

 

Le 28 février 2016 étaient organisés 4 référendums en Suisse.

« Pas de spéculation sur les denrées alimentaires »:  la proposition (votation n°598) avait été déposée par les jeunes socialistes. La mesure a été rejetée par 59,9% des voix.

Une modification de la loi fédérale du 26 septembre 2014 sur la réfection du tunnel du Gothard était soumise à référendum (votation n°599); elle a été approuvée à 57% des voix.

 « Pour le couple et la famille »: la proposition (votation n°596) avait été déposée par les chrétiens-démocrates. Elle a été rejetée par 50,8% des électeurs. La mesure a cependant obtenu la majorité dans une majorité de cantons: dans 15 cantons et 3 demi-cantons, cette proposition a été soutenue par les électeurs; dans 5 cantons et 3 demi-cantons, cette mesure a été rejetée, en particulier dans les deux cantons les plus peuplés du pays (Berne et Zürich). La proposition visait à mettre fin au fait que, dans certaines situations, les couples mariés paient plus d’impôts que les couples non-officiels, et à définir le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. La proposition visait à remplacer l’article 14 alinéa 2 de la constitution suisse par le texte suivant: « Le mariage est l’union durable et réglementée par la loi d’un homme et d’une femme. Au point de vue fiscal, le mariage constitue une communauté économique. Il ne peut pas être pénalisé par rapport à d’autres modes de vie, notamment en matière d’impôts et d’assurances sociales. »

« Pour le renvoi effectif des criminels étrangers »: la proposition (votation n°597) avait été déposée par l’UDC1. Elle a été très nettement rejetée par les électeurs, qui ont voté « non » à 58,9%.

Cette élection venait en complément de la votation n°552 (« pour le renvoi des étrangers criminels »), approuvée à 52,3% par les électeurs suisses le 28 novembre 2010. Cette votation avait été aussi organisée à l’initiative de l’UDC. L’UDC a déposé cette nouvelle proposition en 2016 car, après le vote positif de 2010, le parlement suisse avait édulcoré les mesures adoptées par le peuple.

Mais ce nouveau référendum n’a pas obtenu l’approbation des électeurs. Soit parce que les Suisses ont estimé que les mesures proposées étaient trop automatiques, ou trop systématiques. Soit parce que la propagande parfois mensongère contre cette proposition a réussi à intoxiquer les électeurs, par exemple en faisant croire qu’un étranger coupable de deux excès de vitesse serait automatiquement expulsé, de même qu’un enfant étranger qui vole une pomme dans le jardin du voisin, alors que ces faits ne figuraient pas dans le catalogue des délits concernés.

Pour les deux référendums sur le renvoi des criminels étrangers (2010 et 2016), l’UDC avait utilisé, pour la campagne en faveur du « oui », une affiche montrant un mouton blanc, positionné sur le drapeau suisse, éjectant d’un coup des deux pattes arrière un mouton noir.

Dans les prochains référendums suisses, il sera intéressant d’observer les résultats de celui du 5 juin 2016, mis au vote sur proposition de l’UDC, sur une révision de la politique d’asile.

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1- Voir chronique du 20 décembre 2015: « élections fédérales suisses »